Photos © Fabrice Schiff

Par Benjamin Solly

Le Medef faisait sa rentrée à l’Hôtel Hilton avec une cérémonie de vœux très offensive du président départemental Bernard Fontanel, mardi 14 janvier 2014.  En point de mire : les annonces de François Hollande sur le « pacte de responsabilité » qu’il propose aux entreprises.

«  Vous pensez vraiment que Hollande trouvera une majorité à l’Assemblée pour faire passer son pacte de responsabilité », s’interroge, pas franchement dupe, Alain Berthaut. Dans l’escalier qui mène au salon privatif du Hilton, le directeur exécutif de l’UBS a entendu quelques minutes plus tôt le président de la République se dépatouiller comme il l’a pu face à la presse. Mais c’est moins sur les justifications concernant la vie privée du locataire de l’Elysée que sur l’annonce d’un pacte de responsabilité lors de ses vœux qu’était attendu le vigoureux corrézien. Après avoir donné début octobre un carton jaune à la politique économique du gouvernement, les syndicats patronaux, Medef compris, attendaient une feuille de route claire. « Un cap », comme le soulignera Bernard Fontanel dans son discours de vœux. Une intervention dans la veine de celle du patron national du syndicat, Pierre Gattaz, qui dit attendre des « clarifications » du président. D’autant que le ministre de l’Économie Pierre Moscovici est monté au créneau dès mercredi pour rassurer les syndicats et la gauche de la gauche, assurant que le pacte de responsabilité n’avait pas été négocié en amont avec le Medef. Ça promet…

1. Jean-François Carenco, Préfet du Rhône, Philippe Cochet, député-maire de Caluire, Gérard Collomb, sénateur maire de Lyon et Michel Forissier, président par intérim du Conseil général du Rhône

Si, chez certains, l’entreprise demeure une réalité toxique, c’est exactement le contraire entre Saône et Rhône. L’entreprise fédère les politiques, peu importe leur port d’attache. A telle enseigne que Gérard Collomb, le secrétaire départemental de l’UMP Michel Forissier et le président Philippe Cochet se prêteront de bonne grâce au jeu de la photo. Affublé d’un pansement sur la joue, la maire de Meyzieu tente de faire bonne figure. « Julie Gayet n’a rien à voir là-dedans », confirme malicieux son directeur de cabinet Grégory Morel à l’évocation de la légère intervention subie par son patron.  Une ambiance décontractée à laquelle concoure allègrement le sénateur-maire de Lyon. «  Je n’ai pas entendu Hollande mais d’après ce qu’on m’a rapporté, je vais finir pas ne plus être si isolé », nous glisse-t-il tout sourire, rebondissant sur le virage social-démocrate entrepris par le chef de l’Etat. L’édile lyonnais se laissera même aller à une poignée de main avec Erick Roux de Bézieux. Le boss de Syntagme n’hésitera pourtant pas twitter une formule de Bernard Fontanel selon lequel « les discours tenus à Paris sont souvent très différents de ceux tenus à Lyon. » Michel Havard appréciera, Gérard Collomb beaucoup moins. Retors le Erick !

6. Bernard Fontanel, président du Medef Lyon

Devant les centaines de personnes présentes, le patron du Medef du Rhône n’hésite pas à porter le fer.  « La confiance n’est pas restaurée, le taire serait une faute, le dénoncer un devoir », tonne-t-il, sous l’œil circonspect du préfet Carenco, auto-estampillé « leader de l’anti-France bashing » depuis son passage sur les ondes de Lyon 1e. Le crédit impôt compétitivité, qui vise à diminuer  le coût du travail des salariés rémunérés jusqu’à 2,5 fois le Smic, est « mal ciblé », selon Fontanel.  Quant au pacte de responsabilité, premier avatar du virage social-démocrate de François Hollande, il doit tourner autour de « quatre réformes clés. » « Il faut engager les conditions de la compétitivité en diminuant le coût du travail ; il faut baisser les dépenses publiques à travers les réformes structurelles indispensables ; il faut réconcilier l’entreprise, l’économie et la société à travers des discours fédérateurs ; il faut poser un cap et un plan de route. » Et de conclure : « le redressement du pays se fera avec nous et ne se fera pas. »

42. Benoit Soury (La Vie Claire), Blandine Vignon (CCI Lyon) et Vincent Rocken (Le Progrès)

Tonnerre d’applaudissements  pour celui qui aura passé 6 ans à la tête du Medef du Rhône. En effet, Bernard Fontanel arrive en fin de mandat mais conservera son poste jusqu’au 15 juin, le temps de laisser aux candidats à la succession le temps de se mettre en place. Le directeur général de la Vie Claire, Benoit Soury, tient la corde. En attendant, le patron du Medef du Rhône présidera le 8 avril prochain le Printemps des Entrepreneurs qui se déroulera autour du triptyque « Oser, partager, rebondir. »

La projection diapos, c’est maintenant !




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