Par Marc Engelhard

Des adieux mais pas un au revoir. Plus de 200 personnalités ont accompagné le général Philippe Loiacono le temps d’une cérémonie empreinte d’émotion.

Le rituel est immuable sous les dorures de l’Hôtel Vitta, avenue Foch à Lyon 6. Tous les trois ans, Lyon raccompagne son gouverneur militaire au terminus de sa carrière avant d’accueillir le nouveau (sa nomination sera effective avant le défilé du 14 juillet). Les deux dernières vacations ont eu une saveur particulière en raison de la personnalité des officiers généraux en question.

Lyon avait beaucoup aimé Pierre Chavancy, reconverti dans le civil chez Michelin ; Lyon a adoré Philippe Loiacono. Débarqué en 2018, le général originaire de Castres – où il a enfilé sa première tenue kaki en 1980 – a durablement marqué les esprits et les cœurs. « Un général étonnant et détonnant » qui, en 40 ans de carrière, s’est illustré sur tous les théâtres d’opération où la France était engagée.

« Le soldat du soleil »

Présent à Lyon pour cette journée particulière, le plus haut gradé de l’armée de terre ne s’y est pas trompé : « Rassemblés en cette fin d’après-midi alors que le jour commence lentement à décroître, nous nous apprêtons à dire au revoir à un soldat du soleil. Malgré l’émotion qui étreint nos cœurs de voir un officier de votre trempe quitter le service actif, cet ordre du jour ne sera pas triste. Il ne peut pas être triste car comme toujours, mon général, en dépit de votre silence, même figé au garde à vous, votre enthousiasme demeure communicatif. » annonce Thierry Burkhard, chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT).

Le général Burkhard a rappelé également l’engagement du général Philippe Loiacono ces 3 dernières années à Lyon, où il avait été nommé le 1er juillet 2018 en tant que gouverneur militaire de Lyon, officier général de zone de défense et de sécurité Sud-Est (OGZDS) et commandant de zone Terre Sud-Est  : « vous n’avez eu de cesse de contribuer à protéger les Lyonnais, les habitants de la région Auvergne-Rhône-Alpes contre la dangerosité du quotidien, en vous souciant en permanence de l’efficacité optimale des dispositifs Sentinelle et Résilience. »

« Par votre action, également mémorielle, le lien entre les Armées et la Nation s’est particulièrement renforcé »

Des propos applaudis par les nombreuses personnalités présentes, au premier rang desquelles le maire honoraire de Lyon Gérard Collomb, le procureur de la République Nicolas Jacquet, l’industriel Alain Mérieux et le préfet de Région Pascal Mailhos : « J’ai rencontré de nombreux officiers généraux au cours de ma carrière. Il m’a fallu arriver à Lyon pour trouver à la fois un très grand chef, et un ami ».

Dans ses remerciements, le général « bad boy » comme il se définit lui-même, a assuré ne rien regretter de ses « 41 années de plénitude, de sérénité et parfois de boule au ventre ». Une carrière marquée au sceau du triptyque « Engagement – jeunesse – confiance » qu’il a longuement décliné avant de rendre hommage à ses parents présents dans l’assistance, à son premier adjudant-chef Troadec, au garde à vous lui aussi et bien entendu à son épouse Evelyne : « Tu devais aimer les bad boys. Tu es ma boussole et mon roc ! »

« Être et avoir été s’impose »

Hyperactif, le général Philippe Loiacono ne compte pas rester vautré dans son canapé. Il a choisi de planter sa tente à Lyon et d’intégrer le groupe Vicat, dirigé par la famille Sidos. Le cimentier français lui a déjà confié une mission d’analyse et de supervision dans sa plus grande usine de… Mauritanie ! Son paquetage est déjà prêt pour une seconde carrière en béton ! A très vite, mon général !

Merci aux accompagnateurs d’avoir ôté leur masque le temps d’une photo souvenir.

 Jeudi 27 mai 2021
Hôtel du Gouverneur