L'ambassade de Chine en Islande a protesté contre la chanteuse islandaise, qui a dédié une chanson à l'indépendance du Tibet lors d'un concert, dimanche, à Shanghai, a-t-on appris jeudi auprès de l'ambassade.

 

Madame Björk a suscité "un fort ressentiment de la part du public en Chine", affirme sans rire l'ambassade dans un communiqué. A Shanghai, la chanteuse islandaise avait terminé son concert par "Declare Independance", une chanson dédiée à l'origine au Groenland et aux Iles-Féroé. Mais elle avait terminé sa prestation en scandant "Tibet, Tibet", selon la presse islandaise et le site YouTube qui diffuse la vidéo. "La Chine est un pays unifié avec de nombreux groupes ethniques et le Tibet a toujours été une partie inaliénable de la Chine depuis des temps anciens", ajoute le communiqué de l'ambassade, qui souligne que "pas un seul pays au monde ne reconnaît le Tibet comme pays indépendant". L'engagement de Björk pour le Tibet n'est pas nouveau. En 1996, elle avait participé à un concert à San Francisco. Le Dalaï lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains, qui a fui le Tibet en 1959 après l'échec d'un soulèvement anti-chinois, a abandonné ses revendications passées d'indépendance, se bornant à réclamer "une large autonomie" pour sauvegarder la langue, la culture et l'environnement de ce territoire himalayen. La Chine, qui a pris le contrôle du Tibet à partir de 1950 – avant d'y mener une sanglante répression – n'a cessé de rejeter ces demandes. Alors que l'ensemble des Occidentaux se couchent devant le régime communiste de Pékin, on ne peut que saluer le courage de la chanteuse islandaise.