Les 4 vérités de Gilles Buna

14 février, 2013 | DERNIERE MINUTE | 0 commentaires

Photo © Fabrice Schiff

Par Benjamin Solly

Exclusif. Les municipales de 2014, ses relations avec Gérard Collomb, son rapport avec les Verts et ses fameux 3000€/mois, l’adjoint à l’urbanisme de la Ville de Lyon livre ses vérités pour Lyon People.

Reconnaissable entre mille, Gilles Buna accompagnait encore Gérard Collomb jeudi 14 février 2013 pour l’inauguration du nouvel immeuble Milky Way situé cours Suchet à la Confluence. Toujours vêtu de son singulier trois pièces « chemise-pull-veste », l’adjoint à l’urbanisme jubile intérieurement lors du discours du sénateur-maire de Lyon. « La nature en ville, les questions énergétiques, c’est un peu grâce à moi que Collomb les porte aujourd’hui. » N’allez pas imaginer une forme de fatuité satisfaite dans le propos de l’écologiste. L’homme est à rebours de la morgue qui peut parfois caractériser certains de ses collègues de l’exécutif municipal. Son verbe est toujours simple, audible et souvent cruellement pince-sans-rire.

Si Collomb est réélu, Michel Le Faou remplacera Gilles Buna à l’urbanisme

L’information n’est pas un scoop. Non, Gilles Buna ne rempilera pas sur les listes de Gérard Collomb en 2014. « Je suis comme le pape, mon état de santé ne m’autorise pas à briguer un autre mandat », nous lance-t-il, drapé dans son humour délicieux. La décision est irrévocable, le choix est tranché. Gilles Buna n’a pas agi en reversant la table.  Sa succession, il l’a préparée. Minutieusement. « J’ai déjà préparé le terrain dans l’équipe de la Ville chargée de l’urbanisme et du développement urbain. » Michel Idé, son conseiller technique qui a vu défiler quatre maires, de Francisque à Gérard, a été remplacé par Anne Canova. Un choix estampillé Gilles Buna, qui désigne lui-même son successeur. « Michel Le Faou prendra ma suite. Il est calme et a une bonne connaissance technique des dossiers. » L’actuel président de la SACVL a en effet fait ses classes. « Il ne fera pas d’ombre à Collomb », ajoute-t-il. Mais Le Faou reste un second choix. « Collomb ne voulait pas que je parte », confie Buna. « Mais il prend tout le lit. »

« Je trouve Collomb trop agressif avec les Verts »

Aux raisons de santé s’ajoute donc une certaine forme d’épuisement. Buna est peut-être le seul à tenir tête au sénateur-maire de Lyon. Il faut reconnaître que leur trajectoire commune est singulière. « En montant une liste municipale d’union dès 1994, nous avons été les premiers à mettre en place la gauche plurielle. » La resucée nationale de Jospin verra le jour trois ans plus tard. Cette relation douce-amère a ses hauts et ses bas. L’aménagement territorial considéré à travers le prisme de l’écologie urbaine est imputable à Buna. L’idée a infusé si durablement chez Collomb qu’il en est aujourd’hui le premier défenseur. Même si la relation de l’édile lyonnais avec les écologistes est parfois empreinte d’une haine tenace. « Je trouve Collomb trop agressif avec les Verts qui, il est vrai, le lui rendent bien », glisse Buna. Au dogmatisme des « khmers verts », le premier magistrat de la Ville oppose le pragmatisme écologique.

« Les appareils, je les déteste »

Il ne faut pas s’y tromper. Gilles Buna ne rend pas son tablier car Gérard Collomb flingue à longueur de temps ses copains écolos. « Les appareils, je les déteste », justifie-t-il. Comprenez que Gilles Buna est tout sauf un godillot. La mesquinerie en politique, il l’abhorre. Les comportements d’apparatchiks, il les fuit comme la peste. « Cela nous fait un point commun avec Gérard Collomb », s’esclaffe-t-il. Une psychologie jumelle avec celle du maire, qui flingue à tout va tout la pensée unique qui dégouline parfois de la rue de Solférino. Gilles Buna ne passera donc pas une retraite à tirer les ficelles locales d’Europe écologie-Les Verts. Il ne faut pas oublier que, parfois las, Gilles Buna avait cette formule pour la presse locale à l’époque du duel législatif Braillard/Meirieu sur la 1ere circonscription du Rhône : « considérez que je me suis exclu moi-même de ce parti. »

3000€/mois ? « Ça m’a fait beaucoup rire »

La sortie de Collomb sur les 3 000 euros mensuels, qui visait indirectement Gilles Buna pour justifier le cumul des mandats, a été prise avec humour par le principal intéressé. « J’ai été pétrifié d’apprendre que j’avais frôlé le seuil de pauvreté », s’amuse l’adjoint à l’Urbanisme. L’homme précise toutefois avoir été élu conseiller général bien avant d’avoir pris ses fonctions d’adjoint à la Ville de Lyon. « Je me suis fait communiquer son intervention et je le remercie de ne pas m’avoir cité directement. Cela m’a beaucoup fait rire. » Jamais à court de bon mot, Gilles Buna y va même de sa proposition : « Vous pourriez lancer un appel aux dons via votre magazine », nous souffle-t-il. Un Bunathon ? « Non, un Collomb-Buna-thon. » Sacré Gilles.

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