Par Morgan Couturier

Passionné de ballon rond, l’avocat lyonnais Vincent Durand a engagé une croisade sportive contre Canal+ et Bein Sports, les deux chaînes tributaires cette saison des droits du championnat de France de foot.

Deux chaînes, qui hélas, ne semblent pas décider à reverser le moindre centime à leurs abonnés, et ce, malgré la décision (contestable) de la Ligue de mettre un terme à la saison en cours. « Ils ne peuvent pas ne pas rétrocéder une partie des abonnements. C’est contraire à leur logique ! »

Le coup de l’arroseur arrosé. L’avocat s’appuie en effet sur la propre argumentation des deux chaînes, lesquelles ont décidé de stopper le versement de droits TV au motif que le championnat ne reprendrait pas.

Dans le même temps, Bolloré, patron de Canal+, accroît ses dividendes de 20%

Abonnés aux chaînes concernées, Vincent Durand et son équipier parisien, Pierre-Henri Julliard, estiment ainsi que ce qui vaut pour les uns, est valable pour les autres. « Je n’aime pas trop les injustices. En discutant entre collègues et fans de foot, on s’est dit que ce n’était pas normal. »

« Les droits TV, c’est notre argent, et ils nous ne le rendent pas », poursuit l’homme de loi.

Alors faute de rencontres sportives, ce dernier se dit prêt à affronter les chaînes en question. Mais à plusieurs, car comme souvent, l’union fait la force. Une énergie que le Lyonnais, regroupé sous l’égide de la start-up Vpourverdict, souhaite extirper de l’injustice partagée par tous les abonnés passionnés de foot français.

Aujourd’hui soutenu par près de 900 abonnés, le Rhodanien espère ainsi atteindre la barre symbolique des 1000 soutiens, nécessaires selon lui pour gagner en légitimité et en écoute. « Pour l’heure, Canal+ laisse le buzz se faire. Ils ne disent rien. Alors en dessous de 1000, je n’y vais pas », glisse-t-il, comme un appel à l’aide et… aux dons, une participation symbolique de 5€ étant demandée à chaque allié.

Une compensation financière que les abonnés pourraient reverser à leur club favori

La victoire peut être à ce prix, à plus forte raison lorsque les ambitions de la start-up lyonnaise semblent détachées, selon son propre aveu, de toutes considérations financières ou médiatiques. Au contraire, cette dernière se revendique même solidaire, en atteste sa proposition faite aux participants de reverser une partie ou la totalité des sommes récupérées aux clubs français de leur choix, ces derniers souffrant de ce non-versement des droits TV (ces droits représentent près de 36% des recettes des clubs, ndlr).

« Les abonnés peuvent dire ‘‘je suis solidaire avec mon club’’ », soumet l’avocat. Une telle initiative pourrait ainsi éviter un nouvel affaiblissement du championnat de France, et de fait, permettre aux téléspectateurs de visualiser des matchs d’un niveau plus important. Après avoir payé pour du vent, il serait en effet dommageable pour les abonnés de continuer à payer pour un championnat en nette régression. Et privé de toutes ses stars.

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