Texte : Morgan Couturier – Depuis le mois de mars, la décision de la Préfecture de transformer l’ancienne friche du groupe Apave en logements collectifs crispe les habitants des communes limitrophes, notamment Tassin et Charbonnières. Sur place, on s’offusque de cet arrêté imposé de force et en totale inadéquation avec un quartier largement résidentiel.
Le spectacle sur place a tout d’une allégorie de la vitesse. Sur cette route de Sain-Bel où les automobilistes ont d’ordinaire l’habitude de foncer sans s’arrêter, le temps file à vive allure. Il joue toutefois contre les habitants du quartier, inquiets depuis un arrêté préfectoral (en date du 18 mars dernier), de voir leur environnement être profondément chamboulé d’ici peu.
Leur inquiétude : voir l’ancien site de l’Apave – désert depuis le déménagement de la société à Limonest – se muer, sous la pression de l’État et avec le concours de Vinci, en trois barres d’immeubles d’habitation de 8000 m² sur 5 niveaux. À la clé, la construction de 103 lots, dont 40 logements sociaux. « Sans voiture et avec peu de moyens ce ne sera pas simple pour les personnes éligibles », précisent les membres du CIL du Chapoly, vent debout contre ce projet.
Alors que le PLU actuel impose une construction en R+1 au maximum, les riverains rejettent « cette verrue au milieu de nulle part » qui offrira une vue plongeante sur leurs logements. Plus encore, le Comité d’Intérêt local regrette que cette décision ait été prise sans aucune concertation. Ni même avec la Ville de Tassin, alertée du projet… dans la presse.
La Préfecture souhaite modifier le PLU pour ouvrir la zone à la construction de logements
« La ville n’avait pas du tout envisagé qu’il y ait un développement d’habitat collectif et de densification à cet endroit », nous a expliqué le maire Pascal Charmot, lui aussi excédé par cette décision « incompréhensible » comme par le passage en force de la Préfecture du Rhône. Celle-ci se dit même prête à modifier le PLU pour parvenir à ses fins.
« C’est non seulement une anomalie mais surtout une erreur fondamentale que d’amener du logement collectif avec des bâtiments qui vont être à R+4 dans un secteur qui est très pavillonnaire et dans un secteur où il n’y a pas d’accès aux services de proximité. C’est pourquoi le projet serait vraiment inapproprié, et je dirais même destructeur pour l’équilibre et la tranquillité de la commune », poursuit l’élu, qui souhaitait conserver « la vocation économique du site ».
Estimant que Tassin ne respectait pas les critères de production de logements sociaux, décrétés par la loi Allur*, la représentante de État a pris la main. Et même si la vente de l’ancien site de l’Apave n’est encore qu’au stade de la promesse d’achat, les choses semblent aller en son sens. Vinci a dessiné son projet et il se dit même que le promoteur doit déposer son permis de construire le 15 décembre prochain. Au grand dam de Tassin et des communes voisines, qui devront absorber l’arrivée de ces nouvelles populations.
« Le site n’a jamais été prévu pour devenir une zone de densification urbaine »
Parmi elles, le CIL du Chapoly a relevé un chiffre, 30% des logements sociaux seront occupés par des personnes en situation de précarité. « Il n’y a aucun service pour accueillir ces gens, aucun commerce à proximité, les écoles voisines sont déjà saturées. On va créer un ghetto dans un coin qui n’a rien à leur apporter. Il existe des alternatives mais la Préfecture a dit non, c’est ici », expose Jérôme de Mauroy, acteur du CIL.

Le site de l’Apave photographié en 2023. Il est situé à cinq mètres d’un champ classé espace naturel remarquable, classé en zone naturelle – Photo Jean-Luc Mège pour Lyon People
Du côté de la Mairie de Tassin, le discours est d’ailleurs identique. « Le site n’a jamais été prévu pour devenir une zone de densification urbaine. Sans service de proximité, c’est mettre en difficulté les futurs habitants », fait-on valoir. Alors pour les parties prenantes, on craint d’ores et déjà pour la sécurité du quartier comme pour l’augmentation d’un trafic déjà conséquent. À juste titre.
Le site mitoyen est classé Espace naturel remarquable
Avec près de 16 000 véhicules par jour, la route de Sain-Bel est déjà bien chargée. À cela s’ajouterait à minima, les 150 voitures supplémentaires envisagées dans le projet de Vinci. Une information qui n’est pas passée inaperçue du côté de la Métropole de Lyon, propriétaire des espaces verts situés derrière le site de l’Apave.
« La DREAL (Direction régionale de l’environnement, ndlr) n’a même pas voulu faire une évaluation. Comment peut-on bétonner ce secteur, à cinq mètres d’un champ classé espace naturel remarquable, classé en zone naturelle au PLU et qui est également intégré à l’espace naturel sensible du plateau de Méginand ? », s’offusquent encore Jérôme de Mauroy et ses partenaires.
Des remarques pour l’heure ignorées par la Préfecture du Rhône. Qu’à cela ne tienne, le CIL ne compte pas abandonner. Une pétition a été montée en ce sens, avec déjà 930 signataires. Les riverains, qui ont consulté des avocats, peuvent également compter sur le soutien de Pascal Charmot, prêt à engager les recours nécessaires contre le projet. La bataille est lancée.





















pourquoi autant de haine face à une construction de logements, ces braves gens souhaiteraient rester entre eux, gens bien, et réserver ce type de construction aux autres, ailleurs… par exemple dans le centre de la Demi-Lune, vers l’horloge par exemple, là c’est bien la mixité docile, chez les autres, mais chez nous… c’est un peu ça le Light motif ?
Leitmotiv ! il s’agit de cohérence d’urbanisme à respecter, ça n’est pas une opposition au logement. si on bafoue les règles que chacun respecte depuis des années alors on file droit vers l’anarchie.
Le problème avec les lecteurs de lyon people et contrairement a ceux de lyon mag c’est qu’il a pratiquement jamais de commentaires ,Si j’étais rédacteur je m’inquieterai ,mauvais signal ,les lecteurs vieillissent et sont de plus en plus ramollis.
pas faux
sauf que les lecteurs de Lyon peuple sont automatiquement censuré s’ils ne pensent pas comme le rédacteur chef .
@ggboy:
mais voilà, vous n’êtes pas « rédacteur » de Lyonpeople….alors vos « commentaires »….
On peut partager l’inquiétude des riverains et s’opposer à ce projet qui, en l’état, n’a rien à faire là.
En revanche il est parfaitement faux d’affirmer que la ville de Tassin et son maire Pascal CHARMOT n’auraient été mis au courant que dans la presse !
Cela a été d’ailleurs rappelé dans une réunion publique en novembre en mairie sur un autre projet, rue Depéret : la ville est bien associée à des réunions d’architectes-conseil en préfecture bien en amont des programmes immobiliers. Mais c’est le maire et son adjoint à l’urbanisme qui font la politique de la chaise vide et font ensuite mine devant les habitants de n’être au courant de rien alors qu’ils pourraient l’être !
C’est de la malhonnêteté intellectuelle pure ! Ils ne défendent pas les riverains et si l’Etat fait sa loi dans la ville c’est totalement de leur faute ! Dommage pour les Tassilunois !
Ce projet n’est rien d’autre qu’un passage en force de la préfecture.
c’est une décision BRUTALE qui ne respecte pas le PLUH (sauf à le changer juste pour cela, … c’est pratique !), pas plus qu’une zone naturelle sensible, une axe routier déjà saturé, une zone d’habitations SANS immeuble de haute élévation, et des futurs habitants s’avrérant sans infrastructure d’accueil disponible.
Je fais parti de ces braves gens qui veulent rester entre eux. Monsieur et qui pensent que ce projet n à pas été étudié dans son ensemble et donc pas cohérent que cela va déboucher sur un guetto, ce qui est toujours negatif
Vu la situation du lieu, une maison pour personnes âgées serait beaucoup plus judicieux, les pensionnaires se déplacent très peu, pas de problème de saturation au niveau des écoles et on ne peut nier que l on manque énormément de ce genre d établissement et que on peut aussi faire de l integration sociale à ce niveau avec un établissement qui pratiquerait des prix corrects et là madame la prefete pourrait avoir peut être une influence positive et constructive
Ce projet a été lancé sans la moindre concertation avec les riverains, les mairies. Il est totalement disproportionné en nombre de logements et en hauteur. Il est non intégré dans le quartier et non respectueux de l’environnement. Un projet à taille plus raisonnable, sans surélévation des bâtiments actuels, serait nettement plus apprécié par les futurs occupants et faciliterait leur intégration.
Bonsoir,
Contrairement à ce qui est écrit il y a des lignes de bus et le centre de TASSIN est à moins 10 min de tout confort ! Les écoles alentours ne sont pas saturés! Il faut juste accepter plus de diversité dans cette zone.
Une ligne de bus
Donc ayez un peu d’honnêteté intellectuelle dans votre réponse.
Il est également normal que des propriétaires qui ont acheté leur terrain ou maison à des prix exorbitants demandent leur tranquillité par rapport au fait de résider dans une zone tranquille.
À ce propos, il n’y a ni barrières automatiques ou clôtures électrifiées dans la zone, il existe une mixité dans la zone et tout se passe très bien.
Les exemples de mixités forcées et non voulues sont désastreux depuis des décennies.
Il faut être sérieux. La ligne 98 est saturée au heures de pointes, le route de Sain Bel idem entre 7h 15 et 9h du matin et rebelote à partir de 16h30…
40% de logements sociaux aussi loin des commerces, services, crèches, les emplois, etc… cela n’est pas les aider et les intégrer de la meilleur des façons.
Quelle honte de surélever des bâtiments en R+4 qui seront plus de R+5 et qui passeront au dessus des magnifiques cèdres bleu à plus de 19 m de hauteur, dans une zone pavillonnaire et avec des espaces protégés et classés par la SAFER à 5m du projet.
Oui, ce site doit accueillir un projet, mais concerté et dans l’esprit du quartier.
Il faut être sérieux. La ligne 98 est saturée au heures de pointes, le route de Sain Bel idem entre 7h 15 et 9h du matin et rebelote à partir de 16h30…
40% de logements sociaux aussi loin des commerces, services, crèches, les emplois, etc… cela n’est pas les aider et les intégrer de la meilleur des façons.
Quelle honte de surélever des bâtiments en R+4 qui seront plus de R+5 et qui passeront au dessus des magnifiques cèdres bleu à plus de 19 m de hauteur, dans une zone pavillonnaire et avec des espaces protégés et classés par la SAFER à 5m du projet.
Oui, ce site doit accueillir un projet, mais concerté et dans l’esprit du quartier.