Texte : Constance Henry – Près de 2 000 randonneurs ont participé à la troisième édition de la Rando de Saint-Jo, événement désormais bien ancré dans le paysage catho, permettant de rallier Ars-sur-Formans sous le ciel étoilé de printemps.
Dans la nuit du 20 au 21 mars, une marche rythmée par le crépitement des torches et le bruit des cailloux. La randonnée 2026 a été ponctuée d’animations inédites, de temps de prière et s’est conclue, au petit matin, par le plus grand mâchon jamais organisé. Un record jusque-là attribué au LOU Rugby.
Marcher pour ralentir
Dans l’église de Saint-Cyr au Mont d’Or, les clameurs joyeuses des participants (familles, entrepreneurs, étudiants, sportifs, scouts d’Europe…) s’amenuisent pour laisser place à l’orgue. La messe d’ouverture, célébrée par Monseigneur Olivier de Germay, donne le ton : il ne s’agit pas de réaliser une quelconque performance, mais d’ouvrir son cœur à ce que le monde peut proposer. Une volonté des trois créateurs de la Rando de St-Jo, qui avaient à cœur de proposer une pause dans des agendas surchargés.
Entre chants et rencontres improvisées, l’ambiance était au rendez-vous. Sur près de trente kilomètres, chacun a eu conscience de réaliser un défi aussi sportif que spirituel. « Il n’est pas commun de marcher une trentaine de kilomètres de nuit, dans le froid, en priant, avec des haltes où l’on vous sert un peu de Chartreuse pour se réchauffer », confie une bénévole.
Tous les chemins mènent à Ars-sur-Formans
Les visages éprouvés par l’excursion se couronnent d’un large sourire. Dans la brume de l’aurore se dessinent au loin les coupoles de la basilique d’Ars-sur-Formans. « Ce qui m’a le plus marquée, poursuit la bénévole, c’est l’énergie des marcheurs à l’arrivée. Leur diversité, leurs parcours, l’écart d’âge… tous ont bravé le froid, l’humidité de la nuit, la fatigue. Certains parlaient de fraternité, d’autres d’un retour à l’essentiel ».
C’est dans le village de Jean-Marie Vianney, patron de tous les curés de l’univers, que la pérégrination s’est poursuivie. Les participants, après avoir éprouvé leur corps dans les pas du prêcheur de Dardilly, se sont recueillis lors d’une adoration eucharistique dans le calme de la Dombes. Cette prière empreinte d’une profonde sérénité, suivie d’un mâchon réconfortant, a autant marqué le jeune de 17 ans que le plus ancien.
Les enfants, grands invités de la fête
Cette soirée-là, les cris des animaux ont laissé place aux remarques émerveillées des 65 jeunes ayant participé à la Rando Bambino. Tout en respectant l’aspect solennel du périple, les enfants s’étonnaient d’une feuille, d’une branche, aussi bien que des animations proposées lors des pauses. Une initiation sensible au goût du silence et de la marche.
Au moment de repartir, quelques participants s’attardent encore autour de la table du mâchon, café à la main. On échange ses impressions sur les différents parcours aussi bien que sur la qualité du repas. Si le jour a clos La Rando de Saint-Jo, personne ne semblait pressé de quitter cet instant suspendu.





















0 commentaires