Texte : Morgan Couturier – À 18 ans, le pilote lyonnais rêve de percer en sport automobile pour agripper le volant d’une voiture d’endurance. Mais après avoir débuté sur le tard, c’est d’abord en monopole que le jeune homme veut perfectionner son sens du pilotage.
C’est dire si le temps passe vite, mais alors qu’il n’était pas encore né, Flash McQueen entamait son histoire par ces quelques mots : « concentration, rapide, je suis rapide ». 20 ans plus tard, derrière cette visière qui s’abaisse à la moindre course, Eros Gioannini pourrait s’attribuer cette maxime chère à Disney. Parce qu’à 18 ans, le pilote lyonnais, aujourd’hui basé à Villette-d’Anthon, semble « sauter les étapes à vitesse grand V », dixit son père Grégory, ancien rallyman reconverti formateur en pilotage.
Car si son fils a choisi un circuit sinueux pour figurer en sport automobile, le voilà casqué au volant d’une monoplace de 270 chevaux flanquée du numéro 69, la pédale d’accélérateur enfoncée à son maximum sur des circuits mythiques tels que Le Castellet, Magny-Cours, Mugello ou Spa-Francorchamps. Une belle récompense pour ce fan de Porsche et du Lyonnais Kevin Estre, à qui la découverte de la piste ne s’ouvrit qu’à son 14e printemps.
Avant cela, le ballon rond fut en pole position dans son esprit, mais avec regrets, Eros Gioannini gara cette autre passion dans l’échappatoire. « Je me suis lassé », avoue-t-il. Alors lorsque les exploits de son idole, Max Verstappen, vinrent au même moment le convaincre de grimper dans un karting, son père lui fit ce cadeau. Et comme Ayrton Senna autrefois, le pilote sut « avant même de monter dans une voiture, qu’il était fait pour la course ».
2e rookie des 25 heures de Spa à 16 ans
« J’ai rapidement participé à des championnats régionaux et nationaux », raconte-t-il. Si bien qu’un an et demi plus tard, le jeune homme au prénom du dieu de l’amour migra au volant d’une coccinelle, dans une singulière compétition baptisée… Fun Cup. « C’est une voiture pour apprendre la compétition, avec un style de pilotage complètement différent. Mais cela permet de mieux comprendre les mouvements d’une voiture ».
Le lycéen fut rapidement attiré par l’univers de l’endurance, là où beaucoup rêvent de F1 et de trophées encastrés dans une malle Louis Vuitton. « J’ai très vite mis de côté cet univers, parce que dans un parcours classique, à 14 ans, tu es déjà en Formule 4, alors ma chance était déjà passée. Mais je préfère rouler pour un constructeur et partager la voiture », concède l’intéressé.
En course face à des pilotes de F1 sur IRacing
Pour autant, l’Ultimate Cup European Series sera l’occasion en 2026, de se prendre un temps pour Michael Schumacher, Lewis Hamilton ou Charles Leclerc. Dans cette compétition qui s’ouvre à lui, Eros Gioannini espère jouer le titre, tout en perfectionnant son art. Car la suite se situe ailleurs. Aux 24 heures du Mans ou à Daytona. En GT ou en prototype.
« J’ai certaines facilités à comprendre la réaction de la voiture et à être vite au volant. Et quand on roule vite en monoplace, on maîtrise mieux le côté aéro. On sait trouver plus facilement la limite d’une voiture », avance-t-il pour justifier cette parenthèse en monoplace.
Et pour cause, lorsque la sonnerie de l’école vient à retentir, il n’est pas rare de voir Eros Gioannini filer jusqu’à sa chambre pour prendre les manettes d’une voiture… d’endurance.
Sur un écran de télévision certes, mais sous la combinaison de son équipe Delta V Racing, le jeune homme a déjà été « classé plusieurs fois numéro 1 mondial » de eSport. Une belle performance, alors que le Lyonnais est parfois amené à rouler aux côtés de pilotes prestigieux. Dont le champion de F1 en titre, un certain Lando Norris.
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« C’est un outil incroyable et un vrai gain de temps pour apprendre les circuits », raconte-t-il. Une passion débordante qui a su séduire les partenaires, à commencer par DCB International ou Novali. « Sans eux, je n’aurais pas pu continuer le sport auto. Ils me permettent de réaliser mes rêves. C’est incroyable de voir qu’ils ont confiance en moi », remercie-t-il encore.
Séduits par son talent, Didier Caudard-Breille et sa société DCB International ont décidé d’officialiser ce partenariat. Eros Gioannini sera la star d’une soirée organisée le mercredi 15 avril. « Du rêve à la réalité », tel est l’intitulé de son show de présentation. Rendez-vous… au prochain virage !


















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