Texte : Morgan Couturier – À peine installé à la tête de la ville, le nouveau maire socialiste de Saint-Étienne a mis fin à son jumelage avec une ville israélienne au profit d’une commune palestinienne. Une décision idéologique « qui alimente les fractures » selon le CRIF Auvergne-Rhône-Alpes.
Élu le 22 mars 2026, Régis Juanico n’aura pas mis longtemps à faire parler de lui. Et pour cause, moins d’un mois après sa prise de fonction, l’élu socialiste a pris une décision forte : rompre le jumelage avec la ville israélienne de Nof HaGaliln, au profit d’une collectivité palestinienne.
« Concernant le jumelage existant avec Nof HaGalil, commune dirigée par l’extrême droite, la municipalité fait le constat d’une suspension de fait des opérations de coopération », écrit le nouvel exécutif dans un communiqué. Saint-Etienne était pourtant liée à Israël depuis 1974, date choisie par l’ancien maire Michel Durafour pour établir un partenariat avec cette ville du nord du pays.
« Les collectivités locales ne sont pas des tribunes militantes »
« Face à la tragédie qui frappe le peuple palestinien et au génocide toujours en cours à Gaza, la Ville de Saint-Étienne exprime sa plus vive préoccupation. Fidèle aux valeurs de fraternité qui animent notre territoire, la municipalité s’engage à faire de Saint-Étienne une actrice résolue de la paix et du respect des droits fondamentaux », pointe encore la collectivité stéphanoise.
Un parti-pris politique intervenu à la veille d’une manifestation de 40 personnes organisée par LFI, qui exigeait ce déjumelage. Un geste qui fait écho aux drapeaux palestiniens hissés sur l’Hôtel de Ville de Lyon par l’écologiste Grégory Doucet. Alors forcément, le Conseil représentatif des institutions juives (CRIF) y voit un « choix politique unilatéral, fondé sur une lecture biaisée du conflit ».
« Parler de « génocide » à propos de la situation à Gaza relève d’un contresens. Le droit ne se plie pas aux humeurs des majorités municipales. Les mots ont un sens, surtout lorsqu’ils renvoient à l’irréparable », a vivement critiqué la directrice AURA de l’association, Chantal Devillez.
Cette dernière n’a pas manqué de condamner la décision des nouveaux élus stéphanois. Pour elle, « les collectivités locales ne sont pas des tribunes militantes ».















0 commentaires