Texte : Morgan Couturier – Jeune créatrice, la Lyonnaise Zoé Gimond se fait doucement un nom dans l’univers de la mode grâce à sa marque de prêt-à-porter Vêtement Vivant. Des créations en matériaux nobles que la modéliste souhaite durables car adaptables à l’évolution du corps.
Il n’y a parfois aucune raison à se triturer l’esprit pour trouver les mots justes. Il suffit alors de laisser certaines scènes de vie s’exprimer à notre place. Un exemple ? Ce passage Thiaffait où les bannières colorées s’entremêlent et où les boutiques de créateurs s’entrechoquent. À l’intérieur naissent alors de belles déclarations formulées sous la forme de compliments. En l’espèce : deux touristes étrangères, bluffées par le travail de Zoé Gimond. « It’s so nice », complimentèrent ces deux Anglaises, avant même que la Lyonnaise de 28 ans ait eu à se présenter.
Dès lors, tant pis si cette visite impromptue n’ait pas abouti sur un achat coup de coeur, ces louanges firent office de reconnaissance. De confirmation au fait que la jeune créatrice a eu raison d’embrasser l’univers de la mode et d’en prendre la mesure depuis quatre ans. Chez elle d’abord, en alternant les patrons sur ses bustes de couture et les silhouettes de ses clients privilégiés : ses parents, son frère et sa sœur. « Moi-même, je me suis fait des habits », raconte-t-elle, une jupe tirée tout droit de son imagination nouée à la taille.
Du prêt-à-porter haut de gamme flirtant avec le sur-mesure
Vint ensuite sa marque, Atelier Gimond, rebaptisée Vêtement Vivant depuis sept mois. Une dénomination réfléchie alors que la modéliste a mis le doigt sur un style bien à elle : du prêt-à-porter féminin haut de gamme avec des « vêtements dans lesquels on n’est pas étriqué, assez souples, qui vivent autour de soi ».
« J’essaye de les rendre les plus ajustables possibles. On a des tailles bien sûr, mais on peut avoir un XS ou un S qui fusionnent, pareil pour un M et un L. On a cette aisance dans le vêtement qui fait qu’on peut l’adapter à un moment de sa vie. Le but, c’est d’avoir des pièces durables », expose Zoé Gimond dont les créations s’imaginent autour de matières premières 100% naturelles (lin, soie ou laine, ndlr).
« Je propose des tailles mais on parle de semi-mesure. L’objectif, c’est que les vêtements taillent parfaitement et qu’ils correspondent à ce que veulent les clients », ajoute-t-elle, rendant ainsi hommage à son couturier favori, Rick Owens, pour qui « le style est un cadeau pour les autres ».
Une méthode intermédiaire entre le sur-mesure et le prêt-à-porter classique que la boutique Vêtement Vivant illustre à ravir. Sur les portants, les créations se limitent en effet à une poignée d’exemplaires, des « prototypes » à essayer avant de se laisser aller à quelques retouches, effectuées là, sur cette machine à coudre qui ne demande qu’à s’allumer. « Je travaille beaucoup à la demande. Je trouve que ça rend la chose plus précieuse. Quand on est consommateur et qu’une pièce est faite pour soi, c’est une petite valeur ajoutée », souligne-t-elle.
Enseignante à l’Esmod à 28 ans, une flatteuse reconnaissance de ses qualités
Parmi ses favorites et malgré deux collections imaginées chaque année, l’une d’elles revient alors inlassablement à son esprit : « une robe longue, très ample, à ajuster avec un laçage au dos ». « C’est un produit que j’aimerais développer davantage. Mais de manière générale, les clients viennent souvent me voir quand ils veulent s’habiller pour un événement », explique celle qui officie également en tant qu’enseignante à l’école Esmod de la rue Burdeau. Une heureuse reconnaissance pour celle qui en occupa les bancs de 2015 à 2018. « C’est très flatteur, ça veut aussi dire beaucoup sur mon travail. Ça prouve que j’amène de la qualité et que j’ai un profil qui plaît », poursuit-elle.
Reste que sur ces pentes lyonnaises où Zoé Gimond espère voir sa renommée grimper en flèche, son atelier demeure un lieu intime où la créatrice jongle « entre les commandes, les recherches, les expérimentations et les créations ».
Cela demande du temps et donc de l’argent. Voilà pourquoi la couturière est prête à se recentrer quelque temps sur ce cocon avant de s’ouvrir progressivement au e-commerce. Une étape intermédiaire avant de laisser porter vers le rêve de tout créateur : se retrouver à la tête d’une boutique. Mais qu’importe le parcours, la mode est ainsi faite : « la beauté commence au moment où vous décidez d’être vous-même » !




















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