Propos recueillis par Franck Bensaid – À la tête de la Régie Simonneau qui souffle ses 220 bougies, Sylvain Richerd affiche ses ambitions : projeter la régie dans l’avenir, préserver son ancrage local et conserver les valeurs portées depuis la création de Simonneau.
La Régie Simonneau est l’une des plus anciennes maisons lyonnaises. Comment se projette-t-on dans l’avenir quand on porte 220 ans d’histoire ?
Nous nous projetons avant tout comme des passeurs de témoins. Nous conservons des valeurs d’indépendants et cherchons à nous adapter en permanence aux attentes de nos clients. Notre responsabilité est aujourd’hui de transmettre aux générations futures une Maison fidèle à ce qu’elle a toujours été : une entreprise profondément lyonnaise, attachée à la proximité, à la confiance et à la qualité du service rendu. Nous pouvons nous féliciter de gérer les biens de certaines familles depuis quatre générations !
Vous revendiquez un modèle très humain dans une profession qui se transforme.
Comme dans tous les métiers de service, le client attend de l’immobilier à la fois une approche plus digitalisée et une proximité humaine. Il s’agit de faire preuve d’une agilité constante, pour adapter nos outils et nos pratiques, tout en préservant ce qui fait notre identité. Chez nous, les collaborateurs sont acteurs de ce projet et en partagent la vision, à travers leur implication et leur exigence, avec bienveillance.
Simonneau, le premier Syndic Privé d’Intérêt Collectif en France
Quelle est l’ambition de la régie ?
Être identifié naturellement comme un référent pour toutes les questions immobilières. Nous avons la chance de réunir des expertises que peu d’administrateurs de biens proposent dans leur intégralité : gestion locative, syndic de copropriété, transaction, recouvrement-contentieux, mais aussi gestion de commerces et d’immobilier professionnel. Nous accompagnons ainsi nos clients sur tous types d’actifs, qu’ils soient résidentiels, commerciaux ou tertiaires. Un porteur de projet immobilier, quel qu’il soit, est le bienvenu. Nous pourrons lui apporter des solutions et un accompagnement adapté à sa situation. Pour le syndic de copropriété, nous avons reçu en 2025 l’agrément préfectoral nous permettant de devenir le premier Syndic Privé d’Intérêt Collectif en France. Cette reconnaissance traduit notre capacité à intervenir sur des copropriétés très diverses, depuis les immeubles familiaux du centre-ville devenus copropriétés au fil du temps jusqu’aux ensembles immobiliers plus importants de la métropole lyonnaise. Elle renforce également notre engagement auprès des copropriétés qui nécessitent un accompagnement particulier.
Vos clients ont évolué à la vitesse grand V ces dernières années. Comment vous adaptez-vous ?
Les nouvelles générations de propriétaires ont un rapport différent aux services, à l’information et aux outils numériques. Il faut que nos outils métiers évoluent. Nous intégrons progressivement l’IA dans le parcours client. L’objectif : préserver la qualité de service et la proximité, en favorisant la fluidité. Les lignes ont bougé : les clients demandent plus d’autonomie, beaucoup moins d’interactions téléphoniques. Notre défi : donner des outils, des éléments d’analyse, d’aide à la réflexion, tout en gardant agilité et flexibilité. C’est ce que nous entreprenons par exemple au travers de rendez-vous de bilans patrimoniaux avec nos clients propriétaires bailleurs. Ces
moments d’échange permettent aux propriétaires de faire le point sur leur situation, d’identifier les opportunités qui s’offrent à eux et d’être accompagnés dans leurs projets futurs
Le marché lyonnais traverse une période de transition
Quelle est votre vision du marché lyonnais ?
Le marché lyonnais traverse une période de transition. Nous observons un net ralentissement de la mobilité résidentielle. Sur les 3 000 logements que nous gérons, les mouvements sont aujourd’hui beaucoup moins nombreux qu’auparavant. Cette moindre fluidité se ressent à tous les niveaux : les locataires hésitent davantage à changer de logement, les propriétaires s’interrogent sur leurs projets et les investisseurs font preuve d’une plus grande prudence.
Comment analysez-vous cette évolution ?
Plusieurs facteurs expliquent cette situation : l’évolution de la réglementation, les contraintes liées à la performance énergétique des logements, mais également un manque de visibilité pour les investisseurs. L’encadrement des loyers, notamment, a contribué à réduire l’attractivité de l’investissement locatif pour une partie des propriétaires, conduisant certains à se retirer du marché ou à réorienter leurs projets. Résultat : l’offre locative s’est progressivement contractée alors même que les besoins en logement demeurent importants. Pour autant, Lyon reste une métropole particulièrement attractive. Son dynamisme économique, universitaire et démographique constitue un socle solide. Nous sommes convaincus que le marché retrouvera progressivement de la fluidité à mesure que les investisseurs regagneront en confiance et que chacun retrouvera davantage de visibilité pour se projeter à long terme.
Qu’en est-il du marché de la transaction ?
Le marché de la transaction reste contrasté. Les clients sont dans l’expectative même si on perçoit un frémissement encourageant. Certaines évolutions réglementaires redonnent de la visibilité aux investisseurs qui s’étaient éloignés du marché ces dernières années.
Vous gérez 400 baux commerciaux. Que percevez-vous sur le terrain ?
Nous avons en effet une expertise reconnue en matière de baux commerciaux sur la place lyonnaise. Nous constatons, notamment depuis la « période Covid », une transformation de la consommation, entraînant de fait une mise sous tension de ce secteur d’activité. Le commerce de centre-ville est en train de vivre une mutation, liée à plusieurs facteurs. Il faut plus que jamais s’adapter. Nous proposons nos conseils ainsi qu’une aide à la prise de décision. Malgré les incertitudes actuelles, je reste profondément optimiste.
Pour quelles raisons ?
L’immobilier a toujours été un investissement qui s’apprécie sur le temps long et qui a démontré sa capacité à traverser les différents cycles économiques. Pour les nouvelles générations l’investissement locatif reste le seul investissement tangible face aux incertitudes économiques, permettant de bénéficier d’un effet de levier puissant par le recours aux prêts bancaires malgré l’augmentation des taux d’emprunt compensée par les avantages fiscaux. Pour les patrimoines déjà constitués l’immobilier reste l’un des meilleurs supports de transmission de patrimoine par le recours aux donations avec démembrement avec les avantages fiscaux conséquents annoncés pour l’année 2027. Lyon demeure une métropole attractive, dynamique et recherchée. Plus que jamais, la qualité de l’accompagnement, la vision patrimoniale et la capacité à se projeter dans la durée font la différence. C’est cette conviction qui anime la Régie Simonneau depuis plus de deux siècles et qui continuera à guider son développement dans les années à venir.


















0 commentaires