Lyon. La Villa Monoyer et son parc défigurés avec l’aval des écologistes

12 juin, 2026 | Actualités Culturelles / patrimoine | 0 commentaires

Texte : Morgan Couturier – Alors que le permis de construire a été obtenu en 2022, les ambitieux travaux de rénovation de la villa Monoyer n’ont toujours pas commencé. Une bonne nouvelle pour les opposants au projet, qui contestent notamment la construction de bâtiments annexes sur des espaces boisés classés.

Sur place, les pelleteuses et la présence d’ouvriers laissent à penser que le chantier a débuté. Mais pour l’heure, seule la rue Villon, objet de travaux de voirie, connait un brin d’animation. La villa Monoyer, elle, attend encore les débuts de sa rénovation. Un retard qui n’est pas pour déplaire aux opposants au projet, guère satisfaits du projet imaginé par le promoteur immobilier lyonnais Youse.

En effet, si la réfection de cette belle demeure du XIXe est saluée, le mal est à trouver ailleurs. Soit dans la construction de bâtiments annexes que les opposants souhaitent annuler. Dans l’œil du cyclone notamment, ce bâtiment de coliving établi en R+5 en lieu et place de l’ancienne écurie, le long de la rue Saint-Maximin.

Car si le projet de colocation entre jeunes actifs et seniors est séduisant sur le papier, la forme peine à passer. Dans un article du Progrès en date du 18 mai 2026, même l’arrière-petite-fille du professeur Monoyer avouait d’ailleurs ne pas avoir voulu de cet immeuble qui défigure la villa.

Des travaux menés à l’encontre du PLUH et des espaces classés ?

Mais qu’importe, avec une quinzaine de studios à son bord et donc autant de loyers à percevoir, Youse ne compte pas faire machine arrière. Quitte à outrepasser le code de l’urbanisme estiment ses détracteurs. La raison : la construction de l’immeuble est accusée d’empiéter sur un espace boisé classé, lequel ne peut être détérioré.

« La communication a été mal faite depuis le début. On parle de la villa mais le reste autour, on l’oublie. On est en EBC, la zone est inconstructible, on n’a pas le droit de faire cela. Laisser passer cela quand on se dit écolo, ça la fout mal », glisse un opposant au projet sous couvert d’anonymat.

Ce dernier évoque d’ailleurs des « sommations interpellatives » de ce promoteur particulier. Pourtant, l’intéressé ne souhaite pas baisser pavillon. Un recours administratif a beau avoir été rejeté en mars 2024, la construction ne peut être tolérée à ses yeux.

À l’occasion de l’assemblée générale de l’association Monoyer, tenue ce mardi 9 juin 2026, plusieurs membres ne semblaient d’ailleurs pas au fait de ces éléments. Ni des menaces planant sur cet imposant tilleul de 80cm de diamètre, dont les racines semblent mises en danger par le chantier.

Un projet à 11 millions d’euros

Et pour cause, alors que l’actuelle écurie ne mesure que 7,13m de largeur, l’immeuble de coliving doit, lui, s’étendre sur 11,80m, pour se rapprocher à moins de 4,50m dudit tilleul. Un espace insuffisant au regard des détracteurs. Outre le caractère classé, ces derniers évoquent alors le PLUH du Grand Lyon, formel sur le sujet : il est impossible de construire « dans un rayon de 20 mètres autour du tronc ».

Pour autant, la vente de la villa et du terrain ayant été finalisée en décembre 2025, les acteurs économiques du projet semblent vouloir accélérer. « On aimerait que le permis soit révisé. Puisque les travaux n’ont pas commencé, on peut tout imaginer », martèle toutefois l’opposition ignorée par les élus écologistes de Lyon.

Pourtant, la dernière réunion de l’association Monoyer a laissé filtrer quelques éléments. Les travaux pourraient débuter « très bientôt ». « Nous allons commencer par l’élagage des arbres et les démolitions », a-t-on dit. Le but de Youse : terminer la rénovation du site à l’automne 2027 quels que soient les dommages infligés à l’environnement.

Comment expliquer ce traitement de faveur anti-écolo ?

 La proximité idéologique des promoteurs incriminés et des élus écologistes est un secret de polichinelle. Ce sont eux qui ont décroché la concession du chalet du parc. « Youse et la Ville de Lyon ont signé le bail emphytéotique administratif qui marque le coup d’envoi de la réhabilitation du Chalet du parc de la Tête d’Or. Le bâtiment de près de 1 700 m2 devrait ouvrir ses portes au public en septembre 2026 » relatait récemment le site mesinfos.

L’ancien restaurant gastronomique des MOF Christian Bourillot et Jean-Paul Pignol va être transformé en tiers-lieu bobo par les écologistes lyonnais sous le haut parrainage de Yann Arthus-Bertrand, titulaire du plus gros bilan carbone de la planète avec ses livres héliportés. Alors qu’il n’a pas encore débuté, le financement du chantier posait déjà problème. On saura très bientôt qui a mis la main à la poche.

Ce n’est pas la première fois que les écologistes lyonnais – grands moralisateurs comme chacun sait – sont pris les mains dans le pot de confiture bio, parfum copinage. On se souvient en début de leur premier mandat de la nomination de l’oncle maternel de Bruno Bernard à la tête de la SACVL, le plus gros bailleur social de la ville, et de la subvention de 61 000 euros accordée par le président de la Métropole de Lyon à sa copine écolo Cécile Duflot, via une course organisée par OXFAM France.

On pourrait également parler du festival Alernatiba, subventionné puis annulé, du lobby Lyon à Vélo… etc…

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/morgan" target="_self">Morgan Couturier</a>

Morgan Couturier

Le journaliste de Lyon People, c’est bien lui ! En quête de scoops, toute info est la bienvenue !

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