Café des Lyonnes. Bérengère Bouvier : « L’engagement, c’est l’alignement, l’action et la générosité. »

30 septembre, 2026 | Actualités People Lyonnais | 0 commentaires

Chaque mois, Alexandra Carraz-Ceselli, fondatrice de L’Équipe des Lyonnes – un réseau de 4.000 membres qui œuvre à faire émerger les voix féminines dans le débat public – met en lumière une personnalité inspirante dans son podcast « Le Café des Lyonnes ».

Ce mois-ci, rencontre avec la directrice régionale de Bouygues Immobilier, Bérengère Bouvier, qui évolue depuis plus de vingt ans dans la promotion immobilière et les métiers de la ville. Ingénieure de formation, passée par l’INSA Lyon, celle qui ne se destinait pas forcément aux métiers du bâtiment mais rêvait de matériaux innovants, est aujourd’hui présidente de la Fédération des Promoteurs Immobiliers de la région lyonnaise.

ACC : Êtes-vous une femme engagée ?
BB : Oui, je pense être une femme engagée. Pour moi, c’est presque un cheminement. Je vois l’engagement comme la convergence de trois éléments : l’alignement (être en cohérence entre ce que l’on pense, ce que l’on fait et les valeurs que l’on porte), le passage à l’action, et enfin, la notion de don et de générosité.

Comment cet engagement se concrétise-t-il dans votre vie ?
Je suis par exemple présidente de la Fédération des Promoteurs Immobiliers de la région lyonnaise, et j’ai eu l’occasion de présider différentes associations. L’engagement n’est pas limité à un domaine, c’est une manière d’être. Et surtout, cela résonne profondément avec le sentiment d’utilité.

Pourquoi donner du temps à des engagements extérieurs alors que votre métier est déjà très prenant ?
Parce qu’en donnant, on reçoit énormément. Ces engagements m’ont permis de rencontrer des personnes que je n’aurais probablement jamais croisées autrement. C’est une formidable ouverture d’esprit. Cela permet aussi de connecter des idées, des projets, des personnes. Quand on se sent alignée avec ce que l’on fait, l’engagement devient naturel. Il apporte beaucoup de satisfaction personnelle.

« À la Fédération des Promoteurs Immobiliers de Lyon, je suis la première femme présidente »

Quelle est aujourd’hui la place des femmes dans l’immobilier ?
J’ai commencé dans le secteur de la construction. Dès mes études, puis dans mes premières expériences professionnelles, il y avait effectivement beaucoup plus d’hommes que de femmes. Dans la promotion immobilière, les choses évoluent. Nous travaillons avec des métiers très variés : architectes, urbanistes, collectivités, notaires, banquiers… C’est un univers pluridisciplinaire, et dans plusieurs de ces métiers, les femmes sont désormais plus présentes. En revanche, aux postes de direction et de décision, elles restent moins nombreuses. À la Fédération des Promoteurs Immobiliers de Lyon, je suis la première femme présidente. Et dans notre conseil d’administration, nous ne sommes que deux femmes.

Petite fille, de quoi rêviez-vous ?
Je faisais beaucoup de sport, surtout de la natation en compétition. L’un de mes rêves était de travailler autour du sport, notamment sur les matériaux permettant d’améliorer la performance des sportifs. C’est aussi ce qui m’a conduit vers l’INSA Lyon, en génie des matériaux. J’avais aussi très envie de voyager et de travailler dans l’humanitaire. Je crois que cette notion d’utilité a toujours été très présente chez moi.

Comment êtes-vous entrée dans le bâtiment ?
À l’origine, je voulais travailler dans l’industrie du sport, mais cela ne s’est pas fait. Mon premier poste est finalement arrivé grâce au réseau des anciens de l’INSA, dans une entreprise du bâtiment. Cette rencontre a été décisive. J’ai découvert un métier concret, pragmatique, qui laisse une empreinte visible sur les territoires et les villes. Et cela m’a tout de suite parlé.

Avez-vous eu le sentiment qu’être une femme freinait votre progression ?
J’ai vu certains hommes progresser plus vite, notamment entre 30 et 40 ans, la période où j’ai eu mes enfants. Mais c’était aussi un choix assumé : je voulais concilier carrière et famille. Et je l’ai plutôt bien vécu. D’ailleurs, j’ai obtenu une promotion après mon troisième congé maternité, lorsque j’ai pris la direction de l’agence lyonnaise de Bouygues Immobilier.

Comment avez-vous osé candidater à la direction régionale ?
Au départ, je ne pensais pas être prête. Un poste de direction régionale s’est libéré, et ce sont mes collègues ainsi que la DRH qui m’ont poussée à candidater. Ils me disaient : “Pourquoi iraient-ils chercher quelqu’un à l’extérieur ?” J’ai fini par appeler le directeur général pour lui présenter ma candidature. Aujourd’hui, je suis heureuse d’avoir osé.

Si vous aviez une baguette magique, que feriez-vous pour rendre les femmes plus visibles ?
Je crois beaucoup aux outils de développement personnel et de connaissance de soi. Je pense que si chacune apprenait mieux à connaître ses forces et ses talents, beaucoup plus de femmes oseraient prendre leur place. Parce qu’au fond, il faut souvent simplement un déclic pour se sentir légitime.

> Retrouvez l’entretien intégral en vidéo sur notre chaîne YouTube : https://youtu.be/kDBzE0xkAKk?si=1J7AIIH6xiRGzbSF

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