Propos recueillis par Morgan Couturier et Marco Polisson – De retour de vacances après un exil estival du côté de la Corse, Véronique Sarselli se sait attendue. Après avoir pris le temps d’écouter et d’étudier les revendications des différentes communes de la métropole, la présidente est bien décidée à passer à l’action. Consciente des attentes des Lyonnais, l’ancienne édile de Sainte-Foy-lès-Lyon s’est fixée un cap. Parmi les priorités figure ainsi l’épineux dossier des mobilités. À commencer par la réouverture de la rue Grenette, une promesse de campagne que Véronique Sarselli souhaite honorer très rapidement.
LP : La coupure du mois d’août a-t-elle été bénéfique ?
VS : Comme beaucoup, j’ai profité de cette trêve estivale pour retrouver ma famille et recharger les batteries. Les premiers mois de prise en main de la Métropole de Lyon ont été denses avec énormément de travail. Toutefois, je suis restée en alerte tout l’été, car les sujets de préoccupations ont été nombreux, sur le plan de la canicule, avec des habitants qui ont très largement souffert de la chaleur suffocante dans des logements globalement peu adaptés, ou nos sapeurs-pompiers qui ont été mobilisés sur les incendies partout en France, mais aussi sur les plans de la sécurité et des dysfonctionnements dans les transports.
Cinq mois après votre prise de fonction, estimez-vous maîtriser désormais tous les leviers pour présider la Métropole de Lyon ?
Il s’agit d’une très grande collectivité, il faut avoir de l’humilité avant de prétendre tout maitriser, mais les équipes se consolident progressivement au niveau des services, l’exécutif a trouvé ses marques, il faut créer de nouvelles habitudes de travail, écouter, comprendre, fédérer et surtout redonner un cap. Les équipes étaient globalement très à l’écoute et en attente de connaitre notre vision pour ce mandat.
Quelles sont les priorités de votre rentrée en matière de mobilités ?
Quand nous avons été élus et sommes arrivés à la Métropole de Lyon, un constat s’est rapidement imposé : cette collectivité a lourdement été impactée par la gestion des écologistes, et il ne s’agit pas que des finances, je parle ici en profondeur. Nous héritons d’un réseau aux multiples problématiques à résoudre, où très clairement le quotidien des usagers n’était pas la priorité de l’ancienne équipe. Nous sommes en train de tout mettre en œuvre pour améliorer rapidement le fonctionnement au quotidien : réduction des temps de trajets et des points noirs de circulation, qualité des transports en commun et des stations de métro (rames non climatisées, pannes des ascenseurs et des escalators, pannes fréquentes du réseau…), la sécurité, l’espace public conflictuel entre les usagers… Je le dis très clairement : la situation que nous avons trouvée est simplement inacceptable. Et cela va nécessiter du temps et des moyens pour être réparé.
Pourquoi cela nécessite-t-il du temps ?
Je connais l’exaspération des usagers. Je la partage et ils ont parfaitement raison. Tout a était fait pour nous complexifier la tâche et rendre le plus d’aménagements difficiles à corriger. Tout cela suppose une remise à plat complète et c’est ce que nous faisons avec la plus grande vigilance, avec Gilles Gascon, vice-président aux mobilités, et Pierre Olivier, vice-président à la voirie, mais aussi tous les élus de la majorité. Notre objectif est de rendre les mobilités plus fiables, plus fluides, et de ne pas les corriger à la va-vite pour les refaire six mois plus tard. Nous avons également commencé à travailler sur la reprogrammation des feux et sur la longue liste des « points bloquants ». On sait que c’était attendu.
Vos électeurs vous attendent notamment sur la réouverture de la rue Grenette. La phase d’étude passée, allez-vous rapidement passer à l’action ?
Nous nous sommes fixés un objectif qui est l’accessibilité à Lyon et à la ville-centre. C’est important pour les Lyonnais, bien sûr, mais c’est important aussi pour les Grands Lyonnais. Accepter d’être la ville centre, c’est accepter qu’elle soit ouverte à tous. Cet enjeu est important, en particulier pour le commerce dont on a vu combien il a été dégradé et combien il est en grande difficulté. Les résultats de la première année de mise en place de la Zone à Trafic Limité par les écologistes parlent d’eux-mêmes : 84% des ayant droits à la presqu’île sont des livreurs, des indépendants, commerçants et professions libérales. L’impact a donc été majeur sur l’économie locale. Donc je le redis aujourd’hui, ma volonté est de rouvrir la rue Grenette et de retrouver une traversée du haut de la presqu’île. Je ne reviendrai pas là-dessus. Pour autant, ce que je veux, c’est que cela fonctionne.
Est-ce que l’on peut annoncer une date ?
J’espère pouvoir vous la donner rapidement. Je veux que les Lyonnais et les Grands Lyonnais comprennent que ma volonté est de rouvrir. Je n’ai pas changé d’avis. Les électeurs s’en souviennent. J’ai demandé différents scénarios qui sont à l’étude par les services techniques. Il faut que l’on ait une circulation fluide et cohérente, permettre les livraisons, l’accès aux commerces. Il faut également travailler sur les lignes de bus. Sur cette question, j’ai fait travailler le Sytral sur plusieurs possibilités pour revenir à quelque chose de plus cohérent.
Quel scénario avez-vous retenu pour rouvrir cet axe majeur qui fait le lien entre la Saône et le Rhône ?
Le scénario qui prend le dessus, c’est celui qui permet véritablement de traverser d’Ouest en Est, de la Saône vers le Rhône. À partir de là, on va affiner véritablement les circuits de bus.
Sur la rue de la République, les lignes aériennes ont été coupées…
Oui, elles ont été coupées mais avec les nouvelles générations de trolleybus, nous n’avons plus besoin d’être connectés tout le long. Leur autonomie permet de faire le circuit sans être raccordés. Ce n’est donc pas une problématique.
Pour acter la réouverture de la rue Grenette, on l’a dit, il faut redéfinir le trajet des bus concernés. Êtes-vous parvenue à trouver un tracé qui fait sens ?
C’est l’axe le plus compliqué à travailler. Je suis présidente du Sytral, donc je donne les directives, mais derrière, il y a des chauffeurs de bus dont le tracé est modifié et dont le temps de travail n’est pas le même. Je veux prendre le temps suffisant sur ces sujets-là pour ne pas mentir aux Grands Lyonnais. Quand les écologistes ont sorti le projet Presqu’île à vivre et la ZTL, ils avaient « vendu » une rue Grenette piétonne. Au lieu de piétonniser, ils ont en réalité transféré tout le pôle bus qui transitaient initialement par Hôtel de Ville pour se connecter à la fois avec le Métro A et le C, sur la rue Grenette, avec un arrêt aux Cordeliers très éloigné de l’entrée de la station de Métro A. Mon objectif avec cette réouverture de Grenette aux voitures est de trouver un équilibre pour tous et de ne jamais opposer les usages. Je ne suis ni la présidente des voitures, ni la présidente des vélos ou des bus. Je suis la présidente de la Métropole de Lyon et chacun doit être respecté dans la mise en œuvre de ses déplacements.

Des blocs de béton et des bancs étrons défigurent la rue de la Réoublique. Jusqu’à quand ?
Les bancs boudins et les blocs de béton qui défigurent la rue de la République vont-ils disparaître du paysage ?
C’est vrai que ces aménagements urbains sont pour le moins curieux et posent question. Les écologistes ont mis du provisoire qui est moche. Il faut reconnaître que l’esthétique n’est pas leur priorité. Toutefois, lorsqu’on prétend apaiser une ville et qu’on choisit de le faire par l’installation de blocs de béton, cela donne le sentiment que la ville est toujours en chantier. Une ville apaisée n’a pas de raison d’être enlaidie. On va réexaminer ces dispositifs et on n’hésitera pas à les enlever si nécessaire.
« La Presqu’île doit être apaisée mais accessible et vivante »
Quelles mesures comptez-vous prendre pour alléger la ZTL tout en maintenant l’apaisement de la Presqu’île ? Notamment la nuit.
On a pris la décision de se dire qu’il y aurait deux formules : une ZTL semaine et une ZTL le week-end. La semaine, on laisse la circulation jusqu’à la fin de la journée et jusqu’à la fermeture des commerces. Par contre, on sait très bien que les Lyonnais ont pâti des rodéos et des nuisances la nuit, donc la ZTL prendra effet aux alentours de 19h. Le week-end, nous avons fait le constat qu’il y avait beaucoup de piétons dans le centre de Lyon. Aussi du vendredi 15h au lundi à 6 heures du matin, nous allons laisser la ZTL en place. Cela permet une certaine piétonnisation. Le but, c’est de travailler de manière cohérente et globale. La Presqu’île doit être apaisée mais accessible et vivante.
Quel signal allez-vous envoyer aux habitants des villes et villages de la métropole pour qu’ils reviennent dans le centre-ville de Lyon ?
Notre volonté politique est de rouvrir la Presqu’île, de rouvrir Lyon mais aussi de se rouvrir aux territoires et non plus de se refermer. Et nous l’annoncerons très clairement. Il faut dire aux Grands Lyonnais qu’ils sont de nouveau bienvenus à Lyon, et redonner un signal fort à nos commerces indépendants qui sont pour certains en grande souffrance. Nous prenons le temps de bien faire les choses, car trop de gens ont souffert de ce qui a été mis en place de manière radicale sous le mandat précédent des écologistes.
Autre sujet d’inquiétude : les quais de Saône. Comment redonner de la fluidité aux quais Saint-Antoine et au quai des Célestins ?
Là aussi, on essaye d’avoir une temporalité et de le faire de manière coordonnée pour que les choses fonctionnent. Vous le savez, on est en train de retravailler Bellecour pour remettre les bus à leur place initiale. J’aimerais y arriver avant les prochaines vacances scolaires. Il y a aussi la sortie des parkings. On a commencé par reprogrammer les feux du quai Romain-Rolland. Tout cela est en cours. Mais ce que vous subissez dans le centre de Lyon, existe aussi sur l’avenue des Frères Lumières ou dans d’autres villes, comme à Neuville ou à Oullins-Pierre-Bénite. C’est tout cela qu’il nous faut progressivement corriger.
Quels sont les premiers retours des usagers du parking Saint-Jean après le retrait des blocs de béton en juillet dernier ?
Les gens sont évidemment satisfaits. En termes de fluidité, tout le monde l’a remarqué. Je pense que les plots du parking Saint-Jean étaient la première démonstration. Cette décision était la plus simple techniquement. Il fallait le faire. Et pour nous, c’était un bon test en manière de reprogrammation des feux. D’autant que vous le savez, mon objectif est de travailler avec l’IA pour avoir une adaptation des feux de circulation en temps réel, et donc fluidifier au maximum la circulation.
Les commerçants du Vieux Lyon ont particulièrement souffert cet été en raison d’une grosse baisse de fréquentation. Rouvrir la montée du Chemin-Neuf pour désenclaver ce quartier serait-il une solution ?
Sur la montée du Chemin-Neuf, Thomas Rudigoz, le maire du 5e arrondissement est très clair : il souhaite lui aussi la rouvrir. Là aussi, on a demandé plusieurs scénarios possibles qui nous permettent de voir comment on pourrait équilibrer les choses à certaines heures de la journée.
Avez-vous une échéance ?
Nous en sommes proche, mais il reste encore des aspects à vérifier et des freins à lever. Je salue d’ailleurs Thomas Rudigoz qui fait un gros travail de terrain tous les jours et qui a pris le temps d’étudier cet axe dans le détail, sans minimiser aucun point.
On va encore dire que vous êtes la présidente des automobilistes…
Ce dont vous parlez, c’est juste la caricature que tentent de faire les écologistes. Nous en avons l’habitude. Ce qui m’intéresse, c’est le concret et la vie quotidienne des habitants. Et ce quotidien n’était clairement pas la priorité de nos prédécesseurs. Ils l’ont complètement délaissé, voire complexifié. Ce que j’essaie de faire comprendre, c’est qu’on ne prend pas de grandes décisions d’aménagements, aussi importantes pour le quotidien des gens, sans mesure les impacts et les incidences. Nous ne sommes pas élus pour appliquer une idéologie coûte que coûte, nous sommes élus pour améliorer la vie des gens.

Véronique Sarselli accueillie par Pierre Lonobile, directeur du Grand Café Des Négociants
Vos adversaires évoquent régulièrement un « retour en arrière ». Qu’avez-vous à leur répondre ?
Je connais par cœur ce discours caricatural. Il s’acccompagne souvent du sempiternelle « sens de l’histoire » qui permet de justifier tous les folies des écologistes. Or ce n’est pas du tout un retour en arrière, loin de là. De manière beaucoup plus fondamentale, la voiture devient propre. Les chiffres de la qualité de l’air à Lyon, publiés par ATMO, se sont améliorés bien avant 2020. C’est lié au fait que les constructeurs savent innover. Donc dire que la voiture ne sera plus sur notre espace public… si elle est propre, cela n’a plus aucun sens. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’on ne prépare pas l’avenir. On a fait peser sur les épaules des Grands Lyonnais la responsabilité d’une situation climatique qui se dégrade. Et ça, je trouve que ce n’est pas digne de la fonction d’élu.
L’avenue des Frères Lumière est toujours bloquée par un chantier sans fin démarré depuis deux ans par les écologistes. Quand la continuité automobile sera-t-elle rétablie au niveau de la rue Saint-Maurice ?
En tout cas, elle est décidée. Tous ces points névralgiques qui nous ont été remontés, on s’en est saisi de manière sérieuse et responsable. On ira vers l’amélioration ! C’est notre volonté de permettre l’accessibilité parce qu’on est tout à fait conscients que la dynamique commerciale est liée à la mobilité, au stationnement. D’ailleurs, sur l’avenue des frères Lumière, j’ai même eu des remontées du terrain qui nous laissent penser que l’on peut peut-être retrouver un petit peu de stationnement. Pour autant, j’y croise aussi des commerçants qui nous disent qu’il faut quand même embellir leur environnement, qu’il faut quand même végétaliser. Mais tout cela, sans remettre en cause le fonctionnement logique des déplacements et donc de l’attractivité financière. À nous de trouver le juste milieu.

Depuis 2024, la plus belle artère commerçante de la rive gauche est le théâtre à ciel ouvert du dogmatisme écologiste. En l’espace de deux ans et demi, le dynamisme et la joie de vivre de ce quartier-village a été anéantie.
Les écologistes vous reprochent l’abandon de leur projet de fermeture de la rive droite, acté selon eux en pleine période de canicule…
Faire un tel raccourci, ce n’est pas sérieux et c’est irresponsable ! Surtout quand on s’est fait élire en disant que c’était le dernier mandat pour le climat. Je fais le bilan des six dernières années, je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de choses qui se soient améliorées, notamment les embouteillages et la pollution qui en résulte. Quand on parle de lutter contre le réchauffement climatique, on ne peut pas se contenter de faire des pistes cyclables et de planter quelques arbres.
Cette décision, vous la maintenez ?
Sur le projet Rive droite, c’est toujours pareil, je n’ai absolument pas menti aux Lyonnais. Pendant toute la campagne électorale, j’ai clairement dit que ce n’était pas le projet adapté. Ce n’est pas le projet qui répond aux attentes des Lyonnais.
Pourquoi ?
Pour deux raisons, la première, c’est qu’on ne peut pas bouleverser un axe de déplacement aussi stratégique en se disant que les voitures vont s’évaporer. On a entre 50 000 et 80 000 véhicules sur cet axe. On ne peut pas faire croire aux Lyonnais qu’on va mettre une prairie à la place. La deuxième raison, c’est que quand on veut s’attaquer à l’adaptation des villes et au réchauffement climatique, on s’attaque d’abord aux sujets qui posent problème. Nous sommes partis en campagne électorale avec la nouvelle traversée de Fourvière, en partant du constat qu’une autoroute qui passe en plein cœur de Lyon avec 42 millions de véhicules par an, c’est un sujet majeur à résoudre en matière de circulation, d’écologie et de santé publique.
Justement, maintenez-vous le projet de tunnel sous Perrache, pour fluidifier le trafic et apporter de la végétalisation en surface ?
Il est toujours d’actualité ! Je vous annonce aussi que dans le courant de l’automne, nous allons faire un gros travail sur les mobilités avec l’organisation d’un évènement très important qu’on a appelé Cap Mobilités 2035. Il va réunir tous les acteurs qui, de manière directe ou indirecte, sont parties prenantes ou sont liées aux déplacements, y compris l’État qui doit être présent autour de la table. Dans le cadre de cet événement, le projet de la nouvelle traversée de Fourvière sera évidemment sur la table comme le seront tous les autres projets.
« Le projet TEOL est officiellement abandonné »
Nos voisins tassilunois demeurent encore dans l’incertitude concernant le maintien ou non du projet de tram express (TEOL). Est-il officiellement abandonné ?
Il est officiellement abandonné puisque encore une fois, c’était un des axes de ma campagne et il le sera administrativement au prochain conseil du Sytral. Je vais passer une délibération qui va arrêter le projet TEOL. J’avais déjà prévenu la préfecture. Ce sera donc officiel et institutionnel le 30 septembre prochain.
Allez-vous ressortir le projet de métro E des cartons ?
Tout à fait, comme nous nous y étions engagés. Nous travaillons de manière administrative et juridique pour savoir comment reprendre le dossier et comment ne plus perdre de temps.
Faut-il repartir sur une phase d’études avant d’imaginer le début des travaux ? Quand pourraient-ils commencer ?
Il faut regarder précisément ce que nous dit la loi et ce qui peut être validé. Je suis plutôt optimiste sur le fait de gagner du temps. Donc le 30 septembre, au moment où on annule le projet TEOL, on recommence le projet de métro E. Alors oui, en raison des écologistes sur le mandat précédent, ce projet prendra plus de temps, mais les Grands Lyonnais ne se sont pas trompés : ils ont compris que ce mode est plus efficace et plus adapté. Nous avons déjà un tracé. Il y a des études qui ont été faites et ne sont pas perdues. Grâce à cela, on gagne énormément de temps.
Votre vice-président Pierre Oliver a fait le tour des communes de la métropole de Lyon. Bon nombre de maires se sont plaints des fameuses voies lyonnaises imaginées par vos prédécesseurs. Comment réduire ces contrariétés sans exploser le plafond des dépenses ?
Grâce au travail de Pierre Oliver et de nos équipes, on a pu voir qu’il y a des lieux où cela fonctionne. Dans ce cas, on ne touche pas. Si les maires et les usagers s’y retrouvent, il n’y a aucune raison de tout casser. Nous n’avons rien contre les pistes cyclables. Mais nous sommes plus sceptiques sur les voies lyonnaises qui prennent une emprise trop importante sur la voie publique. Il y a déjà eu des corrections. Le problème, c’est qu’il n’y a pas que Lyon. Il y a aussi toutes les autres villes qui nous l’ont demandé. La problématique, ensuite, c’est comment corriger tout ce qui ne va pas sans exploser le plafond des dépenses. Nous les savons, c’est un gros enjeu. Nous le ferons avec méthode et pragmatisme.
L’écologie n’est-elle que l’affaire des Verts ? Comment remédier au réchauffement climatique sans pénaliser les Lyonnais et l’activité économique ?
Pas du tout et heureusement ! Je vous rappelle que l’on est une métropole avec 58 communes. J’ai été maire bien avant que les écologistes n’arrivent. La plupart de mes collègues qui sont maires le sont aussi depuis un certain temps. Je peux donc vous assurer que la végétalisation des cours d’école, la végétalisation de l’espace public, çà a toujours été au cœur de nos politiques publiques municipales. Nous n’avons pas de leçon à recevoir en termes d’écologie. Il faut une écologie de résultats. Punir, contraindre, on voit ce que ça donne ! Il faut arrêter de culpabiliser les Grands Lyonnais qui n’auraient pas de bons comportements. Oui j’ai une voiture ! Oui, beaucoup de Grands Lyonnais ont des voitures, ce n’est pas pour ça que ce ne sont pas des personnes responsables.
Alors comment rafraîchir les villes ?
Sur cette question, je l’ai dit, cela fait des années que les maires le font déjà. Bien sûr qu’il faut intensifier leur rafraîchissement, créer des îlots de fraîcheur, c’est tout à fait logique. Mais il faut aussi accélérer la rénovation énergétique et puis, j’ose le dire : à un moment donné, en pleine période de canicule, il faut des systèmes de rafraîchissement.
Que pensez-vous du projet de piscine à ciel ouvert en pleine Confluence ?
La question d’aménager les rives, notamment de la Saône, pour pouvoir en faire des lieux de baignade, j’y suis tout à fait favorable ! Beaucoup de maires dont les communes donnent sur la Saône m’ont d’ailleurs exposé leur projet. On est en train de les étudier. Pour Confluence, on est sur une piscine enclavée par les habitations et par les commerces. Ce n’est pas du tout la même chose que d’aménager les rives d’un fleuve ! En prenant en main ce dossier, j’ai évidemment rencontré le maire de Lyon à qui j’ai fait part de ma volonté de regarder ce qu’on pouvait faire sur les rives et de mes réserves sur cette piscine naturelle. Pierre Oliver est allé rencontrer les collectifs d’habitants qui manifestent aujourd’hui une désapprobation à l’égard de ce projet. J’attends les retours. Il est prévu que je les rencontre aussi. Quoi qu’il en soit, ce projet est complexe et demande une réflexion de fond. Sans compter que je ne peux pas m’empêcher de faire le lien entre la fermeture annoncée de la piscine du Rhône pour des travaux et la volonté d’ouvrir très vite une piscine à Confluence.




















On ne remet pas les voitures au centre ville le WE et le soir pour ne pas impacter les commerces et la tranquillité des lyonnais
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