Texte : Morgan Couturier – À presque 22 ans, Nina Bouffet est devenue en mars 2026 , la plus jeune élue inscrite à l’Hôtel de Ville. Une étiquette que la conseillère municipale souhaite mettre à profit, usant de ses actions pour convaincre. Et justifier sa légitimité.
Puisque le 7eme art a remis l’Odyssée au goût du jour, Nina Bouffet est peut-être à Lyon, ce qu’est Ulysse à l’œuvre d’Homère ou de Christopher Nolan. La voilà aux prémices d’un long parcours, à voguer dans ce tortueux détroit qu’est la politique. Mais à la différence du roi d’Ithaque, les vents semblent porter cette jeune femme de 21 ans, nantie d’une unité supplémentaire en septembre prochain. Car si elle a succombé dès sa majorité aux chants des sirènes ou plutôt aux sirènes de la politique, la conseillère municipale fait aujourd’hui honneur à une réplique chère à ses parents : « soit tu fais, soit tu n’es pas légitime pour parler ».
Cela tombe bien, Nina Bouffet aime s’exprimer, donner son avis. À la condition d’agir et que ces avis ne deviennent pas vains. Son adhésion à 18 ans au parti Horizons, en fut la démonstration. Depuis, son engagement s’est même intensifié. La Drômoise d’origine, débarquée à Lyon pour ses études, se laisse porter par une philosophie : être utile aujourd’hui, pour préparer demain. Pour changer l’histoire peut-être, en hommage à ses parents, tous deux passionnés par cette matière.
« Si on m’a fait confiance pour être élue, je dois être capable de tout faire »
« Depuis toute petite, j’ai un peu des idées sur tout », dévoile-t-elle. Alors la Lyonnaise aime pêcher les infos. À plus forte raison dans son 8eme arrondissement, un territoire qu’elle a appris à apprécier, au point d’en occuper le poste de conseillère d’opposition. Alors malgré le dogmatisme du maire écologiste Olivier Berzane, particulièrement avare en communication, Nina Bouffet a appris à se battre.
À mener ses combats, n’en déplaise à ceux qui souhaiteraient la réduire à son jeune âge. Qui plus est à l’Hôtel de Ville, où elle endosse le costume de benjamine au sein du conseil municipal. « Être la benjamine, ça peut être infantilisant, mais j’ai envie de tout comprendre. Si on m’a fait confiance pour être élue, je dois être capable de tout faire », expose celle qui fut placée en 18e position sur la liste de Cœur Lyonnais.
L’occasion pour la partisane d’Edouard Philippe de mettre à profit son leitmotiv : « la politique, c’est convaincre les gens. Sinon, c’est que tu es mauvais ». Soit ! À bientôt 22 ans, Nina Bouffet compte bien être reconnue pour son travail et son efficacité. Effacé ainsi le stress du premier jour et cette gorge nouée à l’heure de faire l’appel des élus, Nina Bouffet a aujourd’hui cerné les contours de cette « grosse machine » qu’est la mairie de Lyon. Mieux, la voici volontaire pour participer aux instances, pour s’opposer et faire remonter les requêtes de ses administrés.
Étudiante et élue municipale, une combinaison impossible ?
Son mentor en a fait son slogan : « il faut croire en nous ». Alors la Lyonnaise croit en elle. À cette ambition de changer les choses. Y compris sur ces sujets de féminisme et d’écologie que l’extrême-gauche souhaite souvent s’attribuer. « Ce sont des batailles que j’ai envie de mener. On peut être une femme de 21 ans et ne rien laisser passer sur ces sujets. C’est ça aussi la nouvelle génération. On peut être de centre droit sans être les grands méchants dangereux comme veut bien le laisser penser la France Insoumise », plaide-t-elle avec assurance.
Reste néanmoins un blocage et de taille. Engagée en master Sciences Politiques, l’élue lyonnaise ne peut se permettre aucune absence, sous peine de défaillance. Inversement, trop d’absentéisme aux conseils municipaux pourrait lui coûter une dévaluation de ses indemnités. Or, aucune disposition légale ne lui permet aujourd’hui de concilier les deux.
Hélas, à en croire l’intéressée, la majorité écologiste ne semble pas pressée d’améliorer son cas. Il lui faudra donc affronter cette épreuve pour arriver à bon port. Ulysse a mis dix ans pour y parvenir. Dans son périple personnel, la conseillère municipale espère être plus rapide. Après tout, Homère l’a écrit : « à ceux qui fuient ne viennent ni la puissance ni la gloire ».


















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