Texte : Fanny Suteau – À 50 ans, Sylvain Favier a pris, le 1er janvier 2026, la direction de la Clinique du Parc. Après 25 ans passés dans l’hospitalisation privée, ce Stéphanois revendiqué entend préparer l’avenir de cette institution lyonnaise sans en trahir l’ADN. Entre management de proximité, culture du collectif et passion du football, portrait d’un dirigeant qui préfère parler d’équipe plutôt que de lui.
Dans son bureau, un maillot de l’AS Saint-Étienne trône au mur. Un clin d’œil assumé dans une ville où l’on ne pardonne pas toujours la couleur verte. « En fait, je mets l’abnégation stéphanoise au service de l’expertise lyonnaise », sourit-il. Une formule qui résume assez bien le personnage : sérieux sans être solennel, exigeant sans être distant. À la Clinique du Parc, il est arrivé avec une conviction simple : avant de vouloir changer une maison, il faut commencer par la comprendre.
Du hasard à une vocation
Rien ne destinait pourtant Sylvain Favier à la santé. Après une prépa HEC, un cursus en management puis un DESS en gestion hospitalière privée, c’est presque par accident qu’il décroche son premier contrat d’apprentissage dans un laboratoire d’analyses médicales. « J’ai pris le premier poste qu’on m’a proposé », raconte-t-il. Le hasard fait parfois bien les choses, le secteur le passionne immédiatement.
Curieux, il gravit rapidement les échelons jusqu’à devenir directeur de clinique à seulement 26 ans. Paris, Natécia, l’Hôpital privé de l’Est Lyonnais, Ramsay Santé, la Polyclinique du Beaujolais où il traverse la crise du Covid, puis une parenthèse inattendue chez Sport dans la Ville, avant de revenir dans la santé à Ambérieu-en-Bugey.
Une carrière construite au fil des opportunités plus qu’à coups de plans de carrière. « Souvent, quand le bus passe, il faut monter. Il ne passera pas trois fois. Il faut savoir saisir l’opportunité », résume-t-il.
Préserver l’âme de la Clinique du Parc
Depuis janvier, Sylvain Favier pilote l’un des établissements les plus emblématiques de la médecine privée lyonnaise. Une centaine de chirurgiens libéraux, près de 240 collaborateurs, 35 millions d’euros de chiffre d’affaires et une activité de 100 à 120 patients pris en charge chaque jour, dont une large majorité en chirurgie ambulatoire.

Bâtiment ultra-moderne, la Clinique du Parc, propriété du groupe ELSAN, se situe boulevard Stalingrad.
Référence historique en orthopédie, la Clinique du Parc, propriété du groupe ELSAN, rayonne également en chirurgie esthétique, bariatrique, ophtalmologie ou neurochirurgie. « La Clinique du Parc est une institution lyonnaise. Elle a toujours su être à la pointe de l’innovation tout en gardant un esprit humain. C’est cet ADN qu’il faut conserver pour l’avenir », insiste le directeur.
Son premier réflexe n’a pas été d’imposer sa méthode, mais d’écouter. Rencontrer les équipes, les praticiens, comprendre ce qui fait l’identité de la clinique avant d’accompagner son évolution.
Le vestiaire comme école de management
Pour comprendre Sylvain Favier, il faut pousser la porte d’un vestiaire de football. Vice-président du FC Lyon-Croix-Rousse, fidèle supporter des Verts, il revendique l’influence du sport collectif sur sa manière de diriger. « Mes valeurs, je les ai apprises dans le sport collectif. La performance, je l’ai apprise dans le sport individuel », souligne-t-il.

Sylvain Favier sur le toit de la Clinique du Parc.
Son bureau devient parfois un terrain de jeu. Le maillot stéphanois sert d’« icebreaker ». Vêtues de vert, les équipes viennent parfois solliciter une signature du directeur, et chacun connaît la plaisanterie : « Si Saint-Étienne gagne le week-end, vous passerez une bonne semaine ! »
Derrière l’humour se cache une philosophie de management inspirée d’Albert Camus, dont il aime citer cette phrase : « Ce que je sais de plus sûr à propos de la moralité et des obligations des hommes, c’est au football que je le dois ».
Et lorsqu’on lui demande quelles sont ses ambitions, il répond presque à contre-courant de son époque. Pas de carrière à gravir ni de prochain fauteuil à conquérir. Seulement une ligne directrice : laisser une institution plus forte qu’il ne l’a trouvée. « Être sérieux sans se prendre au sérieux », résume-t-il. Une formule qui, à bien des égards, pourrait devenir sa signature.

















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