Texte : Morgan Couturier – Ancien chasseur alpin, Iliès Kadri a finalement choisi d’embrasser une carrière d’acteur. Ambitieux, l’enfant de Lyon ne se refuse aucun rêve alors que les planètes semblent s’aligner pour lui offrir une réussite à la hauteur de sa motivation.
Son visage a beau être dissimulé sous une casquette, sa silhouette longeant discrètement les murs, Iliès Kadri n’est pas encore agent secret. Encore moins James Bond ou Ethan Hunt. Pourtant, comme Tom Cruise ou Daniel Craig, le « Gone » a longuement usé d’une arme et défendu son pays. Quitte à le faire, au péril de sa vie.
Il n’eut pas à aller jusque-là, mais il fut bien un militaire en treillis avant d’être un acteur. Un chasseur alpin avant de briller face caméra. Dans le synopsis de son histoire, déjà bien fournie pour son âge (28 ans, ndlr) figure évidemment cette passion naturelle pour le cinéma et la mise en scène, mais la réalité économique du 7e art l’eut aussi ramené à d’autres ambitions. Celle de s’engager dans l’armée, sitôt les habits de lycéen rangés au placard.
« Les écoles de théâtre à Paris étaient trop chères et je ne voulais pas d’une vie métro-boulot-dodo. Un jour, en regardant la télé, je suis tombé sur un reportage sur les chasseurs alpins. Ça m’a tellement captivé que j’ai voulu m’engager », raconte-t-il.
Vinrent alors les titres de major de promo obtenus à tous ses stages et un poste de sous-officier qui lui tendait les bras. Pour autant, la magie du cinéma est bien dure à oublier. Elle est même devenue un sortilège heureux ayant profondément imprégné ce personnage « introverti » que le 7e art est parvenu à décomplexer. À attirer dans ses filets aussi, chaque permission se transformant au fil du temps en opportunité de postuler à des castings. Un choix payant, son profil étant finalement repéré par l’agence Artmédia.
« Je privilégie un jeu naturel. J’imprègne tous mes personnages de mon vécu »
« J’étais en opération vigipirate à Paris quand l’agence m’a envoyé sur un casting. J’ai eu de la chance, les auditions sont tombées sur un jour de repos. Le lendemain, la réalisatrice m’appelait pour me dire que j’avais le rôle. C’était un des plus beaux jours de ma vie », raconte-t-il avec passion.
Un rebondissement comme le cinéma sait en écrire, qui confronta néanmoins le Lyonnais à un choix cornélien. Répondre à l’appel des plateaux de tournage du film « La Vallée » ou poursuivre une carrière toute tracée. La proposition n’allait pas s’autodétruire en cinq secondes. Mais il fallut agir. « J’étais très épanoui dans l’armée mais un sergent m’a dit : ‘‘essaye, on n’a qu’une vie’’. Et pour l’instant, je ne regrette pas ce choix », témoigne-t-il avec le recul.
Grand bien lui prit. Comme l’eût dit Pierce Brosnan dans « le Monde ne suffit pas » : « la vie ne vaut pas d’être vécue si on ne la vit pas comme un rêve ». La suite ? Un rôle dans la série « Les Sauvages » diffusée sur Canal+ et tournée aux côtés de Roschdy Zem ou Marina Foïs. « La série a bien marché, c’est vraiment elle qui m’a permis de me faire connaître et de décrocher d’autres rôles », raconte le jeune acteur.
Sa réussite inspire son frère, Oussem, également reconverti dans le cinéma
Depuis, Ilies Kadri se plaît à vivre mille et une vies comme son acteur favori, Christian Bale (Batman ou Le Mans 66, ndlr) et à incarner différents personnages. Le plus beau ? Celui de Brahim dans le film « Les Arènes », tourné en grande partie… à Lyon. Sa ville.
Reste que la carrière d’acteur est faite de hauts et de bas. De missions qu’il faut aller chercher à coups de va-et-vient express entre Lyon et Paris. Une question de motivation. De nécessité aussi, alors que réussir dans ce métier implique certains efforts et sacrifices. Si bien que dans ces valises qu’il trimballe derrière lui, de nombreux scripts finissent par lui servir de lecture dans ses voyages retour.
Le mois de juillet fut d’ailleurs bien chargé et les opportunités nombreuses. Une chose est sûre, en attendant le verdict des réalisateurs, Iliès Kadri peut se réjouir d’avoir déjà ficelé quelques projets : un téléfilm (« Meurtre à Saint-Émilion » avec le fils d’Alain Delon, Anthony, pour le compte de France TV, un nouvel épisode de la comédie policière « Ness et Rayan » (ci-dessous) ou encore un rôle dans le futur biopic de Louis Derungs (baptisé « Après la fin »).
« Je veux jouer », clame-t-il avec convoitise. Peut-être est-ce pour cela que la chance sourit à cet audacieux, animé par ce rêve fou de décrocher un jour un César. « J’ai toujours été élevé dans cet esprit d’être le meilleur. Je sais que c’est un métier compliqué mais je travaille pour. J’ai la chance d’en vivre. J’estime être chanceux mais je suis ambitieux. Je sais que je peux faire de bonnes choses », assume-t-il.
Ce n’est pas à ce passionné que l’on va l’apprendre : un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Cela tombe bien, Iliès Kadri veut tisser sa toile dans l’univers du cinéma. Que la force soit avec lui !




















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