Texte : Fanny Suteau – À 33 ans, Laïla Khallouk fait partie de cette nouvelle génération d’élus issus de la société civile. Conseillère municipale et d’arrondissement depuis les élections de mars 2026, cette Lyonnaise de naissance entend porter la voix des habitants du 9e avec pragmatisme, sans renoncer à sa vie de mère et d’entrepreneuse.
Lorsque Jean-Michel Aulas lui propose de rejoindre l’aventure Cœur Lyonnais, Laïla Khallouk n’a jamais exercé le moindre mandat. Juriste de formation, passée par le conseil en droit social puis la promotion immobilière avant de créer son activité de marchand de biens avec son mari, elle découvre la politique presque par hasard. Un hasard qu’elle revendique aujourd’hui comme une chance.

Laïla Khallouk sur le terrain aux côtés de Jean-Michel Aulas lors de la campagne municipale.
Le 9e, une histoire de vie avant d’être un engagement
Née dans le 2e arrondissement, élevée dans le 6e, c’est finalement dans le 9e que Laïla Khallouk construit sa vie d’adulte. « Le neuvième, c’est pour moi une rencontre amoureuse et aussi une vie d’adolescente, puis de jeune femme et maintenant de jeune maman », confie-t-elle.
Pendant la campagne municipale, plutôt que d’imposer un programme, elle choisit d’aller écouter les habitants. Réunions participatives, groupes de travail, rencontres de quartier… Une méthode qu’elle revendique encore aujourd’hui. « Ce qui m’a portée, c’était la dimension société civile du projet », souligne l’élue.

Laïla Khallouk sur le terrain.
Cette campagne, qu’elle décrit comme « intense » et parfois « violente », lui laisse surtout le souvenir d’une formidable immersion dans un arrondissement qu’elle croyait pourtant connaître depuis plus de 12 ans.
Le logement comme priorité
Élue depuis bientôt 6 mois, Laïla Khallouk partage désormais son temps entre son mandat, son entreprise et sa famille. « Un tiers, un tiers, un tiers », résume-t-elle en souriant, reconnaissant que cela laisse « un peu moins de temps pour dormir ».
Son principal combat est déjà identifié : le logement. Étudiants, familles, seniors… Pour elle, la crise immobilière menace directement l’attractivité de Lyon, et plus particulièrement celle du 9e arrondissement.
« À mes yeux, le 9ᵉ arrondissement est l’un des plus beaux et des plus prometteurs de Lyon », affirme-t-elle avec conviction. Entre les quais de Saône, Saint-Rambert, la Duchère ou Gorge de Loup, elle voit un territoire riche mais freiné dans son développement. Son objectif est clair : remettre le logement au cœur des politiques publiques tout en poursuivant les projets imaginés avec les habitants durant la campagne.
« Être élue, c’est transformer les convictions en actions, avec la même exigence que l’on met à élever un enfant ou à bâtir une entreprise »
En juin dernier, l’affaire Roman Abreu a profondément bouleversé le paysage politique lyonnais. Avec plusieurs élus du 9e, Laïla Khallouk a choisi de quitter le mouvement Cœur Lyonnais, tout en continuant de défendre les valeurs qui avaient motivé son engagement.
« Pour moi, l’exemplarité est un mot simple derrière lequel tout le monde veut se cacher. Personne n’est exemplaire. Le but n’est pas de l’être, mais d’être ce que l’on est et de comprendre pourquoi et comment, un jour, on a été », insiste-t-elle.

Laïla Khallouk et le maire du 2e arrondissement, Pierre Oliver.
En dehors de la politique, cette ancienne patineuse synchronisée continue de courir les rues de Lyon, entre Urban Trail, Run In Lyon ou Courir pour Elles. Une manière de retrouver son équilibre avant de repartir défendre ses dossiers.
Et lorsqu’on lui demande la phrase qui résume le mieux sa philosophie, la réponse tombe naturellement : « Être élue, c’est transformer les convictions en actions, avec la même exigence que l’on met à élever un enfant ou à bâtir une entreprise ». Une manière d’aborder chaque journée avec enthousiasme, sans jamais oublier la raison de son engagement.

















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