Texte : Fanny Suteau – À seulement 29 ans, Camille Kieffer a transformé une simple idée née pendant le confinement en l’un des traiteurs événementiels majeurs de la région lyonnaise. À la tête de MK Traiteur Événementiel, anciennement Mamie Kocotte, la jeune dirigeante enchaîne désormais plus de 700 événements par an.
Il y a des aventures entrepreneuriales qui naissent d’un business plan. Celle de Camille Kieffer est née d’une story Instagram. En avril 2020, alors que la France est confinée, la jeune diplômée de l’Institut Lyfe (ex Paul Bocuse) publie simplement les plats qu’elle cuisine chaque matin.
Quelques jours plus tard, une première commande de cocktail dînatoire tombe. Puis une deuxième. Puis une troisième. Cinq ans plus tard, la petite auto-entreprise créée presque sur un coup de tête est devenue une société d’une dizaine de collaborateurs en moyenne, capable aussi bien de servir un buffet pour dix personnes qu’un événement réunissant plus de 2 000 convives.
Une intuition devenue entreprise
Petite, Camille rêvait pourtant d’être médecin légiste. Rien ne la destinait à l’événementiel, si ce n’est cette passion pour la cuisine transmise par sa mère et cette envie permanente de bouger. Après plusieurs expériences à Marrakech, Budapest ou Bangkok pendant ses études, elle revient pourtant avec une certitude : son avenir sera en France.
« Je pensais finir à Tahiti, dans un grand hôtel. Finalement, tous ces voyages m’ont montré que ma place était ici, près de mes racines », souligne la jeune femme. Le projet d’un restaurant tombe finalement à l’eau quelques heures avant le premier confinement. Un revers qui se transformera finalement en opportunité.
Avec sa mère, elle commence à cuisiner depuis la maison, livre elle-même ses commandes aux quatre coins de Lyon et bâtit, presque sans s’en rendre compte, les fondations de Mamie Kocotte. Aujourd’hui, la boutique de Tassin conserve ce nom devenu familier des habitués, tandis que l’activité évènementielle poursuit son développement sous le nom de MK Traiteur Événementiel.
Une cuisine qui ne s’écrit jamais un an à l’avance
Chez Camille Kieffer, les menus figés n’existent pas. Chaque prestation est pensée comme une création unique, adaptée aux envies du client, aux saisons et à l’inspiration des équipes. « Je déteste savoir aujourd’hui ce que je servirai dans un an. La cuisine doit rester vivante, spontanée et créative », insiste l’entrepreneuse.
Cette liberté est devenue la signature de la maison. Une cuisine moderne, profondément ancrée dans les fondamentaux français, où le fait maison reste une évidence. Derrière chaque prestation se cache aussi une histoire familiale. Sa mère dirige aujourd’hui la production et transmet aux équipes cette même exigence qui fait dire aux habitués qu’ils reconnaissent les plats de MK les yeux fermés.
Loin des catalogues standardisés, Camille préfère écouter, adapter, imaginer. « Le client doit repartir avec une prestation qui lui ressemble », résume-t-elle. Une philosophie qui explique sans doute pourquoi l’entreprise assure désormais plus de 700 événements et plus de 1 000 livraisons chaque année.
« Merci la vie »
En mars dernier, la jeune entrepreneuse a eu le bonheur d’intégrer l’association des Toques Blanches Lyonnaises. Une reconnaissance forte, vécue dans un contexte très particulier : enceinte de 7 mois, elle avait choisi de ne rien dévoiler.
« Je craignais qu’on pense qu’on ne pouvait pas être à la fois dirigeante et future maman. Aujourd’hui, je crois que c’est justement devenu ma plus grande force », explique cette dernière. À 29 ans, Camille continue pourtant de douter, de remettre son travail sur l’ouvrage et de vouloir prouver chaque jour qu’elle mérite sa place.
Son ambition ? Continuer à faire grandir MK sans jamais perdre son ADN. Aller là où les projets l’emmèneront, même à plusieurs centaines de kilomètres de Lyon, tout en restant fidèle à cette devise héritée de son père : « Ce qui est fait n’est plus à faire ». Et lorsqu’on lui demande de résumer son parcours, elle sourit simplement : « Merci la vie. Je trouve fou tout ce qu’on peut vivre dans une seule existence ».




















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