Par la rédaction – Alors que les fermetures administratives pleuvent sur Lyon depuis deux mois, le syndicat UMIH du Rhône vient d’adresser une lettre ouverte au préfet du Rhône afin d’ouvrir un débat qu’elle estime nécessaire sur les conséquences de ces interdictions d’exercer dans le secteur de la restauration et sur les modalités de communication qui les accompagnent.
L’organisation professionnelle représentée par Thierry Fontaine et Geoffrey Clavel tient d’emblée à préciser sa position : il ne s’agit en aucun cas de contester les contrôles sanitaires ni les sanctions lorsqu’elles sont justifiées. Les restaurateurs sont pleinement conscients de leurs responsabilités en matière d’hygiène et de sécurité alimentaire et reconnaissent la nécessité de mesures fortes lorsque la protection des consommateurs l’exige.
Les restaurateurs dénoncent la « double peine » qui leur est infligée
Pour l’UMIH du Rhône, le sujet est ailleurs. Il porte sur la proportionnalité des conséquences qui découlent aujourd’hui d’une fermeture administrative. Lorsqu’un établissement est contraint de fermer ses portes à la suite d’un contrôle, les répercussions sont déjà considérables. L’activité est immédiatement interrompue, le chiffre d’affaires s’effondre, les emplois peuvent être fragilisés et les coûts de remise en conformité s’ajoutent à une situation économique souvent tendue. Dans certains cas, la survie même de l’entreprise peut être menacée.

Thierry Fontaine, Président de l’UMIH Rhône
À cette sanction administrative s’ajoute désormais une forte exposition médiatique. Les décisions de fermeture annoncées sur les réseaux sociaux de la Préfecture sont largement relayées dans la presse et les supports numériques, où elles peuvent circuler pendant de longues semaines. Surtout, les informations demeurent facilement accessibles sur internet, bien après que les travaux correctifs ont été réalisés et que l’établissement a obtenu l’autorisation de rouvrir.
C’est précisément sur ce point que l’UMIH souhaite attirer l’attention des pouvoirs publics. Une fois la remise en conformité constatée et le risque sanitaire écarté, quelle est la finalité d’une stigmatisation qui peut perdurer pendant des mois, voire des années ? L’organisation professionnelle s’interroge sur l’équilibre entre l’objectif légitime d’information du public et les conséquences durables pour les entreprises concernées.
Une communication à sens unique
Selon l’organisation, cette situation dépasse le seul cadre des établissements sanctionnés. Elle contribue également à fragiliser l’image de l’ensemble de la profession. Dans une métropole comme Lyon, dont la réputation gastronomique constitue l’un des principaux atouts touristiques et économiques, les restaurateurs participent quotidiennement au rayonnement du territoire. Pourquoi la Préfecture ne communique-t-elle pas également sur les réouvertures une fois que la situation de l’établissement a été corrigée ?
L’UMIH rappelle ainsi que les dispositifs de contrôle doivent continuer à garantir un haut niveau de protection des consommateurs, tout en évitant de nourrir une perception négative de toute une filière à partir des manquements constatés dans quelques établissements.
L’organisation appelle également à une réflexion sur l’équité de traitement entre les différents acteurs. Les restaurateurs sont soumis à de nombreuses obligations en matière d’hygiène, de sécurité, d’accessibilité ou encore d’accueil du public. Ces règles sont considérées comme légitimes, mais elles doivent, selon l’UMIH, s’appliquer de façon homogène à tous les opérateurs exerçant des activités comparables, quels que soient leur statut ou leur modèle économique.
À travers cette lettre ouverte, l’UMIH du Rhône souhaite avant tout engager un dialogue constructif avec les services de l’État. Son objectif : concilier la nécessaire protection des consommateurs avec la préservation des entreprises, de l’emploi local et de l’attractivité économique et touristique du territoire.
Une démarche qui ouvre un débat sensible, à l’heure où les questions de transparence sanitaire et de responsabilité économique occupent une place croissante dans l’espace public.















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