Handicap. Une ministre en déplacement à EKLYA, « une école qui casse les codes »

16 avril, 2026 | Actualités Politiques | 0 commentaires

Texte : Fanny Suteau – Camille Galliard-Minier a fait escale à EKLYA School of Business pour mettre en lumière un dispositif innovant d’insertion professionnelle pour jeunes en situation de handicap, en présence d’élus et d’acteurs économiques du territoire.

À quelques heures de l’ouverture de la conférence mondiale d’Alzheimer’s Disease International à Lyon, la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées a choisi de débuter l’après-midi sur le terrain. Loin des discours officiels, au cœur d’une école où l’inclusion ne se décrète pas : elle se construit, pas à pas.

Pascal Charmot, vice-président délégué au handicap à la Métropole de Lyon, Karine Lucas, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes, Philippe Valentin, président de la CCI Lyon Métropole Saint Étienne Roanne, Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Véronique Sarselli, présidente de la Métropole, Sébastien Arcos, directeur d’EKLYA, Antoine Guérin, préfet délégué pour la défense et la sécurité et Nathalie Bruneau, conseillère municipale d’Écully

Une école qui casse les codes

Dans les allées d’EKLYA, ce ne sont pas seulement des étudiants « ordinaires » en étude de commerce que l’on croise, mais aussi 17 jeunes « extraordinaires », engagés dans un parcours adapté, pensé pour les mener vers l’emploi. Ici, l’inclusion se vit au quotidien, entre cours fondamentaux, ateliers pratiques et immersion en conditions réelles.

« On avait eu des échos sur cet établissement… Il illustre un sujet essentiel : l’emploi des personnes en situation de handicap », souligne Camille Galliard-Minier, avant d’insister : « il faut voir les personnes à travers leurs capacités et non leurs limites ».

A l’origine de ce projet, une histoire personnelle. Celle de Sébastien Arcos, directeur de l’école, dont la fille est porteuse de trisomie 21. « On part souvent d’une présomption d’incompétence. On vous explique tout ce que votre enfant ne pourra pas faire », confie-t-il. « Alors avec mon épouse on s’est battus… et on a décidé de créer ce qui n’existait pas ».

La ministre aux côtés de Sébastien Arcos, sa femme et leur fille, Valentine

Des magasins-école pour apprendre autrement

Point d’orgue de la visite : les deux magasins-école développés avec Carrefour et La Vie Claire. De véritables terrains d’apprentissage où les étudiants manipulent, encaissent, conseillent. Pour cela, l’école a mis en place un programme en deux temps. Les six premiers mois ont été consacrés à l’apprentissage des fondamentaux les matins : lecture, écriture, calcul.

« Et les après-midis, on a travaillé autrement : théâtre le lundi pour qu’ils prennent confiance, sport adapté le mardi avec Lyon Métropole Natation, travail avec l’ergothérapeute le jeudi pour leur faire travailler la motricité fine et bilan de la semaine le vendredi avec une éducatrice spécialisée », détaille Sébastien Arcos.

Ce dispositif va désormais vers une phase professionnalisante. « Notre objectif, c’était de les amener à un contrat d’apprentissage en étant le plus prêts possible », poursuit-il. Pari réussi : les 17 jeunes du programme sont aujourd’hui en capacité d’intégrer le monde du travail. Le dispositif repose également sur une adaptation intelligente des apprentissages. « On modifie les référentiels pour les rendre accessibles. Par exemple, dans les magasins-école, l’encaissement se fait par carte plutôt qu’en espèce », précise le directeur.

Un modèle appelé à essaimer

Autour d’une table ronde, la ministre, les élus et les partenaires de l’école saluent une initiative exemplaire. « La clé du succès, c’est un projet porté avec conviction et une mécanique très ciselée », insiste Philippe Valentin, président de la CCI Lyon Métropole Saint Étienne Roanne.

Au-delà du projet éducatif, c’est toute une philosophie qui s’impose. « Ce que vous construisez ici, c’est un modèle », appuie la ministre, qui souhaite s’inspirer « de ce qui se passe sur les territoires ». Un modèle qui repose aussi sur le collectif. « On voit que c’est possible quand on fédère des partenaires publics, privés et des équipes engagées », souligne-t-elle, saluant « une réussite à 100% » du dispositif.

La visite de la ministre s’est conclue par un échange direct avec les 17 jeunes du dispositif, lors d’une séance de questions-réponses. Dans une société encore frileuse face au handicap, EKLYA trace une autre voie. Une voie concrète, humaine, et résolument tournée vers l’avenir.

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/fanny" target="_self">Fanny Suteau</a>

Fanny Suteau

Journaliste. En charge de la rédaction de nos articles. Fraîchement arrivée mais déjà prête à relever le défi de l’actualité.

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