Texte : Fanny Suteau – Dans l’Ouest lyonnais, les restaurants La Boîte Noire se sont imposés en dix ans comme une référence. Derrière l’enseigne, un autodidacte passionné : Lucas Verilhac, qui a ouvert son premier établissement à 20 ans, après un parcours hors des sentiers battus.
Lucas Verilhac n’a pas le profil classique des entrepreneurs de la restauration. À 15 ans, il quitte l’école et se lance directement dans le grand bain des restaurants. « J’ai tout essayé : la cuisine, la plonge, la salle, la compta. Quand je prends un sujet, je vais au bout », confie-t-il fièrement. C’est pourtant un hasard qui va changer sa trajectoire. Lors d’une saison en Ardèche, le restaurant dans lequel il travaille manque d’un pizzaïolo.
« Mon patron m’a envoyé aux pizzas et m’a fait faire une formation express de quatre jours. Je suis tombé amoureux du métier ». Quelques mois plus tard, Lucas part six mois en Italie pour se perfectionner. L’idée est déjà là : ouvrir sa propre affaire.
Une première pizzeria à 20 ans
En 2016, à seulement 20 ans, il rachète une petite boutique à Tassin-la-Demi-Lune, ancienne bijouterie en faillite. Prix d’achat : 20 000 euros. « Mes parents étaient un peu sceptiques, j’avais arrêté l’école tôt. Mais ils ont quand même cru en moi », souligne le lyonnais. Le pari fonctionne immédiatement. Les prévisions sont dépassées, la clientèle répond présente et Lucas travaille sans relâche.
« J’ai fait des semaines de 150 heures. Physiquement et mentalement, c’était très dur », insiste-t-il. L’enseigne prend alors son nom, presque par hasard. « À l’époque, toutes les pizzas étaient dans des boîtes blanches. Je voulais quelque chose qui marque. Mon père m’a dit : “Appelle ça La Boîte Noire, les gens s’en souviendront » ». Et le nom est resté.
Sept adresses et une passion intacte
Le succès entraîne rapidement de nouvelles ouvertures. Un restaurant à Craponne, appelé « La Boîte Bleue », un autre à Champagne-au-Mont-d’Or, puis à Saint-Didier-au-Mont-d’Or, un conteneur gourmand, baptisé cette fois-ci « La Boîte Rose », au H7 à Confluence ou encore à Belmont d’Azergues, où se trouve d’ailleurs le laboratoire de production de l’entreprise. « On produit tout là-bas : les pâtes, les sauces, les desserts…
Pour maintenir la même exigence dans tous les restaurants », ajoute le fondateur. Pour lui, la croissance doit rester maîtrisée. L’entrepreneur privilégie ainsi un développement progressif, en nom propre, afin de préserver la qualité des produits. « La franchise n’est pas une option », insiste ce dernier. Aujourd’hui, La Boîte Noire compte sept points de vente, sur place ou à emporter.
« Je suis un amoureux du client, j’ai besoin d’être en contact »
Derrière l’entrepreneur, il y a un amoureux du métier, mais surtout des gens. « J’adore l’humain. Certains salariés sont avec moi depuis dix ans. Je pense que si tu es bienveillant avec ton équipe, tu peux emmener les gens où tu veux », explique ce dernier.
Dix ans après le premier restaurant, Lucas Verilhac n’a rien perdu de sa passion. Mais une chose lui manquait : retrouver le contact direct avec ses clients. « Je suis un amoureux du client, j’ai besoin d’être en contact. J’avais besoin de revenir sur place, d’être présent tous les jours », explique-t-il. Une envie qui l’a conduit à ouvrir un nouveau chapitre, cette fois-ci à Francheville…



















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