Texte : Morgan Couturier – Choisie pour intégrer les Halles Paul Bocuse, la fromagerie Janier compte bien partager son savoir-faire aux clients du ventre de Lyon. À peine installé, le MOF Christian Janier ne cache pas sa fierté d’intégrer l’institution.
Au jeu du renouvellement des concessions, la municipalité a beau s’être montrée gourmande sur les factures, les clients pourraient bien s’y retrouver, à l’autre bout de la chaîne. « Incessamment sous peu », les visiteurs des Halles de Lyon apprécieront en effet, la présence nouvelle du col tricolore de Christian Janier et les couleurs de ses fromages, issus de France et d’ailleurs (Suisse, Italie, Espagne ou Belgique).
Le fromager, comme ses enfants, Alice et Pierre, débutent en ce week-end pascal.
Et pour cause, alors que les 300 références de la maison – issues de « 280 fournisseurs mono-produit » – font les beaux jours des professionnels depuis son adresse de la rue Seguin, la fromagerie lyonnaise espère rapidement profiter de cette nouvelle vitrine qu’est l’antre gourmande de la capitale de la gastronomie.
« C’est un effet miroir avec notre activité de grossiste », évoque Christian Janier, dont l’enseigne récupère l’emplacement du fromager, Beillevaire. Un double clin d’œil au passé, alors que le meilleur ouvrier de France s’était déjà positionné « dans le dos de (son) père » pour s’installer aux Halles. Et ce, avant de se rétracter, pour le plus grand plaisir de l’enseigne du marais breton-vendéen.
« Au bout de 25 ans, j’ai enfin le titre de meilleur ouvrier de France sur une façade »
Mais surtout, le fromager a trouvé place dans l’allée de la Mère Vittet, autrefois cliente de son grand-père, Noël. Le « carré d’or des Halles », diront certains, bien que l’intéressé se défende de ce titre. « Si on est bon, on peut être n’importe où », se justifie-t-il, excité à l’idée d’entamer cette nouvelle aventure. « Aujourd’hui, c’est concret. Il y a de la fierté de voir le nom Janier sur le fronton d’une boutique aux Halles », avoue celui qui sut construire sa réputation sur le triptyque « tradition, qualité, noblesse ».
Amoureux des « produits qui ont une histoire et une raison d’être », Christian Janier écrit par la même occasion un nouveau chapitre de la saga familiale, initiée en 1885 par son arrière-grand-père, Clément-Félix Janier. Les amoureux de beaux récits auront alors retenu que ce dernier avait quitté ses terres jurassiennes pour emporter « quelques pains de Comté sur une carriole » et ouvrir un commerce de détail dans la capitale de la gastronomie.

La cave d’affinage de la Maison Janier à la Confluence
Le fromager avait alors réussi son installation. Un siècle et demi plus tard, Christian Janier espère revendiquer pareille performance, fort des quelque 150 variétés exposées sur ses étals. « Ça fait déjà pas mal », s’amuse le Lyonnais, ravi d’ouvrir la dégustation de ses produits aux plus gourmands. De toute façon, Christian Janier ne peut se louper. Il se sait observé. Face à lui trône un nom : Paul Bocuse !

















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