Texte : Philippe Lecoq et MC – Heureux soient les Tassilunois – pas si simple à écrire sans faute d’orthographe – qui retrouvent pour la troisième fois consécutive les deux mêmes candidats aux élections municipales. Et comme souvent, à la fin du match, c’est Pascal Charmot qui l’emporte. Alors que certaines voix l’annonçaient en difficulté, le maire sortant s’impose dès le premier tour avec pas moins de 60% des voix devant son rival historique, Julien Ranc (32,34%).
RESULTATS 1ER TOUR 2026
Le maire sortant, Pascal Charmot, est réélu dès le premier tour avec 5518 voix sur 9477.
- Pascal Charmot : 60% (29 sièges)
- Julien Ranc : 32,34% – 2974 voix sur 9477 (5 sièges)
- Yohann Hachani : 7,66% – 704 voix sur 9477 (1 siège)
RAPPEL 2020
Pascal Charmot : 52,23%
Julien Ranc : 47,77%
LE CONTEXTE
Ils les connaissent bien leurs candidats, ils les croisent parfois, les ont déjà interpellés, sollicités, conseillés peut-être… et n’auront pas besoin d’aller fouiller dans les longues pages de leur programme avant de mettre un bulletin dans l’urne.
A ma gauche donc le maire sortant – euh… non pas « à gauche », nous sommes à Tassin, Ouest Lyonnais – Pascal Charmot, 64 ans, qui finit son deuxième mandat et espère bien en ouvrir un troisième avec le soutien des équipes Aulas et Sarselli. Et contre lui, son challenger préféré, Julien Ranc, 36 ans, qui aimerait bien cette fois être calife à la place de Charmot, même s’il n’ignore pas les maximes : « jamais deux sans trois » ou encore « et un et deux et trois-zéro »…

Heureux ou malheureux les Tassilunois, c’est selon, car s’ils connaissent trop bien leurs candidats, ils pourraient fuir les urnes les 15 et 22 mars prochains arguant que blanc-bonnet et bonnet-blanc n’ont pas besoin de leurs suffrages. Et de répéter le scrutin de 2020 avec plus de 60% d’abstention – oui, le contexte sanitaire n’était pas le même – et 239 voix d’écart seulement… en pleine vague verte.
A noter cette fois un troisième homme issu de l’écurie Charmot, Yohann Hachani, qui se présente avec une liste rassemblant des personnalités de gauche et de droite, qui pourrait jouer le rôle d’arbitre tout en restant in fine sur le banc de touche.
Les candidats sont donc les mêmes mais pas les listes
Car le mercato de 2025 a engendré nombre de transferts entre la famille Charmot et la famille Ranc, dont la première adjointe de l’époque Katia Péchard et le 9eme adjoint Marc-Antoine Montoya, qui ont rejoint le challenger pour des désaccords sur la gouvernance du maire en place.

Traduction : il est reproché à Pascal Charmot (ci-contre) son opposition aux écologistes de la Métropole de Lyon sur le projet de tramway TEOL, ainsi que son refus de se coucher devant l’État sur le logement social et certains projets de construction, dont ceux très décriés prévus sur la propriété Rieussec ou à la place des bureaux de l’APAVE.
« In fine, et c’est plutôt drôle, l’opposition de gauche reproche au maire de jouer pleinement son rôle de maire, à savoir défendre les intérêts des habitants contre les dogmes étatiques (la loi SRU qui impose partout 25% de logements sociaux) et écologistes (la chasse aux automobilistes institutionnalisée) » résume un observateur de la vie locale. La trahison paiera-t-elle ?
L’opposition au Tram Express de l’Ouest Lyonnais au cœur des débats
« Il faut changer cette méthode qui consiste à se fâcher avec tout le monde tout le temps et par principe » martèle Julien Ranc. « Car quand on se fâche avec l’État ou la Métropole, on n’est pas associé aux négociations. Et quand on n’est pas associé aux négociations, qu’on n’est plus autour de la table, on laisse les autres décider à notre place avec leurs propres objectifs ». Lui, Julien Ranc, il fera avec. Avec TEOL ou avec le métro, tout en soulignant à qui veut l’entendre que le projet de tram-train reste le meilleur, et le plus simple à mettre en œuvre.
« Il faut avoir une trajectoire, il faut avoir un cadre, il faut avoir une politique. Et puis l’assumer » répond Pascal Charmot, confirmant ses propos tenus sur cette même antenne. « Être maire ce n’est pas s’arranger avec n’importe qui pour au final faire n’importe quoi, c’est être dans une logique où on défend un projet, une vision à la fois de la métropole et de sa ville. Mon adversaire est prêt à s’arranger avec n’importe qui pourvu qu’il soit maire. En gros, il s’adapte à celui qui tient le manche, ce n’est pas avoir une politique pour sa ville ».
Appuyé par le tandem Aulas-Sarselli, Pascal Charmot plébiscite le projet de métro
Et s’époumone quand il entend Julien Ranc sur le logement social – Tassin a perdu sa compétence urbanisme faute de logements sociaux en nombre suffisants, « pour cause de zèle dans la mise en œuvre de la loi SRU » précise notre témoin. La préfecture veut imposer la construction de HLM sur la propriété Rieussec et sur le site APAVE, malgré l’opposition des riverains. Le gros de la bataille entre les deux candidats est bien là. Sur le positionnement du maire, sa gouvernance, bien plus que sur les programmes que nous vous invitons à consulter si le cœur vous en dit.

Les projets de construction forcée de HLM à Tassin (ici sur la propriété Rieussec) sont au cœur de la campagne.
Pascal Charmot et Julien Ranc n’ont juste pas la même façon d’aborder le job. Sans dénaturer leur pensée, le premier veut juste pouvoir dire « Non » haut et fort pour le bien de Tassin, un peu à la manière de Véronique Sarselli – sa tête de liste aux élections de la Métropole – qui a stoppé le projet de téléphérique des écolos, comme il l’a fait sur TEOL, alors que Julien Ranc veut pouvoir avancer en synergie avec tout le monde pour le bien de Tassin.
A noter ici que c’est Pascal Charmot qui a obtenu le soutien de ses amis de « Grand Cœur Lyonnais », l’union conduite par Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas. Julien Ranc a décidé de faire cavalier seul en rejoignant – pour les élections métropolitaines – les maires de Dardilly et Champagne au Mont d’Or ayant collaboré avec les écologistes durant ce mandat. Des soutiens politiques dont l’électeur se fera juge.
CANDIDATS 2026
Liste « Fidèlement Tassin-la-Demi-Lune » (Liste Les Républicains)
- Pascal CHARMOT
- Claire SCHUTZ
- Pierrick JANNIN
- Alix BLOMART
- Guillaume DE FOUGEROUX
- Armelle GUILLARME
- Corentin REMOND
- Audrey DESMAZEAU
- Jacques BLANCHIN
- Claire SUBRA DE SALAFA
- Philippe MERESSE
- Ghislaine BOUVIER
- Eric GAUTIER
- Claire COLIN
- Pierre BERGERET
- Fabienne BARNAY COTTIN
- Loïc GUYON
- Anne WALGENWITZ
- Vincent FILLON
- Élise TERRET
- Marc DAVID
- Delphine DE COLLE
- Olivier FAURE
- Bérengère LAURENT
- Michel CADILLAT
- Héloïse PASCAL
- Michel OUILLON
- Margaux ZAGATA
- Stanislas MARGOTTON
- Mathilde ZIBOURA
- Antoine VARENNES
- Sabrina DE UFFREDI
- Stéphane BELFORTE
- Monique PIAZZA
- Pierre-Luc SCREMIN
- Assia BOUALAM
- Romain WIATR
Liste « Ensemble, réveillons Tassin-la-Demi-Lune – Union des centristes, républicains et progressistes » (Liste DVC)
- Julien RANC
- Emmanuelle ABRAN BONIN
- Benoît FERRAND
- Katia PECHARD
- Michel FAYOT
- Carole NICOLAS
- Thibault RICHARD
- Marielle MARGERI
- Patrice GARCIN
- Brigitte PANGAUD
- Bertrand DE MENTHIERE
- Anne Marie PENIN
- Arnaud DESSOLIN
- Martine ESSAYAN
- Didier FIEULAINE
- Sophie FORAY
- Franck-Alain JOLY
- Christine JOURDAN
- Marc-Antoine MONTOYA
- Françoise D’ELBREIL
- Pierre JOURDAN
- Marie-Claire KIEN
- Stanislas FONTAINE
- Françoise CARROT-DIAMENT
- Bernard CORDIER
- Muriel NEGRO
- Marc LEBLANC
- Myriam MUNOZ GAUTHIER
- Nicolas JACQUES
- Laurence DU VERGER
- Paul BRUNE
- Chantal MURATORE
- Serge VARLOUD
- Judith BECKER
- Lionel REYNAUD
- Stéphanie DEVAUX
- Lucien VITAL
Liste « Un nouveau souffle pour Tassin » (Liste DVD)
- Yohann HACHANI
- Laureline LE CLECH
- Régis LABAUNE
- Michèle MOREL
- Emmanuel OBERTHUR
- Sarah NADAROU
- Yannick PARENTHOEN
- Mathilde GRENTE
- Jonathan POTHIN
- Sophie DESBOIS
- Damien ROLLAND
- Marie-Cécile HARIVEL
- Giuseppe PAGANO
- Sylvie GAYDON
- Rodrigue MFOUEMO
- Marie-Stéphane JACQUEY
- Didier ROILLET
- Sara SIBLINI
- Brice NGONO
- Aurélie GROH
- Bertrand DECREPT
- Pascaline OBERTHUR
- Olivier PLÉNAT
- Navacia NGOMA
- Xavier PITANCE
- Alexandra TAULIN
- Alexis OBERTHUR
- Elodie CARO
- Thierry LE BOZEC
- Séverine DECREPT
- Mathis MOREAU
- Claire PEYRONNET
- Pierre LABAUNE
- Amélie DECREPT
- Thomas CISTERNE
- Maud STAGNOLI
- Wassim ZOUAITER















« À la catastrophe du réel nous préférons l’exil du WEB »,
Ainsi en paraphrasant Jean Baudrillard en mars 1991, à la fin des hostilités de la « Guerre du Golfe, je me pose une nouvelle fois cette question : le journalisme est-il le lieu de l’expression d’une réalité ? Ou bien est-il l’espace où se fabrique une réalité, la sienne. Copieur ou créateur, au fond, le journaliste a la responsabilité de l’objectivité qu’il doit assumer de manière subjective, car l’information est toujours le résultat d’une sélection en amont et d’une hiérarchie, entre des faits jugés moins importants et ceux qui vont alors constituer des « événements ».
Or dans cet article, cher Monsieur, vous n’expliquez rien, vous ne questionnez rien, vous ne nous apprenez rien, osant jusqu’à parler de dogmes étatiques en parlant de la loi SRU. Pourtant les lois sont l’expression de la volonté générale. Elles sont adoptées par le Parlement, composé des représentants du peuple, élus par le peuple.
Vous jouissez avec vos propres mots et des noms de citoyens qui ont le courage de se porter candidat, préférant celui-ci plutôt que celui-là, tandis que vous allez même jusqu’à imaginer la fuite des Tassilunois devant les urnes
Le maire, en tant que chef de l’exécutif local, est chargé de mettre en œuvre les décisions du conseil municipal et d’en assurer le bon fonctionnement, ainsi que celui des services communaux, en accord avec les lois et non contre les lois. Aussi la pauvreté de vos arguments et de vos témoignages à charges sur les faits et les personnes de cette campagne, ne suffiront surement pas à influencer les électeurs, bien conscient de tous ces enjeux que vous avez tant de mal à nous expliquer et dont le maire dixit espère bien ouvrir un troisième mandat avec le soutien des équipes Aulas et Sarselli. Lorsque les mandats précédents ont été bons, le troisième n’a besoin ni de petite musique, ni de soutiens quelques qu’ils soient !
Pierre JOURDAN, Architecte DPLG – Historien de l’Architecture
Correspondant Patrimoine pour Lyon-People depuis 2010.