Texte : Fanny Suteau – Installé dans les anciens locaux du mythique Café Mode, le Yacht Club Café revendique une ambiance clubhouse et une carte inspirée des voyages de son fondateur, Antoine Guer.
Une nouvelle adresse gourmande a déployé ses ailes début janvier 2026 dans le Vieux-Lyon. À l’intérieur, le lieu a gardé l’âme de ses murs en pierre tout en changeant de cap. Derrière la façade discrète, les habitués du quartier redécouvrent un espace métamorphosé, où l’on vient autant pour bruncher que pour prolonger la soirée autour d’un cocktail. Et en quelques semaines, il semblerait que l’adresse ait déjà trouvé son rythme de croisière.
De business developer à capitaine de salle
Antoine Guer a opéré un virage à 180 degrés. Après une carrière dans l’événementiel, de Paris à New York en passant par GL Events, puis dans l’édition de logiciels, le quadragénaire a décidé de « sortir de sa zone de confort ». « Depuis toujours, j’ai envie de travailler dans la restauration. J’aime recevoir, j’aime cuisiner, j’aime que les gens se sentent bien chez moi. L’hospitalité, c’est le fil rouge de ma vie », confie-t-il.
Le déclic ? L’envie d’entreprendre. « À 46 ans, je me suis dit qu’il était temps de me lancer dans ma propre affaire ». Après un projet avorté de franchise, il tombe presque par hasard sur ce local du Vieux-Lyon. Un lieu chargé de souvenirs pour toute une génération. « Quand j’ai annoncé que j’avais acheté le Café Mode, mes proches m’ont dit : “Mais que de souvenirs !” Des clients sont revenus en nous disant qu’ils s’étaient rencontrés ici il y a 20 ans », insiste ce dernier.
Ouvert depuis quelques semaines seulement, le Yacht Club Café affiche déjà 5 étoiles sur Google et fait le plein chaque dimanche. Mais l’aventure n’est pas sans remous : recrutement compliqué au démarrage, gestion en solo, incertitudes autour de la future terrasse. Un projet suspendu aux arbitrages de la mairie écologiste, qui envisage une réorganisation du stationnement et des aménagements devant l’établissement, susceptible de réduire significativement sa capacité extérieure. « Ouvrir seul, c’est un énorme challenge. On doit tout faire. Mais l’entrepreneuriat, c’est ça : franchir les obstacles les uns après les autres », ajoute-t-il.
Un décor entre Méditerranée et club anglais
Passionné de voile, Antoine Guer rêvait d’un établissement à l’univers marin. Le nom s’impose naturellement : Yacht Club Café, clin d’œil à ses étés en mer et à ses fameuses “YCC summer parties”. « Je me suis toujours dit que si j’ouvrais un restaurant, il s’appellerait Yacht Club. Le nom de domaine était libre, la marque aussi. C’était fait pour moi », explique-t-il.
À l’intérieur, le bleu domine. Au plafond, une tapisserie rayée évoque les cabines de plage chic. Derrière le bar, un grand miroir prolonge la perspective. La maquette d’un navire trône en pièce maîtresse. Conseillé par son ami architecte d’intérieur Damien Carreres, Antoine Guer a voulu créer « une ambiance très bateau, très clubhouse ». Une série de photos vintage de voiliers vient compléter le décor et habiller le mur de pierre.
Une carte inspirée des voyages
En cuisine, deux univers cohabitent : l’Amérique et la Méditerranée, avec une touche lyonnaise assumée. Le brunch, servi à 26€ (plat, dessert, boisson chaude et jus), est déjà un succès. « À New York, le brunch du dimanche était un rituel. Les œufs bénédicte et le Bloody Mary, c’était sacré. À Lyon, je voulais proposer la même chose », souligne le fondateur.
Côté plats, le Résilience Fish Burger s’est rapidement imposé comme le plat signature : steak de thon mi-cuit, banane plantain, sauce curry et confit d’oignon rouge. « Résilience, c’est le nom du voilier de mon petit frère, qui vit sur son bateau. Quand je suis allé le voir il y a 4 ans au Panama, on a pêché un thon, il nous a préparé un burger incroyable à bord, avec une panure de cornflakes pour remplacer le bacon. On a retravaillé la recette, mais l’esprit est resté », indique Antoine Guer.
À la carte également : hot-dog fermier, salade lyonnaise, croque-monsieur à la truffe, quelques pizzas préparées par la cheffe italienne Anita Franceschi, sans oublier des frites maison en double cuisson. Même la carte des boissons prolonge le voyage puisque qu’Antoine Guer a choisi de servir la bière corse Pietra, découverte lors de séjours en mer. « Je suis le seul bar à Lyon à ne proposer que de la Pietra », assure-t-il. À ses côtés, les produits de la distillerie Mattei, des rhums des Caraïbes et une impressionnante collection de chartreuses, dont certaines difficiles à obtenir, viennent compléter l’offre.
Aujourd’hui entouré d’une équipe de 4 personnes, Antoine Guer voit déjà plus loin. « Mon ambition, c’est d’en ouvrir plusieurs. À Lyon, puis ailleurs. Pourquoi pas un jour à New York ? », conclut ce dernier. En attendant, au cœur du Vieux-Lyon, le Yacht Club Café trace sa route, entre embruns imaginaires et effluves de brioche aux pralines.
























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