Lyon. Véronique Sarselli : « La métropole n’a pas besoin d’une star, elle a besoin d’une méthode »

1 février, 2026 | Actualités Politiques | 1 commentaire

Propos exclusifs recueillis par Philippe Lecoq et Marco PolissonRéparer, rassembler, relancer. Voilà en trois mots le programme de Véronique Sarselli, maire de Sainte-Foy-lès-Lyon depuis deux mandats, candidate sous la bannière « Grand Cœur Lyonnais » à la présidence de la métropole de Lyon.

Avec donc à ses côtés un certain Jean-Michel Aulas, candidat à Lyon, omniprésent sur les réseaux et dans la ville, qui jouit d’une popularité inouïe, de sondages flatteurs, mais qui n’est pas réputé facile à manœuvrer. Véronique Sarselli, connue des électeurs pour son combat gagné contre le projet de téléphérique des écologistes, apporte dans son escarcelle sa science du terrain métropolitain. Un tandem de choc, bien décidé à emprunter le même chemin.

LP : Depuis le 25 novembre vous proposez une large liste d’union avec Jean-Michel Aulas qui pourrait être un de vos vice-présidents voire le premier. Comment les négociations se sont-elles déroulées ?
VS : Il fallait que nous soyons au rendez-vous de l’Union. Les Grands Lyonnais l’attendaient. Notre rencontre avec Jean-Michel Aulas s’est faite simplement, avec du sérieux, et beaucoup de respect l’un pour l’autre. Nous avons partagé le constat d’un mandat « écolo-LFIste » qui a dégradé la ville de Lyon et abimé notre métropole qui doit retrouver son attractivité économique, son rayonnement, alors qu’elle s’est fermée. Nous avons partagé l’enjeu, une vision commune, pour la réparer et la relancer. Il a porté cette dynamique forte, son amour pour Lyon, sa vision de chef d’entreprise. Et moi, la réalité du territoire, le collectif des maires, l’ancrage dans les politiques publiques.

Vous aviez besoin de bénéficier de la dynamique Aulas, mais cette alliance au sein de « Grand Cœur Lyonnais » n’est-elle pas un peu envahissante ? Comment allez-vous tracer votre propre chemin ? Faire campagne ?
C’est vrai que la notoriété et la dynamique de Jean-Michel Aulas sont impressionnantes. Je joue ma partition dans un autre registre. La métropole n’a pas besoin d’une personne qui soit connue de tout le monde, elle a besoin d’une méthode, elle a besoin de sérieux, d’efficacité, et elle a besoin d’accompagner les territoires et les habitants. C’est ma conviction, c’est la raison pour laquelle je me suis lancée, parce que ce mandat était a été désastreux. Jean-Michel a dit clairement qu’il soutenait ma candidature à la présidence. Et il est essentiel que le futur maire de Lyon soit présent et élu de la métropole.

Le candidat Aulas a tout de même souvent évoqué des thématiques métropolitaines en son début de campagne ?
Jean-Michel Aulas a en effet beaucoup parlé de la métropole de Lyon. Je n’en suis pas étonnée, et heureusement que nous avons un candidat à la mairie d’une ville comme Lyon qui évoque des projets de compétences métropolitaines. Toutes les thématiques métropolitaines concernent Lyon. Moi-même, je l’ai fait en 2020 pour Sainte-Foy, nous avons porté des sujets de transport, de mobilité, c’est normal. Il ne faut pas le voir comme un envahissement. Au contraire, nous avons un futur maire de Lyon qui a bien compris quelles étaient les compétences métropolitaines. Ce sera le gage d’un travail harmonieux entre nous deux.

Vous avez déclaré souhaiter une métropole « à hauteur de vie », la formule est belle mais plutôt floue. De quoi s’agit-il ?
Il faut comprendre « à hauteur de vie humaine ». Il s’agit d’une métropole qui ne décide plus contre les habitants, contre les territoires, contre les maires, comme cela s’est passé pendant six ans. Nous appelons à une nouvelle donne démocratique. Nous travaillons aujourd’hui avec des élus de terrain, avec des habitants, avec des collectifs. Nous les écoutons, sans dire « oui » à tout, sans dire « non » à tout. A la différence de la pseudo concertation qui nous a été proposée pendant six ans.

La gouvernance du président sortant Bruno Bernard a été rejetée par 45 maires de la Métropole dès 2021. La majorité d’entre eux soutient votre tandem avec JMA. Quelle sera donc votre méthode pour avancer si des maires ne sont pas en accord avec votre politique ?
Je serai la présidente de tous les territoires de la métropole de Lyon, je gouvernerai avec tous les maires, j’écouterai chacun d’entre eux car ils ont une légitimité démocratique. Et je ne passerai pas en force, puisque c’est ce que sous-tend votre question, c’est une méthode que j’ai combattue pendant six ans. Faisons juste les choses de manière efficace, avec le bon sens du territoire, du terrain. Moi, je veux être la présidente de la proximité. Nous avons trop vu des politiques publiques être imposées de manière verticale et hors sol. Cela ne fonctionne pas, et ce n’est pas ce que souhaitent les habitants.

« Je suis en effet favorable à une police métropolitaine des transports dans le réseau TCL »

Lyonnais et Grands Lyonnais placent la sécurité au premier rang de leurs préoccupations. Quelles sont vos idées fortes en la matière et êtes-vous favorable à la création d’une police métropolitaine ?
Je suis en effet favorable à une police métropolitaine des transports dans le réseau TCL. Il faut une police spécialisée, visible, réactive, en coordination étroite avec les forces de l’ordre de l’Etat et les polices municipales des communes de la Métropole. 91% des femmes ont peur de prendre les transports en commun. Mes enfants de 22 et 30 ans ne sont pas tranquilles quand ils doivent rentrer de Lyon, la nuit. C’est aussi le cas sur nos territoires. La sécurité est un droit pour tous, c’est la première des libertés. Tous les maires, sauf à Lyon, ont d’ailleurs pris des mesures, ils ont beaucoup fait. Je pense qu’il faut aller plus loin. La métropole de Lyon peut être là pour bien coordonner leurs actions, pour financer des équipements, elle peut être là pour inciter à la mutualisation et accompagner les maires dans leur pouvoir de police.

La réouverture de la rue Grenette est au programme

Transport et mobilités sont également des sujets essentiels pour les Lyonnais au sens large. Les habitants de la région et de l’aire métropolitaine fuient le centre de Lyon, ses commerces, ses restaurants… Comment comptez-vous les faire revenir ?
Il faut d’abord partager le constat que Lyon s’est fermée. On a supprimé des voies, on a limité l’accès à Lyon, pour tous ceux qui viennent de l’extérieur. Je comprends que les Lyonnais aspirent à une vie plus apaisée. Le problème c’est que les écologistes n’ont pas offert d’alternative. Résultat, cela a donné des bouchons, de la congestion. Les commerçants de Lyon, notamment les indépendants, les restaurateurs, ont besoin d’un marché plus large que le marché lyonnais. Donc il faut rendre Lyon accessible et respirable dans ses accès. Pour cela, il faut libérer la circulation, sécuriser les mobilités et remettre nos transports en commun à niveau. Ce n’est pas en créant des bouchons que l’on rend une ville apaisée, au contraire. Et puis il y a cette Zone à Trafic Limité (ZTL) qui demande à être retravaillée.

Pourrez-vous – financièrement – revenir en arrière sur la ZTL justement, et les autoroutes à vélos qui condamnent les voitures – même électriques – aux bouchons ? Jean-Michel Aulas a déclaré à nos confrères d’Actu Lyon qu’il n’allait pas « défaire pour défaire » et n’allait pas « jeter l’argent par les fenêtres ». Est-ce un premier recul ?
Pas forcément. Je rejoins tout à fait Jean-Michel Aulas comme garante de l’argent public. En revanche, nous devons réaliser au plus vite une cartographie de toutes les problématiques vécues sur les territoires, dont Lyon. En conservant ce qui fonctionne, en respectant les nouvelles mobilités. Et pour les points névralgiques qui posent problème, il ne faudra pas hésiter à les modifier, à les ajuster, voire à les supprimer. C’est ce que nous, les maires, faisons dans nos villes. Quand on se trompe, on corrige.

« Il faut réouvrir la rue Grenette à la circulation »

Nous confirmez-vous donc qu’en cas de victoire la rue Grenette sera réouverte à la circulation ? En parallèle, les bus referont-ils leur retour rue de la République ?
Je l’ai dit dès le mois de mai, dès le lancement de ma candidature à la métropole : il faut réouvrir la rue Grenette à la circulation. Et il faut rétablir le passage des bus rue de la République, évidemment, jusqu’à l’Hôtel de ville. Cette ZTL a beaucoup fait réagir, elle a quand même entraîné la constitution du Collectif des Défenseurs de Lyon avec des commerçants et des habitants de Lyon et de la métropole. Il faudra la retravailler, mais de manière sérieuse, responsable et efficace, et en respectant évidemment ceux qui y sont favorables.

Pourquoi ne pas créer une ZTL de nuit ? Fermer le centre ville à partir de 23 h, quand les restaurants ont déjà fait le plein ?
C’est une piste que je proposerai à mes colistiers et à Jean-Michel Aulas en particulier, une idée qui permet d’optimiser ce qui a été fait. Ce que nous voulons, c’est ne pas être dogmatique, il ne faut jamais faire les choses de manière idéologique.

La future majorité devra réaménager la place Bellecour dont les bouchons délibérément créés par les écologistes paralysent le sud de la ZTL.

Vous avez déclaré que certaines voies de bus actuelles pourraient être laissées libres à la circulation, à certaines heures, dans certaines conditions.
J’ai évoqué une gestion dynamique des voies de bus sur les quais de Saône, sur lesquels les voitures pourraient circuler en heures creuses pour décongestionner cet axe.  Pourquoi ai-je osé lancer cette proposition dont je savais qu’elle allait faire débat ? Simplement parce qu’avec mon équipe nous sommes allés voir ce qui se passait dans d’autres villes européennes, des villes plutôt… progressistes comme Amsterdam, Francfort, Montréal, Berlin, Madrid. Et cela fonctionne. Ce n’est pas « la » solution miracle mais elle mérite d’être posée sur la table, de la travailler. Et si nous considérons qu’elle n’est pas efficace et que ce n’est pas ce qu’il nous faut, nous passerons à une autre solution possible. C’est comme cela qu’on travaille. C’est comme cela qu’on va travailler.

Les habitants de Tassin et son maire Pascal Charmot sont en guerre contre le projet TEOL qui va entraîner la démolition d’une vingtaine de maisons. Nous confirmez-vous que ce projet sera remanié en cas de victoire ?
Il y avait eu des études faites sur un métro. Un métro coûte cher, on peut le comprendre. Les Écologistes ont donc arrêté le plan métro, qui aurait pourtant pu s’inscrire dans une planification à long terme. Ils nous ont alors proposé un projet de transport par câble, qui n’aurait en rien répondu aux problèmes de circulation de l’Ouest Lyonnais, projet contre lequel nous nous sommes battus. Et ils nous sortent quoi ? TEOL, un tram ! Une substitution. On a perdu six ans. Et ce tram serait enterré le long du 5e arrondissement de Lyon, comme par hasard, mais serait aérien à Tassin. À Tassin, où il y a des problèmes de congestion, d’engorgement, qu’il aurait d’abord fallu lever. Parce que Tassin, c’est aussi la porte de la grande métropole, Charbonnières, La Tour de Salvagny, mais aussi Craponne, Brignais… Un mandat pour ça ! Alors oui, je pense qu’il faut retravailler le projet TEOL. Il faut reprendre une concertation avec les maires concernés. Je suis en train de travailler à une alternative. Nous vous la proposerons bientôt.

Une réflexion devra être conduite sur la “dynamisation” des voies de bus de l’avenue de Saxe et de l’avenue Foch créées pendant le covid. Surdimensionnées et sous-utilisées (1 bus toutes les 20-30 minutes en moyenne), elles occasionnent des bouchons quotidiens. Les quais de Saône, la rue de Bonnel et la rue Duquesne sont aussi concernés.

Plus largement, avez-vous dans vos cartons, en accord avec les maires, de grands projets structurants : métro, tram-train, bus ? Jean-Michel Aulas évoque une ligne de métro-Est ?
La métropole de Lyon, on se rejoint là-dessus avec Jean-Michel Aulas, doit être structurée. La métropole de Lyon n’est pas dans une bulle, elle est en lien avec d’autres départements, dont les habitants travaillent ici, vont à l’université, viennent se soigner… Il faut donc que nous lancions des projets structurants de transport. Mais ces projets structurants, c’est aussi le lien ferroviaire, les trams-trains. Nous serons en mesure de proposer une planification. Car l’horizon temporel d’un métro n’est pas celui d’un tram, ou celui de nouvelles voies de bus. Il faut le dire. Notre vision, c’est de proposer un plan ambitieux, un plan finançable et qui tient dans le temps. Pour revenir sur la question du métro, il y a en effet une proposition de Jean-Michel Aulas pour une ligne Est dont on pourra lancer les études lors du prochain mandat. D’autres projets seront sur la table. Nos équipes sont au travail, je le répète, nous allons proposer des alternatives sur des projets structurants.

Partagez-vous le projet de gratuité des TCL pour les revenus les plus faibles, un sujet sur lequel vous aviez des doutes ?
Jean-Michel Aulas n’est en effet pas pour une gratuité totale, mais conditionnée à des niveaux de revenus. C’est une proposition pour la Ville qui en assurera le financement. Sa transposition à l’échelle de la Métropole serait malheureusement insoutenable financièrement. En tant que Présidente de la Métropole, ma priorité sera surtout de fiabiliser notre réseau de métro et régler les problèmes d’accessibilité à nos stations.

« Il nous faut trouver des outils, et parmi eux je ne retiens pas l’encadrement des loyers »

La grande majorité des maires de la métropole ont rejoint le tandem Aulas-Sarselli.

Le logement, et la construction sont à l’arrêt. Outre le désencadrement des loyers déjà annoncé, que pourra faire la métropole version Sarselli pour que les Grands Lyonnais puissent enfin se loger ; et à des tarifs abordables ?
Ce n’est pas un sujet qui dépend de la seule métropole. Mais vous avez raison, la crise de la construction est réelle, elle repose sur de nombreux facteurs, notamment une addition de contraintes très lourdes en termes de transition énergétique, de durabilité, en termes environnementaux pour faire simple, qui vont aujourd’hui au-delà de la loi en métropole de Lyon. Deuxième point, avec un minimum de 30%, voire 50% de logements aidés dans un projet, donc de logements sociaux, l’équilibre financier est difficile à trouver et les promoteurs renoncent. Je pense donc qu’il faut un choc d’offre pour que les habitants puissent se loger, notamment les classes moyennes-basses qui n’ont pas accès au logement social et fuient la métropole en créant des problèmes de mobilité. Il nous faut trouver des outils, et parmi eux je ne retiens pas l’encadrement des loyers qui ne résout pas le problème puisqu’il n’y a pas d’offre. La mesure peut avoir des effets positifs mais à très court terme. Sur le long terme, elle présente de nombreux effets pervers.

A quoi va ressembler ce « choc de l’offre » ?
il faut juste permettre aujourd’hui que les opérations qui se font soient rentables. Cela se travaille avec les porteurs de projets avec lesquels il faut relancer le dialogue, mais aussi avec les maires afin que nous puissions avoir une répartition qui corresponde aussi à ce que souhaitent les habitants. Mais soyons transparents, ce choc ne peut s’accomplir sans des mesures prises au niveau législatif, notamment sur le statut du bailleur privé ou sur la fiscalité autour de l’investissement immobilier. Nos leviers, à la métropole, ce sont nos réserves de foncier, mais aussi la Société d’Économie Mixte du Grand Lyon, la SEMPAT, qu’il faut relancer. Et puis, il faut des plans d’aménagement à long terme. Ce mandat est le premier où il n’y a pas eu de ZAC qui porte les villes et la métropole sur du long terme. Plus globalement, je crois que le rôle de la métropole sur ce sujet – on parle quand même d’habitat, d’un endroit ou les gens passent leur vie – doit être d’envoyer des signaux clairs aux maires et aux porteurs de projets.

Les crises se sont succédé ces dernières années. Les foyers de la métropole les ont vécues de plein fouet, covid, inflation galopante, taux d’intérêt… Solidarités et développement économique sont des compétences de la métropole. Quelles seront vos lignes de conduite pour soutenir vos concitoyens dans leur quotidien ?
Les villes de la métropole ont pris leur part dans ce contexte que vous évoquez. Toutes les communes aujourd’hui portent des projets en matière de solidarités et de développement économique, et il n’est pas interdit à la métropole de Lyon, avec ses moyens, de les accompagner, et nous le ferons. Mais sans injonction. Avec des politiques simples et lisibles. Et de la proximité.

En corollaire, allez-vous alourdir l’imposition ?
Moi je suis une femme de droite, économiste de profession. Je n’ai pas augmenté les impôts à Sainte-Foy-lès-Lyon. Et je n’ai pratiquement pas endetté la commune. Le principe, c’est quand même la durabilité des finances. Si les finances publiques ne sont pas durables, on n’aura plus de service public local. Si on n’a plus de service public local, croyez-moi, il y a toute une partie de la population qui sera en souffrance.

Autre corollaire, allez-vous dégraisser le « mammouth » qu’est devenue la métropole ?
Il faut une autre méthode. Il faut réévaluer. Dépenser mieux. Dépenser toujours plus pour le service public n’est pas toujours la bonne façon de procéder. Je peux vous assurer qu’après six ans de dogme, six ans d’idéologie, le temps est venu de l’efficacité, du bon sens, du pragmatisme. Ce qui ne veut pas dire ne pas regarder loin. Parce que quand vous voulez être un élu local, vous avez à la fois la vision de long terme de votre territoire et la gestion du quotidien. Cette métropole est un outil formidable, quatre milliards de budget. Vous imaginez tout ce qu’on peut faire pour changer concrètement la vie de nos concitoyens ?

Entretien enregistré dans les bureaux de Lyon People par le journaliste Philippe Lecoq avec Marco Polisson, rédacteur en chef.

<a href="https://www.lyonpeople.com/author/philippe" target="_self">Philippe Lecoq</a>

Philippe Lecoq

Journaliste économique et politique
Sa longue expérience de journaliste lui octroie une légitimité naturelle. La ville de Lyon  n’a pas de secret pour lui, alors Philippe Lecoq prend un malin plaisir à nous en conter les meilleurs récits, aussi bien au rayon économique que politique.

1 Commentaire

  1. Pol

    elle va vite s’appercevoir si ce n’ est déjà fait qu’aulas n’accepte pas d’être un numéro 2.

    Réponse

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