Texte : Constance Henry – Face à une coupe de 45% des financements dus aux collèges sous contrat, l’UNIOGEC Rhône-Roannais, union indépendante des organismes de gestion des établissements catholiques, a décidé de saisir le vendredi 12 décembre 2025 le Tribunal administratif de Lyon. En jeu, plus de 2 millions d’euros qui manqueront au bon fonctionnement de 30 collèges catholiques lyonnais en 2026.
Un nouvel épisode dans la bataille idéologique engagée en 1984 par les socialistes contre l’enseignement catholique ? La majorité écologiste-LFI de la Métropole de Lyon a décidé de réduire de quasiment la moitié le budget alloué légalement aux collèges privés. Une décision qui n’est pas passée inaperçue auprès de Pierre-Vincent Guéret, président de l’UNIOGEC Rhône-Roannais et de la FNOGEC (Fédération Nationale des OGEC).

Afin de garantir l’égalité de traitement entre les élèves du public et du privé sous contrat, le forfait d’externat doit être calculé selon les mêmes critères que pour les établissements publics. Or, le 13 octobre, Bruno Bernard, président écologiste de la Métropole de Lyon a fait voter une nouvelle méthode de calcul du forfait d’externat, amoindrissant de 45% le financement légalement dû aux collèges privés sous contrat.
Une incision dans l’organe vital de l’enseignement privé
Un choix qui se base sur la diminution de la DGF (dotation globale de financement) et sur une révision interne des dotations versées aux collèges publics. Concrètement, l’enveloppe globale passe de 5,8 millions d’euros en 2025 à 3,23 millions d’euros en 2026, soit une baisse de 45% de la part matérielle du financement. Ces 2 millions d’euros manqueront particulièrement aux 30 collèges catholiques lyonnais et aux 20 000 élèves qui les fréquentent.
Si cette décision est autant controversée, c’est également car elle a été prise en octobre et sans concertation, alors que l’année budgétaire était engagée depuis septembre. Pierre-Vincent Guéret voit ce vote comme une atteinte à l’égalité de financement entre élèves : « Aucun établissement ne peut absorber un choc financier de cette ampleur. Nous saisissons la justice pour rétablir le droit et protéger les familles », explique-t-il. Jean-Michel Aulas lui a apporté son soutien.
J’ai appris que la majorité métropolitaine sortante a décidé, sans concertation, de réduire brutalement la subvention obligatoire des collèges sous contrat.
Cette décision concerne 22 000 élèves, 38 collèges catholiques et juifs, et se traduit par une baisse de 140€ par élève.…
— Jean-Michel AULAS (@JM_Aulas) December 22, 2025
Enfin, ce recours se voit légitimé par un rapport détaillé de la Chambre régionale des comptes AURA, qui éclaire nettement la démarche de la Métropole quant au traitement du privé sous contrat. On y trouve notamment que les dépenses scolaires assurées par les communes sont nettement supérieures aux forfaits versés aujourd’hui au privé. Une situation que l’UNIOGEC, tout comme l’APEL – estime contraire au Code de l’éducation.
Les larmes de crocodile de la Métropole qui veut s’ingérer dans les institutions privées
Une situation de guerre public-privé que feint de regretter le président de la Métropole de Lyon. « L’enseignement catholique au niveau national a réclamé il y a quelques semaines un milliard d’argent supplémentaire aux collectivités locales » explique-t-il au micro de BFM Lyon. « Nous ne pouvons pas assumer, dans le cadre budgétaire compliqué d’aujourd’hui, de dépenser plus. »
L’élu EELV Les Verts appelle à une discussion et à davantage de transparence financière de la part de l’enseignement catholique. « Nous nous adaptons notamment aux besoins des élèves, qu’ils soient dans le collège public ou le collège privé. Dans les enseignements catholiques, nous n’avons pas de vues sur les comptes des établissements, ni d’ailleurs sur d’autres choses en termes éducatifs. »
Un constat qui dépasse les frontières lyonnaises
« Ce qui se passe avec la métropole de Lyon illustre un phénomène national », alerte le président de la FNOGEC. Ce dernier déplore « un écart volontaire et croissant entre le cadre légal et la réalité des financements pour faire supporter plus d’économies sur l’enseignement privé et continuer à le priver de moyens ».
Il s’appuie sur une étude réalisée le 19 novembre 2025 par la FNOGEC qui dévoile que les collectivités locales sous-financent les établissements privés sous contrat de 450 euros par élève en moyenne. Soit près de 900 millions d’euros qui manquent chaque année. Au-delà du manque de financement, il s’agit d’une atteinte à l’égalité de financement entre les élèves.
> Pour signer la pétition de l’UNIOGEC Rhône-Roannais et de l’APEL du Rhône, cliquez ici


















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