Par Morgan Couturier

Il nous l’avait confié, dans notre numéro de décembre dernier, cette campagne a été pour le moins éprouvante, la faute à des pratiques bien loin du fair-play prôné par les  valeurs du sport. Roué de coups bas, Gilles Moretton s’est accroché. Avec raison, puisqu’il est élu à la présidence de la ligue Auvergne-Rhône-Alpes de tennis.

Le coup est passé fin. Mais après tout, n’est-ce pas l’apanage des champions, que de bénéficier d’un soupçon de réussite dans le money-time ? Débarqué « naïvement », pour aider son sport, Gilles Moretton s’est offert une victoire de prestige, peut-être la plus complexe de sa carrière. « Ce n’était pas prévu que ce soit facile. C’était un vrai match ! », admet-il. Élu avec 52,6% des voix, le Lyonnais en profite pour faire un joli pied de nez à son adversaire,  Stephan Post, soutenu par le président de la FFT Bernard  Giudicelli, dont les attaques, pendant la campagne électorale, avaient été particulièrement véhémentes et malveillantes.

« À un moment, le sport était très loin, c’était devenu de la politique »

« On ne peut pas oublier ce qui s’est passé. Ça laisse des traces. Malgré tout, ce n’est pas une revanche. Moi, je suis venu aider le sport qui m’a tout donné, affirme-t-il. Mais à un moment, le sport était très loin, c’était devenu de la politique. Puis ce sont les clubs qui ont décidé. C’est une satisfaction d’être élu par ses pairs ». Libéré des pressions inhérentes à cette campagne, Gilles Moretton peut désormais s’atteler à la mise en place de son programme, en particulier la rénovation d’infrastructures, la construction de courts couverts ou encore le développement de programmes pour les jeunes. « Je vais prendre connaissance des dossiers, parce qu’on m’a écarté de tout », assure-t-il. Volleyeur émérite, Gilles Moretton devra prouver, une fois encore, sa science du rebond. Après le temps des promesses, le créateur du GPTL se sait attendu.