Jean-Dominique Durand accueillant Gérard Collomb au Vœu des Échevins 2013 – Photos © Fabrice Schiff

Par Marc Polisson

Exclusif. « La colline qui prie n’est décidément plus ce qu’elle était ! » vont s’exclamer les leaders de la droite en apprenant que l’ancien président de la Fondation Fourvière a décidé de battre campagne pour le maire socialiste sortant.

Son nom est peu connu du grand public, mais dans les milieux catholiques, c’est une référence voire une éminence. Ce brillant universitaire qui enseigne l’Histoire contemporaine à Lyon III depuis 1989 est également professeur invité à l’Université Pontificale Salésienne de Rome. Il accumule depuis des années quantité de distinctions de tous ordres à faire pâlir d’envie Robert Batailly et Christophe Marguin. Aussi bien en Italie qu’en France où il  a accroché au revers de son veston les palmes académiques (chevalier en 1996 puis officier en 2008), l’ordre de Saint Grégoire le Grand  (2007) et bien entendu la Légion d’Honneur (2011). Pas de la quincaillerie, du lourd.

02Ce proche de Monseigneur Barbarin a également présidé la Fondation Fourvière de 2003 à novembre 2013 et sa démission n’avait rien du hasard. C’est en effet pour se lancer dans la politique qu’il a laissé son poste à Philippe Demarescaux. Celui qui accueillait très solennellement le maire de Lyon chaque 8 septembre à l’occasion du renouvellement du Vœu des Échevins a décidé de prêter allégeance à Gérard Collomb et figurera en 3ème position sur la liste socialiste du 5ème arrondissement emmenée par le centriste Thomas Rudigoz. En perpétuant cet acte fondateur pour la ville (que Raymond Barre boudait ostensiblement), le maire franc-maçon de Lyon a tissé des liens étroits avec la communauté catholique et ses chefs. Il en recueille aujourd’hui les fruits très murs.

Jean-Dominique Durand est une prise de choix pour le maire sortant car avec le 3ème, cet arrondissement est une des clés de l’élection. C’est là que devrait se présenter Michel Havard pour qui ce ralliement n’est pas une bonne nouvelle même si le vote catho ne se reportera pas automatiquement à gauche du fait de la présence de l’ancien président de la Fondation Fourvière. Néanmoins, les voix qu’il s’apprête à glaner sur son nom peuvent faire la différence tant le scrutin s’annonce serré sur la colline qui prie (et dont le versant droit pleure ce soir). « Vade retro Gégé satanas » peut soupirer la droite qui n’aura sans doute même plus le cœur d’aller faire brûler un cierge à la basilique.