Par Marco Polisson

La répression politique en Turquie doublée de l’agression militaire envers la Syrie a visiblement refroidi les ardeurs des aficionados des cocktails.

Très peu de Lyonnais ont répondu favorablement à l’invitation de Müslum Aygün pour fêter le 96ème anniversaire de la proclamation de la République de Turquie, mardi 29 octobre 2019, dans les salons de l’hôtel Mariott. Et pour commencer, aucune personnalité politique, ce qui a visiblement perturbé le nouveau consul.

Alors que l’armée turque poursuit son offensive en Syrie pour éradiquer le peuple kurde, personne n’avait le cœur à festoyer avec le représentant lyonnais du président islamiste Erdogan, dont un message a été lu aux invités avant un film de propagande diffusé sur les écrans.

On ne reprochera pas aux consuls généraux du Maroc ou d’Allemagne et à leurs homologues honoraires de faire leur travail de représentation, car seule leur ambassade peut décréter ou non le boycott d’un évènement, mais ils étaient beaucoup moins nombreux qu’à l’accoutumée. On peut s’interroger, en revanche, sur la présence de certains Lyonnais, dont par charité chrétienne, nous tairons les noms.

Les Turcs se sont donc retrouvés entre eux, dans une atmosphère étrange. Déjà par la présence de femmes voilées (totalement inhabituel pour un pays où les femmes sont émancipées), entourant le recteur de la mosquée de Lyon Kamel Kabtane. Ensuite par la composition du buffet où, pour la première année, aucun alcool et aucun champagne n’était servis… preuves tangibles de la radicalisation du régime turc.