A 50 ans, Jean-Marc Chanelet continue de porter un regard assidu sur le foot, dont il ne peut se détacher, jusqu’à y faire allusion dans son activité de grossiste en produits de pizza, baptisée Pizza Mercato. Une passion que le latéral lyonnais a vécu sur le tard, par souci de taille.

On ne peut occulter seize ans de sa vie comme ça, d’un simple coup de baguette magique. Alors même au dessus de massifs pots de sauce tomate, Jean-Marc Chanelet n’a pu s’empêcher d’exposer quelques précieux maillots, souvenirs d’une époque qu’il prend plaisir à narrer, avec cette bonté si caractéristique du personnage. Pas un mot plus haut que l’autre, chez ce sportif à la carrière construite sur le tard, malgré d’évidentes prédispositions, soignées durant l’enfance, sur les portes du garage de la maison familiale. Ou sur les terrains stabilisés du Cascol, à Oullins, terre d’accueil de ce Parisien de naissance, qui observe depuis sa fenêtre, les projecteurs du stade Gerland, basé en contrebas.

« J’étais loin de me douter qu’un jour, en fin de carrière, je serais sur ce terrain », évoque-t-il avec humilité. D’abord parce que cette vue lointaine du monde professionnel a longtemps été une métaphore de la carrière de l’ex-latéral. « On me disait tu es bon mais tu n’es pas assez grand. Alors on ne me faisait pas forcément jouer en équipe première et à 16, 17 ans, j’ai failli arrêter », raconte-t-il. Mais le ballon est un ami fidèle, complexe à oublier ou écarter. A plus forte raison lorsque la croissance vient enfin étirer les corps et les muscles, pour ouvrir à l’ancien sportif, les portes du haut niveau. Pensionnaire de troisième division à Aix-en-Provence, Jean-Marc Chanelet oscille pourtant entre le foot et les études de droit, avalées par deux fois sans grande réussite. « Ma mère m’a dit de me bouger. Pour elle, soit j’allais faire l’armée, soit j’essayais de frapper à la porte des clubs pros de la région ». Le choix fut limpide et sans surprise.

Premier contrat professionnel à 23 ans

L’ancien isérois rejoint Istres, et enchaine les matchs, malgré les impératifs du… service militaire. « C’est vraiment à ce moment là que je me suis dit qu’il y avait une opportunité », admet-il. Car l’élite est affaire de circonstances et d’occasions, comme cette proposition, à l’été 1995, de rejoindre le champion nantais, et de découvrir la prestigieuse Ligue des Champions. Jean-Marc Chanelet y prend sous son aile un certain Eric Carrière, qu’il retrouve entre Rhône et Saône aux prémisses du « grand Lyon ». Les titres pleuvent. Jusqu’en 2003, et cette mise au placard, – sans explication – par Paul Le Guen, où le Lyonnais voit défiler ses dernières rencontres parmi l’élite. Et pointer les affres du chômage, découvert en 2005, à la conclusion d’une ultime pige à Grenoble.

« Tu te dis que c’est fini et là, tu commences à te demander ce que tu vas faire »

« Tu passes à autre chose, tu te dis que c’est fini et là tu commences à te demander ce que tu vas faire », se souvient-il. Dans l’impasse professionnellement parlant, l’ancien footballeur mue alors au gré des propositions. A l’image de cette rencontre avec Mickaël Joita, pizzaiolo de formation et passionné de ballon rond. « On a sympathisé et en 2010, on a créé notre petite structure de grossiste, Pizza Mercato à Vaulx-en-Velin ». Reste qu’aujourd’hui, la question de continuer trotte inlassablement dans son esprit. Stop ou encore, une éternelle problématique de footballeur. Contacté au mois de décembre, l’ancien défenseur s’est laissé tenter par un projet du FC Nantes, son ancien club.

« L’activité de grossiste continue sans que je sois présent » souligne le nouveau recruteur nantais, lequel poursuit en parallèle un alléchant projet de simulateur de foot vient pointer le bout de ses LED (ce dernier reproduit sur un petit terrain, plusieurs actions de jeu, ndlr). Un « complément idéal pour les centres de formation » que le principal concerné tente de populariser. Au four et au moulin, Jean-Marc Chanelet s’avance en pionnier. Il était écrit que les derniers seraient les premiers.