par Alain Vollerin

 

Ou, l''Emotion et la Règle. Très agréable parcours dans la peinture de l'après-seconde guerre mondiale. Le début des années soixante. Une époque où la galerie le Lutrin organisait ses premières expositions sous le contrôle du critique d'art René Deroudille.

 

L'itinéraire commence avec une œuvre ancienne de Pierre Buraglio, toujours aussi ridicule dans une autre salle du musée avec son pseudo hommage à Zurbaran. Ensuite, ce sont deux Degottex, un Georges Noël, et un petit paysage de James Guitet de 1968 qui soit dit en passant, ne vit plus à Paris, mais à Seynes où, il soigne un terrible Parkinson. Signalons qu'une partie de ses œuvres sont exposées à la galerie Guillaume à Paris 8e – 32, rue de Penthièvre, jusqu'au 25 septembre 2010. Une toile d'Olivier Debré, « la Jeune Femme » (1959) de la série des premiers signes personnages. Martin Barré avec un travail qu'il a bien désavoué par la suite, devenu minimaliste, comme le confirmait l'hommage que lui rendit le musée du Jeu de Paume. Martin Barré et James Guitet doivent beaucoup à l'action de Michel Ragon, critique d'art. Les œuvres collectionnées sont conformes à une certaine mode, un air du temps souligné par la présence de Frédéric Benrath qu'on retrouve plus loin dans la collection moderne du Musée qui a tellement progressé depuis le don de Jacqueline Delubac. Sylvie Ramond nous ravit en exposant désormais le monstrueusissime et picassique « Cerbère » d'Etienne-Martin qui mériterait d'être décollé du mur pour que les visiteurs puissent en faire le tour. Félicitations aussi pour l'acquisition de la Pieta que nous avons si souvent admirée dans l'appartement du sculpteur sur les quais de Seine.

 

Retour au regard d'un collectionneur bien conseillé. Geneviève Asse encore libre, et un temps proche de l'esprit de Lucio Fontana. Une petite merveille, un bouquet blanc (1982) de Denise Esteban, au-delà de la rigueur de Georgio Morandi. Une nature morte au verre et au torchon (1980) de Jacques Truphémus qui n'avait pas encore décidé d'unir son destin à celui de la Galerie Claude Bernard. La présence de Joseph Sima avec une œuvre nommée « Des terres le long du fil » (1961), qui, comme celle d'un petit format conçu avec beaucoup de sensibilité et de musicalité par le mari de Vieira da Silva, l'architecte Arpad Szenes, « Le lagon » (1964), confirme notre sensation d'achats réalisés dans le confort d'une certaine mode. Beaucoup d'Art construit. Henri Stazruski, un Polonais totalement inconnu, mais il y en a tant dans les pays de l'Est. Demandez des informations à la Galerie Lahumière. Raymond Grandjean que nous sommes heureux de retrouver en si bonne place, ce qui devrait donner des remords au duo Képé le Néant et Gégé Collomb pour avoir détruit le très historique mur peint du cours Vitton. Plusieurs compositions de Jean Gorin, comme vous en verrez beaucoup au musée d'Art moderne et d'Art contemporain de Grenoble. Un pastel sur papier « Les demeures » (1955-57) d'Aurélie Nemours qui fut une adepte d'un art géométrique beaucoup plus solennel où, le noir joue souvent un rôle décisif. Marcelle Cahm trop mal connue. Je l'avoue, je ne connaissais pas Hans Rémond, ni cet encore jeune artiste, Man, né en 1973. Comment ne pas penser à l'action exemplaire menée par Denise René ? Autres présents : Guy de Lusigny, Ida Karskaya, Edda Renouf, les deux dernières ne sont pas des découvertes fracassantes. Notons quelques grands manquants : Auguste Herbin, Hans Hartung, Pierre Schneider, Pierre Soulages et Zao Wou-Ki.

 

Jusqu'au 4 octobre 2010

L'Emotion et la Règle

Musée des Beaux-Arts

Salle du XXe siècle

20, place des Terreaux – Lyon 1er

04 72 10 17 40