crikorn.jpg Par Alain Vollerin

 

Oui, sorti de l’ombre, où il végétait depuis son décès en 1993, et surtout depuis la disparition de notre ami Paul Mouradian qui possédait quelques belles œuvres qu’il montrait à ses amis dans sa galerie du Pantographe sur la place Ampère.

 

Nous félicitons Alice Gaillard, Jean-Jacques Renaud et toute leur équipe dévouée de cette initiative vraiment extraordinaire : Bernard Buffières, Suzy Ortiz, Arlette Dissard,  Rino Maccacaro, Vincent Banssillon, Paul Bellaton, etc… Rendez-vous compte ! Voir le portrait tout en verticalité de Marcel Michaud animateur des galeries Styl Clair, puis Folklore où exposa Crikor Garabétian, dont la manière très personnelle, très inspirée par la Roumanie où il était née, ne pouvait échapper à l’œil vigilant de celui qui fut, avec le soutien de Louis Thomas le galeriste le plus à l’avant-garde de la vie des Arts à Lyon pendant le XXe siècle. Sa mort en 1958 fut une tragédie pour notre Cité d’autant plus qu’elle fut accompagnée par celles d’Henri Béraud et de Marius Mermillon. Quelle projection dans le côté obscur de notre activité artistique ! Une foule très dense était venue confirmer notre sentiment, Crikor Garabétian injustement oublié des rétrospectives officielles reste très présent dans l’esprit des amateurs de peinture : Philippe Andriot, le peintre Ariel, le poète François Montmaneix, Micheline Colin, Gabriel Vartor, Monique Ruch représentant la Maison Ravier à Morestel, Nicole Duraz, Jacques Dabaghian, Jacqueline Grange (dont le mari Paul et le beau-frère Noël animèrent la galerie Grange, rue Joseph Serlin, avec le soutien inconditionnel de René Deroudille), Paul Charrondière, Jean Krikorian, Georges Kazarian, Mr et Mme Gilibert, Mme Bedrossian qui représentait le C.L.F.A, Mme Aubozian critique à France Arménie, Pascale Gostanian, Madame Meguerditchian, Mr Garmirian, Solange Pecmezian, etc.  

 

Comment rester indifférent devant les bourgeonnantes et turgessantes natures-mortes de Crikor Garabétian ? Comment rester insensible devant le « Métier à Tisser » ou le « Café du Soleil Levant » ? Même si nous retrouvons les influences de l’Ecole de Paris de Maurice Utrillo à Edouard Vuillard en passant par Georges Braque, il y a dans l’écriture picturale de Crikor Garabétian quelque chose de profondément oriental, une dominante brune, des traits appuyés, presque une brutalité. On peut voir ici quelques vastes toiles dont une évocation symbolique de la peinture française dans la première moitié du XXe. Son épouse était médecin, elle le protégeait, après son décès Garabétian abandonna ses pinceaux. Il vécut longtemps au 77, cours Albert Thomas. Marie-Thérèse Bourrat exposait un portrait naïf de Crikor Garabétian. Nous ne comprenons pas l’absence de l’adjoint à la Culture et au Patrimoine Képé le néant. Une faute de plus, celle-ci impardonnable, face à l’engagement de la communauté arménienne. Il était représenté par Abel Gago, élu du 9ème qui reconnaissait lui-même qu’il avait encore beaucoup à faire pour être l’homme de la situation, mais sa bonne volonté fait plaisir à voir. On rend aussi hommage à Salvatore Gurrieri qui exposa à la galerie K, puis à la galerie Malaval. Dans ses premières œuvres, on retrouve l’influence de Max Schoendorff, alors une des figures très à la mode des Arts à Lyon, lui -même inspiré par Dado et Hans Bellmer. Une exposition à ne manquer sous aucun prétexte.

 

Fort de Vaise – Fondation Renaud

Association des Amis de la Fondation

Crikor Garabétian – Salvatore Gurrieri

Jusqu’au 28 Novembre 2010

Mercredi, samedi, dimanche

14h30 à 19h ou sur RV

25-27 Bd Antoine de Saint-Exupéry – Lyon 9e

04 78 47 10 82 – Bus 45 arrêt les Carriers