j_m._requien.jpg Par Alain Vollerin

 

Jean-Marc Requien fut avec son ami le sculpteur-peintre Alain Roche, élève de l’école des beaux-arts de Lyon, où il s’inscrivit en septembre 1959.

 

Né le 14 juillet 1942, il obtint le Cafas en mai 1962 et quitta ce vénérable établissement en juin 1965, où il avait reçu l’enseignement d’Henri Vieilly. On peut affirmer sans commettre d’erreur que l’influence de ce maître fut immense sur le jeune Requien. Il sera sa vie entière son disciple doué et scrupuleux. Une visite de sa maison à Limonest, véritable musée en l’honneur de Vieilly, nous a définitivement convaincu. Cette formation fut complétée par la découverte, un peu plus tard, du talent de Philibert-Charrin, collagiste surréalisant, membre fondateur du Groupe des Sanzistes. Cette publication est un intelligent geste d’amour de la part de Françoise Fossati, compagne sensible et dévouée. Dans la préface, elle le décrit (ce qui l’honore) avec justesse et précision. Elle était la mieux placée pour ressentir et dire toute la complexité du personnage. Bien entendu, Jean-Marc Requien est cultivé, attentif, professionnel, mais il s’avère avant tout d’une exigence exacerbée jusqu’à l’outrance.

 

Cabochard, comme on dit à Lyon, Jean-Marc est avant tout un homme de parole et d’engagement. Dans sa profession (le monde de la pub), il a rencontré de nombreux exemples d’humains. Il pouvait en devenir un odieux misanthrope. Pas du tout, quelque chose l’a préservé de cette infirmité. Surement, un intérêt profond pour l’évolution de l’homme dans notre société, pour nos comportements, né de l’exemple de ses maîtres. Doué d’un profond sens de l’observation, appliqué, réactif, il pouvait incarner ce « chaînon  manquant » dans l’évolution de l’aventure des arts plastiques à Lyon. Une carrière nationale l’attendait probablement. Influent pendant plusieurs décennies, aujourd’hui, il peint et sculpte dans le silence de son atelier. Quel que soit le support ou la technique, ses œuvres sont toujours graciles, porteuses d’une élégance, d’une distinction, deux objectifs ultimes pour Jean-Marc Requien, de plus en plus souvent en retrait de l’univers contemporain et de ses sortilèges. Ce livre reflète, sans aucune concession, l’itinéraire d’un combattant, parfois injuste, mais toujours luttant pour une noble cause.

 

Broché – 117 pages – 24,50€