Photo © Saby Maviel

Par Benjamin Solly

Un constructeur qui jette l’éponge, un autre qui solde le processus d’appel d’offre devant le tribunal administratif, une facture multipliée par six et désormais un architecte aux cent coups… Bienvenue au Musée des Confluences.

Et si les deux monstres marins de la mythologie grecque, Charybde et Scylla, avaient pris leurs quartiers à la pointe de la Confluence ? Et si le Rhône et la Saône, à l’approche du sud la presqu’île lyonnaise, devenaient le Styx et l’Acheron, les deux fleuves des enfers ?  Au regard de cet énième (mauvais) rebondissement du musée, on va réellement finir par se poser la question d’un maraboutage du chantier.

Notre confrère Gérard Angel – spécialiste maison des contenus exclusifs concernant Azouz Begag* – publie cette semaine dans les Potins un courriel de l’architecte du cabinet Himmelb(l)au, en charge de l’aménagement de l’ouvrage. La missive électronique s’adresse au responsable local de Vinci, qui assure la construction du futur Musée, et détaille par le menu une série de «  défaillances en termes de production et de qualité. »

Morceaux choisis : «  décrochages de flocages thermiques (…) épaisseur insuffisante (…) les eaux de ruissellement qui ont fragilisé l’enduit pâteux allant jusqu’à décoller des parties d’enduit (…) avis défavorable du contrôleur technique APAVE. » N’en jetez plus ! Le calice est plein, et il a déjà été bu jusqu’à la lie par les collectivités locales. Le Conseil général du Rhône en particulier, à l’initiative du projet muséal d’un coût initial de 60 millions d’euros et qui risque « de dépasser les 350 millions d’euros », selon les Potins.

Pire, l’architecte dénonce des sous-traitants de Vinci qui « interviennent manifestement  sans coordination et sans concertation sur un projet que l’on sait d’une grande complexité technique. » Conséquence, la poursuite et l’achèvement du chantier apparaissent « sérieusement mis en péril si ce fonctionnement, contestable d’un point de vue contractuel mais également tout simplement logique et pragmatique, devait se poursuivre. » Oups.

Un constat catastrophique qui s’ajoute à la longue liste de précédents. L’ouvrage maudit a déjà éprouvé le constructeur Bec Frères qui a jeté l’éponge. L’appel d’offre suivant a débouché sur un référé devant le tribunal administratif, la société de BTP Léon Grosse ne s’expliquant pas pourquoi, malgré un devis moins cher de près de 20 millions d’euros, elle n’a pas été préférée à son concurrent Vinci.

En janvier 2012, le Conseil général du Rhône justifiait son choix, assurant que l’offre de Vinci était « plus sûre. » Trois ans plus tard, le musée se noie sous les malfaçons. En annonçant l’ouverture du musée pour début 2014, le Conseil général du Rhône nage à contre-courant de la réalité du chantier. A l’eau quoi !

* Dans son édition du 28 mars, les Potins d’Angèle nous brocardent pour avoir fait mention d’une exclusivité sur un article détaillant  le départ d’Azouz Begag de Lyon, nommé conseiller culturel à l’ambassade de France à Lisbonne. Patatras, les Potins avaient sorti la rumeur dans leur édition du 28 février, que nous avons confirmée en exclusivité, verbatim d’Azouz à l’appui. Un partout, balle au centre Gérard !