« Après des années de lutte contre la maladie, Robert Batailly (83 ans) a déclaré forfait… Et ce n’était pas dans sa nature que d’abandonner un combat, mais ce dernier était inégal et implacable.

En premier chef, à l’évocation de cette disparition, on repense à plein de souvenirs de ce petit « gosse » de Bourg de Thizy, représentant de commerce en produits de drogueries-parfumeries, se définissant comme le premier VRP en Eau de Cologne, qui se lança très tôt dans la politique avec des mandats municipaux sous 4 maires différents (avec une franche complicité avec Raymond Barre), Conseiller Général, Président de multiples conseils d’administration, d’associations loi 1901, vice-président du Parti Radical et même ce dont il n’était pas peu fier Député Européen.

Commandeur de la Légion d’Honneur, récipiendaire de nombreux autres décorations, honneurs et titres, Consul honoraire du Sénégal, attaché à la mémoire des Anciens Combattants, Robert Batailly était de toutes les nobles causes et des combats humanistes.

A titre personnel, je conserverai de lui les souvenirs de franches engueulades radicales et de réconciliations non moins roboratives, de mâchons tardifs où il venait en avance et repartait en retard juste pour nous dire « qu’il ne restait pas », de calculs de voix et de pourcentages pour échafauder une prise de pouvoir qui ne se faisait jamais , d’enterrements d’amis où son bon mot d’usage nous rendait l’épreuve moins pénible, enfin de cette passion commune du cirque qui ne le fit jamais reculer même aux extrêmes, mariant un couple de crocodiles ou faisant défiler sous la surveillance attentive d’André Vylar, un troupeau d’éléphants avenue Berthelot.

Ressemblant à Peppone du Don Camillo, tiré des romans du grand Giovanni Guareschi, qu’il aimait tant, Robert Batailly avait toujours à ses côtés « son » Irène , épouse touchante, attentive, qui lui donna deux fils Christian et Thierry… Nous pensons à eux en ces moments des plus éprouvants… Irène à la voix de soprano semblait un rossignol à côté de ce gros merle toujours en activité… Robert nous manque déjà, ces mots à peine écrits… La ville de Lyon, le Département et la Région perdent un sacré bonhomme et nous un « putain d’ami » ! »

Jacques Bruyas, le 27 novembre 2017

Messe de funérailles, jeudi 30 novembre 2017 à 9h
Église de Montchat – Place du château (Lyon 3)
Suivie de l’inhumation au cimetière de la Guillotière