requien1 Par Alain Vollerin

 

Jean-Marc Requien entra à l'Ecole Nationale des Beaux-arts de Lyon en septembre 1959. Il quitta cette vénérable institution diplômes en poche en juin 1965. Tout de suite, il choisit de faire carrière dans le monde de la publicité, alors dans ses euphoriques balbutiements.

 

On était encore à l'orée d'une aventure. L'empire consumériste établissait ses bases. Le général De Gaulle voulait interdire la publicité à la télévision. Il n'y avait qu'une chaîne en noir et blanc. Les graphistes grattaient du papier. Le jeune Requien vécut là ses premières expériences professionnelles par le dessin. Auparavant, il  avait construit une bonne partie de ses convictions par ses entretiens avec un professeur passionné et enthousiasmant, Henri Vieilly. Celui-ci ne ménageait pas ses élèves. Jean-Marc Requien avait-il besoin du pouvoir de résistance de cet artiste-enseignant ? Toujours est-il qu'il lui voue une admiration inaltérable, comme en témoigne sa collection appartenant à toutes les époques de l'œuvre de Vieilly. Jean-Marc Requien puisa souvent dans les leçons de Vieilly lorsqu'il dirigea son agence de publicité qui fut l'un des fleurons de l'un des plus influents groupes de communication de France et d'Europe. Une rigueur indispensable, la nécessité d'une clarté dans l'expression de ses émotions, l'obligation d'exprimer de vrais sentiments et si possible les siens, tout cela nourrira l'esprit de Jean-Marc Requien durant sa carrière de publicitaire. Pourtant, il ne fut pas un fils de pub comme les autres. Il le démontre aujourd'hui encore en se jetant résolument sur la voie malaisée de la création par la peinture. S'il n'avait choisi un autre destin, Jean-Marc Requien serait, j'en suis certain, le peintre inspiré qui manque à Lyon depuis les années soixante-dix. Il s'agit bien d'un chaînon manquant dans l'écriture de l'aventure des arts plastiques en Rhône-Alpes. Ses collages proches de la peinture, c'est-à-dire porteurs de peu d'emprunt à la photographie sont encore un hommage au dessin, à la couleur. Quant à ses toiles, elles portent ses doutes, ses faiblesses, ses angoisses. Se souvenant de la palette de couleurs de prédilection de son professeur Henri Vieilly, il peint des personnages les yeux grands ouverts dans une tension permanente. Nous observent-ils ou bien nous implorent-ils? Ils ont l'air retenus dans leur volonté de s'exprimer. Veulent-ils nous dire leurs angoisses devant un monde inculte et sans âme où ils semblent embourbés ?

Ce provocateur volontiers cynique et redouté est, comme de bien entendu, un homme généreux et bon qui se cache depuis trop longtemps derrière un écran où de fausses images s'agitent comme des leurres. Jean-Marc Requien n'a jamais cessé d'être un artiste. Après votre visite, comme moi, vous en serez persuadé.

 

Retrouvailles

Ils se sont connus à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts, dans les années 60.

Ils ne se quittaient pas d'une semelle.

Puis chacun a obéi à sa destinée.

L'un, succédant à son professeur préféré, René Dumas, devint une des figures emblématiques de l'Ecole.

L'autre, fidèle à l'enseignement d'Henri Vieilly, réussira une brillante carrière dans la publicité et la communication.

L'un refusant de choisir entre peinture et sculpture.

L'autre, admirateur de Philibert-Charrin, réalisant des collages sensibles et riches d'humour.

A l'heure des bilans, ils se retrouvent, à l'invitation d'Alain Vollerin, et décident de  confronter leurs recherches.

 

Exposition du 13/09 au 20/10 – Vernissage le 13/09

La Nouvelle Echelle d'or

126, rue de Sèze – 69006 Lyon