Par Gérard Angel

A 92 ans, Jean Fusaro poursuit inlassablement son œuvre. Le plus célèbre peintre lyonnais vivant travaille pour l’éternité. Ses toiles riches de matière et de poésie continuent à nous enchanter.

Elles sont reconnaissables entre toutes avec ces bleus lumineux et profonds, ces ciels tout à la fois tourmentés et apaisants, ces bords de mer qui nous incitent au voyage, ces ponts lyonnais sous lesquels se prélasse la Saône ou le Rhône et ces silhouettes qui semblent défier l’espace et le temps. Il était décidément temps que la République emboite le pas au public qui depuis des décennies, s’est laissé conquérir par son talent. On ne compte plus les expositions qui lui ont été consacrées à Lyon, à Paris, dans toute la France ainsi qu’à l’étranger. Le 30 novembre dernier, une cérémonie émouvante s’est donc déroulée dans les grands salons de la Préfecture.

Devant un parterre d’amis, de collectionneurs venus pour certains de Paris et Montpellier, de galeristes, de personnalités et d’élus, Jean Fusaro a reçu des mains de Christophe Guilloteau les insignes de chevalier des arts et lettres. On reconnaissait dans le public Michel Mercier, le peintre Patrick Marquès, Charles-Olivier Couty infatigable dès qu’il s’agit de faire vivre la mémoire de son père Jean, ainsi que Emmanuel Hamelin qui avait pour l’occasion enfilé son costume d’inspecteur général des affaires culturelles. Le consul général du Japon à Lyon et le fils du très célèbre galeriste nippon Kiyoshi Tamenaga avaient également fait le déplacement. Il est vrai que de Tokyo à Osaka, le talent de Fusaro est depuis plus de quatre décennies reconnu et apprécié. Voilà plusieurs années que cette médaille largement méritée lui avait été décernée à l’initiative de l’ancien président du Conseil général Michel Mercier. Restait à trouver l’occasion de la lui épingler très officiellement, ce qui a donc été fait et bien fait par l’actuel président du Conseil départemental.

Musique, maestro !

Christophe Guilloteau s’est prêté d’autant plus facilement à cette cérémonie qu’il est, à titre personnel, à la fois un ami et un admirateur inconditionnel du maître. Il suffit d’aller dans son bureau pour s’en convaincre. Une quinzaine de ses toiles ornent les murs. Le président n’a pas eu à aller bien loin pour les dénicher. Le département possède en effet l’une des plus belles collections qui soit de Fusaro. Dans son discours, Christophe Guilloteau a révélé quelques anecdotes savoureuses sur celui qui, né à Marseille en 1925 a été élève à l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon. Facétieux à ses heures (il l’est resté aujourd’hui encore), Jean Fusaro n’était alors pas le dernier à faire les cent coups avec ses camarades. Ce que l’on sait moins, c’est que notre peintre aurait pu également faire une autre carrière artistique dans la musique. Et plus particulièrement comme violoniste, un instrument avec lequel il a entretenu une très longue et très passionnelle liaison.

Décorer Jean Fusaro, c’est d’abord et avant tout rendre un hommage mérité à son talent et à son œuvre. Cette tâche bien agréable est revenue à Michel Régnier, adjoint au maire de Vourles en charge de la culture. Grand amateur de peinture et collectionneur averti, notre élu a su trouver les mots justes pour saluer un parcours artistique exceptionnel. A l’issue de la cérémonie, Jean Fusaro et son épouse Jacky avaient convié cinquante de leurs amis à un dîner chez Léon de Lyon. Et là, un cadeau merveilleux attendait les convives. On connaît la générosité de Jean. Pour l’occasion, il avait donc crayonné une dizaine de dessins sur le thème de la gastronomie. Ceux-ci, numérotés et signés par le maître, ont servi à illustrer le menu qui ne manquera pas d’être précieusement conservé par tous.

Olivia et Emmanuel Hamelin, Gérard Angel, Charles et Myriam Couty, Christophe Guilloteau