Propos recueillis par Baudouin Wisselmann

Exclusif. Sa démission fracassante, en juillet dernier, a profondément secoué le cocotier macroniste. Opposé aux coupes budgétaires de la Défense, l’ancien chef d’état-major des armées a travaillé tout l’été sur son livre « Servir ». Invité vedette des Entretiens de Valpré, il a répondu à nos questions à l’issue de son intervention à Ecully, ce vendredi 19 novembre 2017.

LP :De quoi est faite votre vie depuis votre démission ?
PdV: Ma vie est active. Dès ma démission, j’ai décidé d’écrire ce livre (Servir) et de profiter de mon temps libre pour réfléchir. Maintenant j’en fais la promotion, ça m’occupe aussi. Je lance aussi ma société de conseil à l’exercice de l’autorité, du management et de l’organisation. J’ai maintenant plus de temps à accorder à mes proches. Et je vais peut-être enfin pouvoir aller au stade de la Beaujoire pour regarder Nantes jouer, l’équipe que je soutiens depuis ma plus tendre enfance.

Quel témoignage souhaitez-vous porter avec ce livre ?
Je pense que c’est important d’expliquer aux Français les enjeux de la Défense, quelles sont les menaces, que font nos soldats et surtout, qui ils sont, car je pense qu’il faut transmettre ce que j’ai appris, c’est mon objectif.

Avez-vous eu le temps de rendre visite à votre frère Philippe, au Puy du Fou ?
Je n’ai malheureusement pas encore eu le temps. Cet été, quand j’écrivais mon livre dans ma maison en Vendée, je n’ai pas quitté mon bocal, parce que c’est très astreignant. Monsieur Cazeneuve parlait de « l’ascèse » de l’écriture, il dit vrai !

Dans votre dernière « Lettre à un jeune engagé », vous parlez beaucoup de confiance. Avez-vous confiance dans l’avenir de la France?
Oui, mon livre est plein d’espérance, car la vitalité du pays est d’abord sa jeunesse et elle est formidable. Elle veut s’engager, donner du sens à sa vie, elle est déterminée et inscrit son combat dans l’avenir. Elle se bat pour la Liberté, elle cultive la Fraternité et trouve l’Egalité dans l’uniforme.

Vous avez été un symbole fort, très soutenu au moment de votre démission. Croyez-vous pouvoir mettre à profit ce soutien pour faire de la politique?
Je ne ferai pas de politique. Je le dis à temps et à contre temps. Mais je mettrai tous mes talents au service de la France en la servant différemment, en transmettant ce que j’ai appris lors de mes 43 années de service.


« Servir »
Editions Fayard – 256 pages – 20,90 euros