michel_neyret_lyon_people.jpg Photo © Fabrice Schiff

Par Marc Polisson

Actualisé le 5 novembre 2012. La nouvelle de son arrestation tourne en boucle sur les télés et les sites web d’actualité. Nous ne participerons pas au lynchage collectif du numéro 2 de la PJ lyonnaise.

Ils le considéraient hier comme le meilleur flic de Lyon. Ils s’apprêtent à le lapider en place publique aujourd’hui. On connait le caractère moutonnier des journalistes parisiens. Qui font leurs gros titres sur l’interpellation jeudi matin (le jour de sa fête !) à son domicile du commissaire divisionnaire Michel Neyret, chevalier de la Légion d’Honneur, « dans le cadre d’une enquête de corruption et de trafic de stupéfiants ». Une arrestation annoncée par des médias parisiens (RTL et Europe 1) et diligentée par les bœufs carotte de Paris où il a été transféré dans l’après-midi. Bien entendu, le fait qu’il soit un flic très médiatisé et qu’on le voie beaucoup sur le terrain (de jour comme de nuit) en fait une cible idéale, mais de Nice à Lyon, le numéro 22 de notre classement Top 100 a toujours mené une carrière aussi intense que ses arrestations de trafiquants de drogue avec à la clé des saisies records. Tout cela doit nous inciter à la plus grande prudence, enfin pour ceux qui croient encore à la présomption d’innocence.

La chronologie des faits

Jeudi 29 septembre 2011 Le commissaire Michel Neyret est cueilli au saut du lit au manoir d’Estrablin, son domicile près de Vienne. Il est placé en garde à vue avec son épouse puis transféré sur Paris.

Vendredi 30 septembre Placement en garde à vue de trois policiers de la PJ lyonnaise et grenobloise. Trois membres du milieu sont également entendus.

Samedi 31 septembre et Dimanche 1er octobre Cuisiné par les boeufs-carottes parisiens, Michel Neyret se défend comme un lion, selon son défenseur Maître Gabriel Versini.

Lundi 2 octobre 2011 Dans la tourmente également, Michel Zaragoza, Stéphane Alzraa et Gilles Bénichou sont mis en examen. Michel Neyret passe sa première nuit en prison. Mardi 4 octobre Jamais en retard d’une bévue, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant suspend le commissaire avant même qu’il ne soit jugé. Le patron de la PJ lyonnaise, Claude Catto, est annoncé sur le départ. La chasse aux sorcières ne fait que commencer.

Jeudi 6 octobre Descendus de Paris, les boeufs-carottes et le juge d’instruction effectuent une perquisition poussée des locaux de la PJ à l’hôtel de police Marius Berliet. Opération similaire à Grenoble. A Paris, les avocats de Michel Neyret font appel de sa mise en détention.

Dimanche 9 octobre Sur M6, l’affaire Neyret est au sommaire du magazine 66 minutes. Beau portrait également dans l’Express et Paris Match . Mercredi 12 octobre Le Point publie des extraits de l’audition de Stéphane Alzraa. On n’y apprend pas grand chose qu’on ne savait déjà (à savoir que Stéphane rencardait le commissaire et le baladait dans sa Ferrari louée sur la Côte d’Azur). La question qui dérange est ailleurs. Qui est à l’origine de ces fuites, si ce n’est les policiers eux-mêmes ? Comment cette audition, normalement protégée par le secret de l’Instruction a-t-elle pu sortir ? Quelle manipulation les boeufs-carottes parisiens sont-ils en train d’ourdir contre Michel Neyret pour l’enfoncer encore et encore ? La thèse de la guerre des polices – désormais avérée – prend tout son sens.

Lundi 17 octobre Les amis du commissaire emprisonné, à qui la Cour d’Appel de Paris a refusé la libération conditionnelle, se mobilisent sur le web. Déjà 600 signataires pour la pétition demandant sa libération.

Lundi 24 octobre Un fonds pour venir en aide aux policiers impliqués dans l’affaire Neyret. Ce mouvement de solidarité est né au sein même des services régionaux de la police. Un compte a été ouvert au nom de l’association l’Amicale de la DIPJ de Lyon. L’argent récolté sera reversé aux deux policiers grenoblois et aux deux policiers lyonnais mis en examen et suspendus après le placement sous mandat de dépôt de leur patron Michel Neyret. Ce fonds a pour but de compenser leurs baisses de revenus et de les aider à payer leurs frais de justice. ( Source : M Lyon )
Mercredi 2 novembre L’instruction se poursuit et Michel Neyret poursuit son séjour dans le quartier VIP de la prison de la Santé. Où les journées doivent être bien longues. Voici son adresse si vous souhaitez lui envoyer un mot d’encouragement :

Commissaire Michel Neyret Prison de la Santé 14, rue de la Santé 75014 Paris
Samedi 5 novembre Le site internet du Point publie des compte-rendus d’écoute mettant bien entendu en cause Michel Neyret et son épouse Nicole.On ne peut que s’étonner du nombre de fuites qui entourent ce dossier pourtant soumis au secret de l’instruction. Toujours à charge. Comme si on voulait persuader l’opinion publique que sa condamnation – déjà actée – sera juste et inéluctable. Un vrai lavage de cerveaux qui laisse les Lyonnais dubitatifs. On annonce tous les jours que des people locaux vont tomber. Aujourd’hui, le Point incrimine un cadre de la CNR. Demain à qui le tour ?
Lundi 28 novembre
Claude Guéant a installé à Lyon la nouvelle direction de la police judiciaire régionale, après l’affaire Neyret, un «  véritable traumatisme  » pour ce service, qui a cependant «  tourné la page  », d’après le ministre de l’Intérieur. Francis Choukroun, ancien directeur de la PJ d’Orléans, a succédé à Claude Catto à la tête de la Direction interrégionale de la PJ (DIPJ) de Lyon. Le supérieur hiérarchique de Michel Neyret, qui n’est pas poursuivi dans cette affaire, a été muté à l’Inspection générale de la police nationale.
Jeudi 1er décembre Le commissaire est sorti de la Santé pour une petite promenade à Saint-Etienne où il a été convoqué pour témoigner dans le cadre d’une affaire de braquage commis en 2003. Selon nos confrères de Libération , Michel Neyret porte toujours aussi beau : «  Petit sourire aux lèvres, clin d’oeil à la salle. Il n’est pas menotté, porte un élégant costume gris foncé, a toujours sa mèche sur le front, ses cheveux mi-longs, sa barbe poivre et sel de trois jours. Il n’a rien perdu de son allure de play-boy, bien qu’ayant beaucoup maigri.  » Le quotidien consacre en parallèle un long papier à «  Michel Neyret, des années de service  ». Sans perdre son sang-froid.

Mercredi 14 décembre L’IGS piétine. Les boeufs-carottes poursuivent leurs investigations mais n’ont pas grand chose à se mettre sous la dent. Ils en sont réduits à convoquer un par un les commerçants des Halles et les restaurateurs chez qui Michel Neyret avait ses habitudes. De la petite monnaie.

Jeudi 22 décembre Selon nos confrères du Monde , l’ancien n° 2 de la police judiciaire lyonnaise a été entendu pour la première fois mardi 20 décembre par deux juges parisiens en charge de l’affaire de corruption pour laquelle il a été mis en examen le 3 octobre. Le commissaire, suspendu de ses fonctions et écroué à la prison de la Santé, à Paris, s’est expliqué pendant près de quatre heures sur ses relations avec plusieurs figures du grand banditisme et les avantages dont il en aurait bénéficié. Il est soupçonné d’avoir fourni des renseignements, notamment des fiches de police, à plusieurs malfaiteurs présumés. Les avocats de Michel Neyret, qui demandaient l’audition de leur client depuis plusieurs semaines, ont demandé la suspension de la séance au bout de quatre heures. Selon eux, les deux juges d’instruction leur ont présenté de nouveaux éléments, notamment des écoutes téléphoniques, dont ils n’avaient pas eu connaissance. Une nouvelle audition devrait être organisée courant janvier. Les avocats ont repoussé d’autant leur demande de remise en liberté. Michel Neyret passera donc Noël en prison. 

Jeudi 5 janvier 2012 Les bœufs-carottes continuent de faire le tour de la ville gourmande et festive. C’est le patron d’une adresse du confluent très fréquentée par Michel Neyret qui a eu droit à leur visite. Vendredi 13 janvier 2012 Stéphane Alzraa traîne sa mauvaise réputation dans toute la ville et tout spécialement chez les concessionnaires de voitures de luxe qui ne peuvent plus le voir en peinture (rouge). C’est désormais l’affaire de la taxe carbone qui vient de le trainer devant le juge d’instruction qui l’a mis en examen. Cette fraude à la TVA a rapporté plus de 1,5 milliards d’euros à ses auteurs au détriment du fisc français. Plusieurs personnes impliquées se sont réfugiées en Israël. Stéphane Alzraa, déjà mis en cause dans l’affaire Neyret pour corruption présumée est soupçonné d’avoir participé à la fraude à hauteur de 50 millions d’euros, empochés en l’espace de 18 mois. Est-ce avec cet argent qu’il a tenté de corrompre le commissaire ? Les deux protagonistes nient en bloc. 

Mercredi 23 mai 2012 Michel Neyret libéré mais surveillé. Après plus de 7 mois de détention à la prison de La Santé à Paris, l’ex numéro 2 de la PJ lyonnaise a été remis en liberté. Sa fille Charlotte est venue le chercher à la prison de la Santé. L’ex commissaire s’est rendu, en toute discrétion, dans l’Est de la France.Libre mais interdit de séjour à Lyon et dans le département du Rhône. Michel Neyret, poursuivi pour « corruption », « trafic de stupéfiants », ou encore « association de malfaiteurs », est désormais obligé de ne pas quitter le lieu de résidence signifié aux juges. Obligation lui est faite de pointer régulièrement à la gendarmerie. L’ex commissaire n’a nul droit de rencontrer les protagonistes de l’affaire, y compris sa femme, Nicole. Ses amis lyonnais feront le voyage ce week-end pour le retrouver. Il devra rester à disposition du juge dans la réalisation de son enquête. Une liberté partielle, mais qui est bien accueillie, après quelques 234 jours à la maison d’arrêt à la Santé de Paris. L’ancien « super-flic » a passé 20 ans à l’antigang et est aujourd’hui suspecté d’avoir utilisé de la drogue pour rémunérer ses indicateurs. Cette libération vient ponctuer les quatre auditions de plusieurs heures chez le juge Gachon, trois demandes de remise en liberté par ses avocats et une requête en nullité de la procédure rejetée par la cour d’appel de Paris. L’arrestation du commissaire avait provoqué un choc au sein de la police et sur les onze protagonistes mis en examen, deux restent en détention. CM

 

Jeudi 31 mai 2012

Michel Neyret, libéré discrètement de la prison de la Santé le mercredi 23 mai après près de huit mois de détention provisoire, a été contraint, par les magistrats en charge de son dossier judiciaire, de s’installer dans un coin de l’Est de la France loin de Lyon, endroit d’abord tenu secret. Mais très vite, le journaliste lyonnais, Maurice Fusier, Grand Reporter au bureau de Radio France à Lyon, entrera en contact avec l’ancien n°2 de la Police Judiciaire lyonnaise: ils se connaissent depuis longtemps. Et Michel Neyret acceptera de recevoir ce journaliste. Et seulement lui ! Une semaine après la libération du policier, ils vont donc se retrouver et passer quelques heures ensemble. Selon Maurice Fusier, Michel Neyret a accepté de parler en exclusivité à son micro, sous réserve que ne soit pas abordé son dossier en cours, «  par respect pour l’appareil judiciaire, pour les magistrats qui m’ont remis en liberté, et pour mes deux avocats qui ont effectué un travail remarquable  », dira le policier. Et donc, dans cette interview unique, Michel Neyret a évoqué les moments difficiles en prison, et le retour à la vie. Il a aussi remercié les milliers de gens qui, en près de huit mois, lui ont expédié environ 25 kilos de courriers de soutien. Il a conclu en souhaitant avoir l’autorisation de retrouver sa famille dans un proche avenir.

Cette interview diffusée sur France Info et France Inter le jeudi 31 mai au matin a fait fébrilement le tour de toutes les radios, télés, et journaux de France. Et peut-être même également de Navarre… Un sacré scoop pour Maurice Fusier. On apprendra ensuite rapidement, par d’autres de ses confrères journalistes, que Michel Neyret est contraint d’habiter depuis sa libération dans de la famille à Toul, près de Nancy. Les journalistes seront alors nombreux à faire le voyage dans l’est, mais en vain. Car le policier ne parlera plus dans l’immédiat.

Mardi 4 septembre 2012

L’ancien n°2 de la PJ de Lyon est convoqué mardi devant un conseil de discipline où il doit comparaître pour « violation du code de déontologie », selon une information du Point confirmée par l’avocat de l’ex-superflic, Me Gabriel Versini. Figure de proue de la lutte contre le grand banditisme, Michel Neyret est mis en examen depuis près d’un an pour douze chefs d’inculpation, dont la corruption et le trafic d’influence. La procédure disciplinaire dont il fait l’objet est toutefois indépendante du volet judiciaire le concernant. Neyret risque la radiation ou la mise en retraite anticipée. Il aura le choix d’être jugé immédiatement ou après la clôture de la procédure judiciaire qui le touche. Le conseil de discipline, composé d’une trentaine de membres, représentants et chefs de service de la police, rendra un avis après l’audience. La décision finale incombe au ministère de l’Intérieur. Neyret est actuellement placé sous contrôle judiciaire en Lorraine sa terre natale.

Mercredi 5 septembre 2012

L’ancien n°2 de la PJ de Lyon a été entendu hier à Paris par le conseil de discipline de la police, qui a réclamé à son encontre la plus sévère des sanctions. Costume noir, chemise blanche, cravate rayée, Michel Neyret n’a rien perdu de sa superbe lorsqu’il se présente peu avant 15h rue Nélaton devant ses pairs. Composé par de représentants syndicaux et de membres administratifs de la police, le conseil de discipline a réclamé la radiation pure et simple de l’ex-superflic. Quatre des anciens directeurs de Neyret ont pourtant plaidé en sa faveur, dont Bernard Trenque, ex-patron du SRPJ de Lyon et de la police scientifique d’Ecully, et Gérard Girel, ancien directeur de la police judiciaire. Insuffisant. « C’est sévère, nous sommes extrêmement déçus », a confié au sortir de l’audience son avocat Yves Sauvayre. Il appartient désormais au ministre de l’Intérieur Manuel Valls de valider ou non cette demande de radiation. Une sanction administrative indépendante du volet judiciaire de l’affaire Neyret. Réponse dans un mois maximum.

Mercredi 26 septembre 2012

Un ex-magistrat de Lyon placé en garde à vue. L’homme, en poste depuis l’été 2011 au parquet de Cayenne en Guyane, a été interpellé mardi 25 au matin. Les enquêteurs de l’IGS s’interrogent sur les renseignements qu’aurait pu fournir le magistrat à Michel Neyret, en particulier sur des procédures judiciaires en cours. A noter que l’homme placé en garde à vue a été muté outre-mer quelques semaines avant l’interpellation de Michel Neyret.

Jeudi 27 septembre 2012

L’ex-magistrat de Lyon mis en examen. Le parcours judiciaire continue pour l’ancien vice-procureur de la République du TGI de Lyon. Après 48h de garde à vue, Francis Montoy a été mis en examen mercredi pour accès frauduleux au casier judiciaire, détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel et violation du secret professionnel. Il est soupçonné d’avoir révélé le contenu de deux casiers. Placé sous contrôle judiciaire, l’homme peut continuer à exercer ses fonctions de magistrat près le parquet de Cayenne en Guyane.

Vendredi 7 octobre 2012

Le ministre de l’Intérieur a tranché et confirme la révocation de Neyret, réclamée par le conseil de discipline de la police après l’audition mardi 4 septembre 2012 de l’ex-superflic de Lyon. C’est la sanction la plus lourde qui pouvait frapper Michel Neyret. Elle est effective depuis vendredi soir. « Après avoir pris connaissance de l’avis du conseil de discipline de la police nationale, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a décidé la révocation du commissaire Michel Neyret », indique Beauvau par voie de communiqué. Une confirmation sans surprise. Plus tôt dans la journée, Valls avait brocardé, sur les ondes de RTL, la trajectoire de l’ancien n°2 de la PJ de Lyon. «  Au-delà des carrières qui parfois sont de très grande qualité, à ce niveau-là, un policier ne l’a pas été  », a-t-il expliqué. Après la sanction administrative, Neyret doit passer sous les fourches caudines de la justice. Mis en examen, le désormais «   ex-commissaire   » doit répondre à douze chefs d’accusation, dont la corruption et le trafic de stupéfiants.

Mercredi 17 octobre 2012

Le contrôle judiciaire de l’ex-n°2 de la PJ de Lyon a été élargi, autorisant le commissaire révoqué à retrouver son pays viennois. «  Il est désormais autorisé à aller dans toute la France sauf à Lyon et dans la région grenobloise  », a précisé son avocat, Me Yves Sauvayre, confirmant ainsi l’information du Progrès. Michel Neyret a donc regagné son domicile isérois. Mis en examen le 3 octobre 2011 dans une affaire de corruption et de trafic de stupéfiants, Michel Neyret a été remis en liberté le 23 mai 2012 après huit mois de détention dans le quartier VIP de la prison de la santé à Paris. Placé sous contrôle judiciaire strict et assigné à résidence à Toul (Meurthe-et-Moselle), l’homme avait interdiction de rencontrer les protagonistes de l’affaire, dont sa femme Nicole, et devait pointer quotidiennement au commissariat local. Une feuille de route rendue plus souple par l’allégement de son contrôle judiciaire, décidé par le juge d’instruction parisien Patrick Gachon. Michel Neyret peut désormais revoir son épouse. Son obligation de pointage au commissariat de Vienne devient hebdomadaire. La procédure d’instruction se poursuit toujours, dans l’attente d’un renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris. Les avocats de l’ex-superflic ont déposé sept requêtes en nullité, toutes repoussées. La cour de cassation examinera jeudi 18 octobre 2012 à 14h un nouveau pourvoi dénonçant la régularité des écoutes accablant Michel Neyret. Au total, dix personnes ont été mises en examen depuis le début de l’enquête.

Jeudi 18 octobre 2012

L’ex-n°2 de la PJ de Lyon s’est confié mercredi 17 octobre 2012 sur l’antenne de RTL. Révoqué en septembre de sa fonction de commissaire par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls après enquête de ses pairs, Michel Neyret jure avoir «  accepté la décision.  » Mais il confesse toutefois ressentir «  une certaine déception.  » «  Pour moi, c’est certain qu’on a voulu résumer l’homme à quelques mois où l’on me reproche des relations avec des personnes, explique-t-il. Les 32 années de service que je qualifierais d’irréprochables n’ont pas été prises en considération.  » De retour sur ses terres natales d’Isère après l’assouplissement de son contrôle judiciaire par le juge d’instruction parisien Patrick Gachon, L’homme retrouve le bonheur simple d’être auprès des siens plus d’un an après en avoir été privé. «  Ça a été la joie de retrouver tous mes proches et maintenant je suis en train de réapprendre la vie non plus en exil, dans un département lointain, mais chez moi.  » «  Je n’ai pas changé, termine-t-il. Les huit mois de détention n’ont ni affaibli ma détermination, ni ma combativité, je reste un battant, je le serai toute ma vie et donc ce n’est pas cette épisode judiciaire qui va changer mon caractère profondément.  » Michel Neyret est mis en examen depuis le 3 septembre 2011 pour, entre autres chefs d’inculpation, corruption et trafic de stupéfiants. Le dossier est toujours à l’instruction avant son renvoi éventuel devant le tribunal correctionnel de Paris.

Mercredi 31 octobre 2012

La cour de cassation a validé mercredi 31 octobre 2012 l’enquête sur l’affaire de corruption présumée qui touche l’ex n°2 de la PJ de Lyon. Les avocats de Michel Neyret contestaient la légalité des écoutes téléphoniques, faites sans réquisitoire supplétif du parquet. Suivant les conclusions de l’avocat général lors de l’audience du 17 octobre 2012, la cour de cassation a rejeté le pourvoi estimant que ces écoutes ne sauraient constituer un «  acte coercitif irrégulier.  » Michel Neyret est mis en examen depuis le 3 septembre 2011 pour, entre autres chefs d’inculpation, corruption et trafic de stupéfiants. Le dossier est toujours à l’instruction avant son probable renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris.

MARDI 15 OCTOBRE 2013

Michel Zaragoza a été retrouvé mort à son domicile, lundi 14 octobre 2013, un fusil de chasse à ses côtés. Michel Zaragoza avait été mis en examen en même temps que Michel Neyret, fin 2011, pour « trafic de stupéfiants, blanchiment et association de malfaiteurs. » L’homme, âgé de 50 ans, dirigeait une concession de véhicules utilitaires près de Gerland.  Il devait être entendu comme témoin, mardi 15 octobre, dans une affaire de détournement présumé de TVA dans des ventes de voitures de luxe. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de sa mort.