Par Catherine Lagrange

« The one in the world ! ». La première du monde. C’est comme ça que la voyait le champion écossais de tennis Andy Murray. C’était en 2011. Caroline Garcia n’avait que 17 ans et avait été un peu ébranlée par le compliment.

Sept ans plus tard, le pronostic serait-il en passe de se concrétiser ? « Potentiellement oui ! » avance Louis-Paul Garcia, père, entraineur et meilleur supporter de Caroline, « c’est atteignable ». Il est vrai que la fin d’année a été prospère pour la tenniswoman. Deux victoires en Chine à Wuhan et Pékin, une demi-finale en Master à Singapour, un quart de finale à Roland Garros… Caroline a enchainé les succès. Déjà première française, elle a bondi de quinze places en un an pour figurer aujourd’hui à 24 ans, à la septième place mondiale. « A dix ou douze ans déjà, quand on fait du tennis de façon impliquée, on rêve à ça » confie le papa qui ne cache pas sa fierté « mais après, ce sont des places qui sont dures à aller chercher ».

Entre deux tournois qui l’amènent désormais à parcourir la planète à un rythme effréné, Caroline trouve enfin le temps de passer quatre ou cinq jours à Lyon, chez elle. C’est plutôt rare. Et là encore, l’agenda est bien rempli. Retrouvailles en famille, histoire de souffler, mais tous les jours, des séances d’entrainement, à Bron, à la Ligue du Lyonnais. Et aussi, sans jamais se départir de son large sourire, elle enchaine avec une soirée sur la scène de l’auditorium pour recevoir le Lion d’Or aux Lions du Sport qui récompensent les meilleurs sportifs de la métropole. Quelques séances de shooting aussi, pour la presse magazine, pour une marque de cosmétiques. « Je me sens profondément lyonnaise » confie celle qui est née en région parisienne avant que la famille Garcia ne vienne s’installer à Lyon. Caroline avait un an. « C’est ici que j’ai grandi, c’est ici que j’ai ma base, ma famille, et c’est ici que j’aime revenir lorsque j’ai deux ou trois jours de repos ».

Ambassadrice de Lyon

Un moment privilégié pour continuer à découvrir sa ville, s’accorder quelques sorties, faire des balades en centre-ville : « Moi qui voyage beaucoup, je me rends compte qu’il se dégage ici quelque chose de particulier ». La championne prend à cœur de représenter sa ville à l’extérieur. « Pendant mes voyages, j’essaie de faire la promotion de Lyon, et je m’aperçois que la ville est déjà très connue à l’étranger, dans le milieu sportif grâce à l’OL, mais aussi pour sa gastronomie, pour son histoire ». L’agenda des prochains mois est déjà très dense. Indian Wells et Miami en mars, puis une tournée européenne sur terre battue d’avril à juin, qui la conduiront à Stuttgart, Madrid, Rome… La vie de Caroline est rythmée par les tournois, les hôtels, les déplacements, au point qu’elle a fêté son 24ème anniversaire dans l’avion pour Singapour. « Les avions, la valise, la fatigue, l’attente debout, c’est la partie la plus embêtante de la carrière de sportif » reconnait la championne, « mais en même temps j’ai bien conscience que voyager est une chance ».

« Elle a largement fait le tour du monde, y compris en passant par des pays où elle n’aurait jamais eu l’occasion d’aller, Bosnie, Ouzbékistan, Japon » confirme Louis-Paul Gacia qui l’accompagne dans chacun de ses déplacements. La présence de son père, et souvent aussi de sa mère est une force pour la lyonnaise. « Le tennis est un projet familial, mon père et ma mère ont toujours été très investis » explique la fille unique des Garcia, « je sais que je peux compter sur eux, dans les bons moments, comme dans les passes difficiles. Ils n’hésitent pas à me dire mes quatre vérités, et cette année, ça m’a beaucoup servi ». 2018 sera une année déterminante pour Caroline. « Il y aura des grands tournois et elle sera en compétition avec les meilleures » rappelle le papa-entraineur. Il manifeste une confiance absolue dans les qualités de sa fille qu’il coache maintenant depuis quinze ans, « elle a une capacité de travail importante, elle est capable de rebondir, elle résiste au stress des voyages… tout le monde ne peut pas le faire ».