Le journaliste Denis Robert, sorti blanchi en février de dix années de bras de fer judiciaire avec Clearstream qui le poursuivait pour diffamation, a réclamé mardi 3,6 millions d’euros de dommages et intérêts à la société devant la cour d’appel de Lyon.

 

La cour a mis son jugement en délibéré au 29 novembre. Denis Robert, qui faisait l’objet depuis 2001 de multiples plaintes en diffamation déposées par Clearstream , a "subi incontestablement des préjudices personnels, professionnels, moraux et financiers considérables", a déclaré son avocate, Me Bénédicte Litzler, dénonçant un "véritable harcèlement judiciaire". Le 2 février, la Cour de cassation avait annulé trois condamnations en appel de M. Robert concernant son documentaire "Les dissimulateurs" et ses ouvrages "Révélation$" et "La Boîte noire", dans lesquels il accusait la chambre de compensation luxembourgeoise d’avoir blanchi de l’argent sale. Pour chacune des trois affaires, Me Litzler a demandé 200.000 euros de dommages et intérêts pour "procédure abusive" et un million d’euros pour "comportement fautif" de Clearstream en raison du "dénigrement" de l’ancien journaliste de Libération et des préjudices engendrés. "C’est un montant qui n’est pas du tout usurpé et qui me semble très cohérent quand on a vécu tout ce que j’ai vécu", a commenté Denis Robert à l’issue de l’audience, soulignant que le montant total des sommes qui lui avaient été réclamées par Clearstream en dix ans atteignait 1,5 million d’euros. Me Litzler a également demandé à la société luxembourgeoise 40.000 euros au titre des frais de procédure pour chacun de ces trois dossiers. De son côté, l’avocat de Clearstream , Me Christophe Belloc, a estimé que l’abus de procédure et la faute de la part de la société étaient "exclus", l’existence d’une diffamation ayant été reconnue en octobre 2008 par la cour d’appel de Paris. Denis Robert "s’est fait une notoriété extraordinaire avec cette affaire", a-t-il déclaré, estimant que le journaliste avait développé "une obsession" pour Clearstream. "La société Clearstream n’accepte pas les arrêts rendus par la Cour de cassation", a riposté Me Litzler, dénonçant un "comportement inadmissible".