Le vice-président du Front National Bruno Gollnisch, condamné pour contestation de crime contre l'humanité puis blanchi par la Cour de Cassation, a annoncé mercredi avoir porté plainte contre l'ancien ministre de la Justice Dominique Perben pour dénonciation calomnieuse.

 

"J'accuse M. Perben d'avoir utilisé ses fonctions dans un but personnel et politique pour discréditer un adversaires aux élections municipales de Lyon", a déclaré à l'AFP Bruno Gollnisch, qui a déposé plainte devant la Cour de Justice de la République. L'affaire remonte à octobre 2004, lorsqu'une enquête avait été ouverte suite à des propos sur la déportation et les chambres à gaz tenus par Bruno Gollnisch lors d'une conférence de presse à Lyon. En mars 2006, le juge d'instruction chargé du dossier avait préconisé un non-lieu, mais Bruno Gollnisch avait malgré tout été poursuivi et jugé, sur citation directe du parquet, à la demande de Dominique Perben, alors Garde des Sceaux et candidat à la mairie de Lyon, tout comme M. Gollnisch. Le parquet et le MRAP avaient fait appel de ce non-lieu, mais la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Lyon, qui a statué sur cet appel mercredi, a jugé que l'action publique était éteinte, l'affaire ayant par ailleurs été déjà jugée. Le 18 janvier 2007, le tribunal correctionnel de Lyon a en effet condamné le député européen d'extrême droite à trois mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende. La Cour de Cassation a annulé définitivement cette condamnation, le 23 juin 2009, estimant que les précédentes juridictions avaient extrait "des bribes de réponses (…) mises bout à bout dans le désordre et présentées inexactement, comme (…) une réponse à une unique question (…), sans chercher à (…) saisir le sens et la portée exacte des propos".