Par Morgan Couturier

Si les Japonais et les Nord-Américains ont donné encore un peu de plus de résonance au championnat du monde de Pâté Croute, la victoire est revenue au Français Daniel Gobet, trois ans après sa première participation.

Il fallait le voir bouillir sur son siège, masquant tant bien que mal son stress, à l’heure des délibérations. Alors quand il comprit que son sort se jouerait entre la première et la deuxième place, Daniel Gobet a vu ses émotions s’amplifier, jusqu’à feindre quelques larmes, quand la plus haute marche du podium s’offrit à lui. « Je suis tellement heureux, j’ai travaillé très dur ces derniers jours, jubilait-il. C’est un de mes rêves qui se réalise ».

Le regard encore humidifié, le traiteur aindinois n’en revenait pas, lui qui depuis 3 ans, ruminait dans sa ville de Divonne-les-Bains, cette incommodante quatrième place acquise en 2015. Mais voilà, le succès se construit au prix d’efforts multiples, et le « saladier d’argent », valait bien toutes les récompenses. La preuve que ce championnat du monde du Pâté Croute revêt d’une toute autre importance, dix ans après son élaboration, dans les cuisines d’Arnaud Bernollin.


World confrérie

Aujourd’hui présidé par Pierre Gagnaire, le concours s’est drapé d’une résonnance internationale, où les Américains, les Canadiens et les Japonais se livrent désormais bataille pour franchir le seuil de la boutique de Michel Chapoutier. L’esprit convivial y joue pour beaucoup, de même que l’importance prise par le goût, dans un métier où le décor est généralement tenu en haute estime.

« Le pâté, surtout, il faut qu’il soit bon », rappelait ainsi un Christophe Marguin, particulièrement nerveux, malgré « la fierté d’avoir autant de monde pour cet événement ». Mais une fois n’est pas coutume, le Président a laissé le mot de la fin au Président. Des mots de joie, encore et toujours. « Ce pâté, c’est un patrimoine. C’est fait de façon sympa et chaleureuse et cet événement remet en scène un produit hautement français », dixit Pierre Gagnaire. Logique, dès lors, que le vainqueur soit cocorico !

Palmarès 2018 :

Champion du monde : Daniel Gobet (So Good Traiteur)

Vice-champion du monde : Keiichi Tokita (Shinagawa Prince Hôtel à Tokyo)

Troisième place : Olivier Horville (Maison Verot)

Prix Mumm de la Confrérie : Margaux Moisière (l’O des Vignes)

Prix de l’élégance : Jérémy Pelossier (Pignol)

Prix du meilleur espoir : Toru Kawamura (Le Benaton)       

 Lundi 3 décembre 2018