01_ump_presidence.jpg Photo © Fabrice Schiff

 

Par Benjamin Solly

 

Les militants votaient dimanche 18 novembre 2012 pour élire le président de l’UMP. Un scrutin catastrophique, marqué par la défiance entre le camp Copé et Fillon, où chacun des deux candidats a annoncé sa victoire en fin de soirée.

 

«Très très moche. » C’est en ces termes que Grégory Morel, secrétaire départemental adjoint de la fédé du Rhône, qualifiait via sa page Facebook le psychodrame co-scénarisé par les équipes de Fillon et de Copé pour l’élection du président de l’UMP. Pourtant, dans les 14 circonscriptions du Rhône, RAS. Le scrutin s’est déroulé certes avec passion, mais sans malfaçons. Au sortir des urnes, si l’ex-Premier ministre devance d’un cheveu son rival à Lyon, c’est  Jean-François Copé (51,3%) qui l’emporte face à François Fillon (48,7%) dans le département. Un résultat attendu au regard d’une fédération qui a pris fait et cause pour le « décomplexé » maire de Meaux.

 

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Si décomplexé qu’il proclame lui-même, aux alentours de 23h30 depuis le siège de l’UMP à Paris, sa victoire sur son rival pour 1058 voix d’écart. Quelques minutes plus tard, c’est Fillon qui se pose en gagnant pour 224 voix. Furax, Copé appelle Fillon peu après minuit pour lui signifier qu’il confirme ses résultats. Mais qui sont ces candidats qui se rengorgent l’un et l’autre dans la posture du vainqueur, quand il revient à la commission d’organisation et de contrôle des opérations électorales de l’UMP (Cocoe) de prononcer les résultats finaux ? Cette nuit, la commission présidée par Patrice Gélard a arrêté ses travaux après avoir comptabilisé 50% des procès-verbaux en provenance des fédérations. Impossible de trancher. Elle reprendra son travail de fourmi lundi matin à 10h.

 

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Sur les chaines info, les deux camps à fleurets mouchetés

 

Au grand bal de l’intox, la valse des pro-Fillon et pro-Copé tournoie sans discontinuer sur BMF TV et I télé. A s’en donner la nausée. Tout a commencé dimanche après-midi avec les soupçons de fraude émanant de chacun des camps. Pour les copéistes, on évoque des irrégularités à Nice et dans le XVIe arrondissement de Paris. Au point de saisir la Cocoe. Réactions dans le camp Fillon : c’est à Toulouse et Marseille qu’on s’insurge contre certaines procurations. La commission devra également trancher.

 

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En filigrane de ces accusations, la mauvaise organisation des primaires. Seulement 650 bureaux de vote ouverts, quand Fillon en réclamait un millier. L’ambiance, est clairement passée du délétère au toxique. Sur son blog, Alain Juppé publie lundi matin un billet intitulé « Stop ! », où il demande aux équipes des deux candidats de cesser « les invectives. » Un peu plus tôt dans la matinée, l’ancien président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer en appelait à la création d’une commission ad hoc pour trancher le résultat final.

 

Des doutes sur la 12e circonscription du Rhône ?

 

Le département n’a pas échappé aux soupçons, dans la 12e circonscription en particulier. Celle de Michel Terrot, seul parlementaire rhodanien avec Bernard Perrut à afficher son soutien à Fillon. Pierre d’achoppement : l’urne utilisée pour le scrutin, qui n’était pas cadenassée. Rien n’y a fait. Même le passage vers midi du pour président de la fédération du Rhône Philippe Cochet pour signifier aux assesseurs le problème n’a pas produit d’effets. De là à mettre en doute le résultat du vote sur cette circonscription (Fillon vainqueur avec 64,4% des voix), il y a un pas que nous nous garderons bien de franchir. Simplement, le Rhône n’a pas échappé ni à l’intox, ni à la suspicion et à l’atmosphère désastreuse qui a baigné le scrutin.

 

Quelles conséquences pour Lyon ?

 

Le déroulement abracadabrantesque de l’élection n’aura pas a priori de conséquences dans les territoires. Dans le Rhône, la configuration  est déjà connue. Les élus lyonnais, Michel Havard et Nora Berra en tête, ont soutenu François Fillon, quand seul Emmanuel Hamelin a tenté un coup de poker en s’affichant pour Copé. Un choix qui pourrait s’avérer payant dans un futur proche, celui des municipales. En effet, l’ex-député de la Croix-Rousse dispute la tête de liste à Michel Havard pour emmener la droite face à Gérard Collomb. Les primaires voulu par l’ancien parlementaire de la colline qui prie auront-elles lieu ? « Pour l’instant, je ne suis pas sur que le choix de l’un ou l’autre candidat ne remette en cause le processus des primaires de Lyon », tempère Michel Havard, joint lundi matin par Lyon People. Il faudra, avant de tirer des plans sur la comète lyonnaise, que l’UMP se trouve un président. D’ici à 2014, cela semble envisageable.