Baby salue ses ardents défenseurs toute trompe dehors. Mais elle n’est pas encore sauvée  – Archives LP

Par Benjamin Solly

Actualisé le 01/01/2013. La mobilisation pour sauvegarder les deux pachydermes du Parc de la Tête d’Or a largement dépassé les frontières lyonnaises. L’acharnement de la Ville de Lyon aura-t-elle raison de leur sort ?

Grâce présidentielle demandée et pétitions lancées contre mise à mort programmée, l’histoire de Baby et Népal, les deux éléphants du Parc de la Tête d’Or, n’en finit pas de rebondir. L’arrêté préfectoral du 11 décembre, indiquant que les deux pachydermes porteurs du gène de la tuberculose devaient être euthanasiés, a mis le feu aux poudres. En réponse, le cirque Pinder a réclamé par la voix de son PDG Gilbert Edelstein la grâce présidentielle pour ses deux animaux vendredi dernier. En résidence à Lyon depuis 1998 via une convention de mise en pension, les éléphants ont failli subir un sort similaire en février 2011 pour les mêmes raisons vétérinaires. A l’époque, les deux allées menant à l’enclos des éléphants avaient été fermées au public pendant plusieurs mois.

Le gène de la tuberculose est au centre de toutes les interrogations. La Ville de Lyon évoque « un problème de santé publique », quand la préfecture du Rhône souligne « les risques graves que cette infection (…) fait peser sur la santé des personnes évoluant dans l’environnement proche des animaux. » Pour le propriétaire des bêtes, la majorité des éléphants d’Asie sont porteurs de ce gène. Pourtant reconnue comme une zoonose, maladie transmissible de l’animal à l’homme, Baby et Népal sont porteurs sains du virus de la tuberculose. Pas de quoi hurler à l’éléphant ? Seuls des tests plus approfondis peuvent permettre de déterminer la dangerosité des bêtes, mais ils ne sont praticables qu’une fois tous les six mois, via de contraignants lavages de trompe.

Vent debout, Gilbert Edelstein réclame une contre-expertise vétérinaire. Il estime d’ailleurs que lors de la mise en pension de ces éléphants, ces derniers étaient sains. La préfecture du Rhône a accordé lundi matin un sursis aux pachydermes en suspendant lundi matin l’arrêté préalable. «  Le directeur n’avait pas, ces dernières 48 heures, déposé de recours, précisent les services préfectoraux. Mais en accord avec le ministère de l’agriculture, un nouveau délai lui est accordé. » Après avoir utilisé toutes les herbes de la Saint-Jean pour éveiller la France au funeste destin réservé à ces animaux, Gilbert Edelstein a enfin déposé un recours devant le tribunal administratif. Il sera examiné par la juridiction jeudi 20 décembre.

À l’heure où nous réactualisons cet article, plus de 66 000 personnes ont signé la pétition pour les sauver. Un rassemblement organisé mercredi 19 décembre devant l’entrée principale du parc de la Tête d’Or a rassemblé une centaine de Lyonnais écoeurés. Mais cette mobilistation citoyenne n’aura pas ému les juges du Tribunal administratif qui ont condamné, le 21 décembre 12012, les deux pachydermes à la peine de mort. Le jour de Noël, Brigitte Bardot a proposé de prendre en charge les animaux toujours en sursis (lire le Fil People). Depuis, l’affaire est devenue nationale. Alain Delon a également apporté son soutien à Sophie Edelestein. Le préfet Carenco appuiera-t-il quand même sur la gâchette ?

 

http://www.avaaz.org/fr/petition/Sauvons_Baby_et_Nepal_de_leuthanasie/