prix artiste francophone 2011.jpg Photo © Fabrice Schiff

 

Par Philippe Valence

Le Prix de l’artiste francophone 2011 de la Biennale d’Art Contemporain a été remis le 14 septembre par Frédéric Mitterrand , ministre de la Culture, et Gérard Collomb , sénateur-maire de Lyon. C’est Dominique Petitgand qui a reçu ce prix, décerné à l’unanimité par les membres du jury.

 

Le prix de l’artiste francophone a été créé en 2009 à l’initiative de la Maison de la Francophonie, présidée par Erick Roux de Bézieux, et en étroit partenariat avec Biennale d’Art Contemporain de Lyon. Après la brésilienne Maria-Térésa Alves en 2009, c’est le français Dominique Petitgand qui a été choisi par le jury composé de Pierre Bal-Blanc, directeur du Centre d’art contemporain de Bretigny, Josée Gensollen, collectionneuse française, Georges Képénékian, maire adjoint de Lyon délégué à la culture, Akiko Miki, directrice artistique de la triennale de Yokohama, Alexandra de Royère, collectionneuse argentine et Erick Roux de Bézieux.

Depuis 1992, Dominique Petitgand compose et réalise des pièces sonores, où les voix, les bruits, les atmosphères musicales et les silences construisent, par le biais du montage, des micro-univers où l’ambiguïté subsiste en permanence entre un principe de réalité (l’enregistrement de la parole de gens qui parlent d’eux) et une projection dans une fiction onirique, hors contexte et atemporelle. "A la merci", œuvre récompensée par le Prix de l’artiste francophone 2011 de la Biennale d’Art Contemporain de Lyon, est un dialogue audio entre un enfant et un adulte qui tourne autour des mots, comme une dictée d’une très longue phrase, comme un jeu de syllabes contre syllabes. Il trouve une résonnance sur écran avec une interprétation en anglais, "qui vient ajouter et pas remplacer", affirme l’artiste. "Je suis d’une langue", explique Dominique Petitgand. Ce jeu entre les langues, et les mots, symbolise le combat francophone pour la diversité culturelle, le refus d’un monde aplati dans ce spectacle mondialisé du quotidien. Preuve que la différence, cette terrible beauté, reste le meilleur passeport pour demain.