Quelle belle aventure, quelle belle réussite que la Biennale d'Art Contemporain de Lyon.

Et quelle médiatisation. Le seul problème à cette médiatisation, c'est qu'il faut avoir un discours structuré et organisé pour répondre à toutes éventualités, tous types de questions, même les plus saugrenues. Et Monsieur Raspail n'a pas échappé à la question piège d'un journaliste de France Inter.

Le journaliste : « Dites-moi, monsieur Raspail, vous qui êtes le commissaire de cette exposition, nous avons bien compris que vous avez fait confiance à des experts du monde entier pour vous envoyer les artistes faisant référence dans chacun des continents. Alors, cette camionnette, c'est de l'art contemporain ? » (C'est, en résumé, la question)

La réponse de monsieur Raspail : « Ah, ça, ce n'est pas à moi de le dire, c'est à vous ! ».

 

Rappelons-le, monsieur Raspail fait autorité en matière d'Art Contemporain, et nous enchante tous les 2 ans avec cet événement de renommée mondiale. C'est (sans doute) bon pour l'art, c'est (sûrement) excellent pour la renommée de la ville de Lyon.

Mais si ces expositions sont d'hasardeuses propositions de braves types et de filles qui, par delà le monde ont des lubies, que ces lubies trouvent des marchands, que ces marchands trouvent des débouchés (oui, on a vue aussi pas mal de tuyaux à la biennale, mais était-ce de l'art…), et que des commissaires d'expositions trouvent des galeries, et que d'autres braves types et filles payent pour aller voir et juger s'il s'agit d'art ou non, c'est une toute autre histoire.

Ce n'est plus une biennale d'art contemporain, c'est le système de la « Star'ac » ou de « à la recherche de la nouvelle star » version « culturo-artistico-social ». Ce sont alors les visiteurs/consommateurs qui font ou défont les artistes et décident pour le « média Biennale » qui est artiste contemporain et qui ne l'est pas…

Ce n'est pas un jugement de valeur, c'est une question de repère. Nous avons, une fois de plus, une perte de repère où tout est possible et son contraire. Voilà qui augure mal de l'entendement de nos prochaines générations si, nous, nous ne pouvons leur faire comprendre le monde avec quelques définitions. Alors, monsieur Raspail, qu'est-ce que l'art contemporain, que je puisse éduquer mes enfants déjà ouverts à l'art dit classique, d'une part, et moderne de l'autre ?

 

Xavier du Crest de Villeneuve

Directeur Général GROUPE MGA

Le 21 septembre 2007