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Le président de la CCI de Lyon a pris acte de l’adoption par l’Assemblée nationale de l’article 49 du projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, autorisant « le transfert au secteur privé de la majorité du capital » des sociétés Aéroports de Lyon et Aéroports de la Côte d’Azur.

Conséquence ? L’État, qui détient 60% du capital d’Aéroports de Lyon, pourrait vouloir récupérer le pactole. Figurant également au capital de la SA, les acteurs locaux -CCI de Lyon (25%), Région Rhône-Alpes (5%), Grand Lyon (5%) et Conseil général du Rhône (5%)-   n’entendent pas regarder les avions passer. « Nous restons très attentifs à la poursuite des débats parlementaires sur ce dossier et entendons exercer pleinement nos responsabilités, en tant qu’actionnaire de référence, à hauteur de 25% de la SA des Aéroports de Lyon » , rappelle Emmanuel Imberton. Le précédent toulousain, où l’État a cédé 49,9% de ses parts à un consortium chinois pour 308 millions d’euros, semble pourtant fermer la porte à un pool d’investisseurs du territoire.

S’il faudrait théoriquement aux acteurs locaux (40% du capital) reprendre 11% des parts de l’État pour devenir actionnaires majoritaires, la (sur?)valorisation de Saint-Exupéry sera problématique. En effet, selon les méthodes de calcul appliquées pour valoriser l’aéroport toulousain, Aéroports de Lyon obtiendrait une valeur d’entreprise comprise « entre près d’un milliard d’euros et plus de 1,6 milliard d’euros », selon les calculs de l’agence Reuters. Dans son communiqué, Emmanuel Imberton n’évoque d’ailleurs pas cette perspective, longtemps envisagée comme une possibilité, préférant agir pour que Saint-Exupéry « renforce son déploiement au service du développement économique, des activités internationales des entreprises et de l’attractivité du territoire de Lyon et de Rhône-Alpes. »

« La privatisation ne peut pas être abordée indépendamment de la question de l’ouverture des droits de trafic à Lyon »

Développer et ne pas enterrer Saint-Exupéry, voilà le cahier des charges. « Nous ne nous interdirons rien et n’hésiterons pas à soutenir un projet industriel ambitieux dès lors qu’il crée les conditions de développement de cet outil fondamental pour le territoire », prévient-il. Et soulève une question fondamentale. « La privatisation ne peut pas être abordée indépendamment de la question de l’ouverture des droits de trafic à Lyon. La réponse apportée par Emmanuel Macron, lors du débat parlementaire, est totalement insuffisante. » Le président termine son communiqué en pointant les traitements de faveur qu’il souhaite voir cesser. « A titre d’exemple, la position de l’État qui bloque le déploiement de la ligne Lyon-Dubaï pour protéger Air France et ADP est inéquitable et pénalise tout un territoire. »