chrono_moto Par Daniel Abelous

  

Une jeune entreprise lyonnaise, "Chrono Moto", propose depuis trois ans un nouveau service de motos-taxis et se définit comme "le vaccin contre les embouteillages et la grève des transports", comme celle annoncée mercredi.

 

"Depuis vendredi, les réservations ont pratiquement doublé à l'approche de la grève", se félicite Laurent Zerbib, 40 ans, fondateur et dirigeant de "Chrono Moto". Bien qu'aucun arrêt de travail ne soit prévu mercredi dans les transports en commun lyonnais, les motos de l'entreprise vont quand même chauffer le bitume toute la journée."Nous répondons pour l'instant aux besoins d'une clientèle d'affaires pressée qui est presque exclusivement parisienne. Quand elle se déplace et qu'il y a une grève, nos clients pensent que les autres villes sont affectées de la même façon que Paris et commandent une moto pour éviter les embouteillages", explique M. Zerbib qui répond aux demandes par téléphone ou internet. "Ces jours-là, on assure 8 à 10 courses quotidiennement alors que, d'habitude, c'est en moyenne 4 à 5 courses", précise cet ancien ingénieur d'EADS, qui facture ses clients entre 20 et 60 euros selon les destinations.

  

Avec ses partenaires, M. Zerbib, revêtu d'un gilet aux couleurs de "Chrono Moto", cherche ses clients à l'aéroport ou à la gare avant de les conduire en "20 à 30 minutes maxi" dans l'agglomération lyonnaise "où se concentrent entreprises, salons et forums". "Notre clientèle, que nous raccompagnons, est aussi rassurée par le fait que le coût de la course est forfaitisé, qu'elle paiera 5 à 10% moins cher que les taxis et qu'elle arrivera à l'heure en toute sécurité quel que soit le trafic", souligne le responsable. Avant leur montée à moto, les clients sont habillés des pieds à la tête, avec des casques à oreillettes pour téléphoner, des cagoules et des sous-gants à usage unique "pour plus d'hygiène", et des tenues imperméables en cas d'intempéries. "Nos clients s'habituent très vite à ce nouveau mode de transport, qui est à leurs yeux aussi une façon de se distinguer socialement, et en redemandent", poursuit M. Zerbib qui souligne avoir été confronté durant deux ans à "l'hostilité des chauffeurs de taxi" l'accusant de "concurrence déloyale". "Le client est roi", se défend M. Zerbib qui compte essentiellement une clientèle masculine. Les femmes représentent entre 5 et 10% de la demande. Après deux années déficitaires, "Chrono Moto" est sortie du rouge en 2006 et a enregistré un chiffre d'affaires de 50.000 euros. J'ai pu ainsi partir en vacances pour la première fois depuis longtemps et, précise M. Zerbib, à moto".